mercredi 7 mars 2012

Goût du sang, prix du pétrole et boulettes à gogo.


mercredi 7 mars 2012

            Le goût du sang.

Je m’attendais hier soir, sur France 2, à un traitement tout en douceur de notre merveilleux président. Quelle ne fut pas ma surprise devant la tournure que prit l’émission : des journalistes qui font leur travail, balancent quelques archives assassines rappelant les engagements non tenus du Nabot, répétant leurs questions jusqu’à agacer sérieusement le Chef de l’Etat…on nous les a changés, Pujadas, Namias et les autres !
Une explication toute simple s’impose. Le flair des milieux bien informés, comme on dit, donne déjà Sarkozy perdant : le ludion a beau s’agiter, multiplier les propositions démagos et intenables, les sondages ne décollent pas. A tort ou à raison, y compris dans son propre état-major, le sortant est presque déjà sorti. Les journalistes, même les mieux en cour, sentent le goût du sang et commencent déjà à mordre celui qui les a tant méprisés. Le spectacle est à la fois jouissif et répugnant. N’en faites pas trop, les gars, et n’allez pas nous le rendre trop sympathique !
En attendant, Sarkozy n’était pas au mieux de sa forme…bafouillant, agressif, notamment face à un Laurent Fabius tout en « force tranquille ». L’animal est blessé, de toute évidence. Vivement qu’on l’achève, politiquement bien sûr.

            Le prix du pétrole : et si on disait la vérité au consommateur ?

Pour expliquer la flambée des prix à la pompe, on nous ressert comme principale explication la hausse de la demande, notamment venant de ces vilains Asiatiques qui ont l’outrecuidance de vouloir vivre aussi bien que nous. Pas faux, bien sûr, mais pas très complet…et si on évoquait les menaces de guerre entre Israël et l’Iran, les sanctions économiques européennes contre la République islamique, dont ce stupide embargo pétrolier qui ne pénalise que nous ? A cela il faut ajouter les divers projets de renversement de Bachar El Assad, qui ne feront que prolonger et aggraver la guerre civile en Syrie, avec des répercussions dans toute la région.
De quoi allécher les spéculateurs, qui doivent faire leurs stocks en prévision de bonnes affaires…et contribuent à vider nos portefeuilles, avec la complicité de l’Etat qui se goinfre de taxes comme au bon vieux temps de la gabelle. M. Fillon et les autres s’inquiètent de la manière dont on saigne les bestiaux, mais ils s’y entendent pour nous égorger !

            La deuxième boulette de Fillon…vraie bévue ou coup tordu ?

Voulant rattraper sa « bavure » sur l’abattage rituel, François Fillon a reçu aujourd’hui des représentants du CRIF pour les « rassurer ». Apparemment, il n’a pas encore prévu de recevoir leurs homologues musulmans : si l’on voulait faire jaser dans les mosquées et attiser l’opposition judéo-islamique, on ne s’y prendrait pas autrement ! Devant tant de maladresse politique, je ne peux que me demander si le Père François ne le fait pas exprès pour plomber son patron.

mardi 6 mars 2012

Dérapage fillonesque


mardi 6 mars 2012

            Dérapage fillonesque.

Le clown triste de Matignon, si sage et si raisonnable, a-t-il été contaminé par l’entourage du bouffon de l’Elysée ? Pourquoi a-t-il ramené sa fraise sur ce sujet si « sensible », cette sombre histoire de viande hallal dont à vrai dire tout le monde se fout un peu ?
Résumons (pour les générations futures et nos contemporains débarquant de Pluton) : il y a quelques jours, Marine Le Pen annonce que tout ou partie des animaux abattus en Ile de France le sont selon les règles du rite musulman. Polémique à gauche et à droite, Sarko s’en mêle, va visiter illico un abattoir entre deux usines, et déclare que tout va bien, circulez, y’a rien à voir…Mais Marine s’entête, certains médias font leur travail, et ô surprise, on découvre que tout n’était pas faux dans les propos de la gorgone populiste : pour de basses raisons mercantiles (ne pas dédoubler les chaînes d’abattage), les grands abattoirs ont tendance à ne faire que du hallal –ou du kasher, ce qui en revient au même pour les malheureux bestiaux égorgés à vif, comme au bon vieux temps d’Abraham, Mahomet et autres parangons de la modernité de notre XXIe siècle régressif. Nos amis les cochons étant quant à eux, pour des raisons évidentes, à l’abri de ces pratiques, sauf ceux qui, dans nos campagnes, subissent clandestinement le même traitement que les bovins et ovins bénis par les rabbins et les imams, pour des raisons de respect des traditions.
Là-dessus, Guéant en rajoute, et bing, Fillon « dérape ». Que dit-il, en substance ? Que certaines religions doivent évoluer, et ne pas se focaliser sur ces histoires de gorges tranchées in vivo ou post-mortem. Au passage, il aurait pu ajouter qu’il n’y pas que dans ce domaine que les religions ont du retard à l’allumage, et que le judaïsme et l’islam n’ont pas le monopole absolu de la ringardise, même si ces deux là, à mon sens, décrochent le pompon.
De fait, et sur le fond, François Fillon n’a pas tort. Mais en tant que 1er Ministre d’un Etat laïc et républicain (du moins en principe), il n’avait pas à s’aventurer sur ce terrain fangeux, où son maître Nicolas est venu s’ébattre à maintes reprises avant de faire machine arrière.
Enfin, en ayant l’air de s’en prendre au judaïsme et à l’islam, le Père Fillon a commis un crime impardonnable du point de vue de nos élites politiquement correctes, déjà soumises au lobbying intensif des communautés incriminées. Petit rappel du schéma de pensée en vigueur :
-critiquer le judaïsme, c’est de l’antisémitisme.
-critiquer l’islam, c’est du racisme, ou mieux encore, de l’islamophobie (comparable, selon Emmanuel Todd –que je croyais plus intelligent- à l’antisémitisme des années 1930).
 Bref, c’est pas bien…Par contre, il reste possible de s’en prendre au christianisme, et surtout au catholicisme : ils se défendent assez mal, et après tout, chacun sait que les racines chrétiennes de la France et de l’Europe relèvent du mythe, voyons !
Et pendant ce temps-là, aucun des « grands candidats » (les champions de l’UMPS) n’évoque les vrais problèmes, à commencer par le carcan de l’UE qui nous étouffe toujours plus sous prétexte de nous protéger, aux ordres de Frau Merkel.

dimanche 4 mars 2012

Droit de vote des étrangers et Sainte Alliance européenne.


dimanche 4 mars 2012

            Droit de vote des étrangers, une fausse bonne idée.

Outre qu’elle permet à l’inénarrable Claude Guéant de se faire à nouveau remarquer et de faire hurler les bonnes consciences de la gauche, la question du vote des étrangers agitée une fois de plus par un candidat du PS (comme Mitterrand en son temps, qui jugea préférable ne pas l’appliquer une fois élu et réélu), me paraît à la réflexion peu défendable.
A ma rescousse est venu il ya quelques mois Guy Konopnicki lui-même, de l’équipe de Marianne, un journaliste qui ne passe pas pour un horrible réactionnaire ou un crypto-fasciste.
Le vote des étrangers aux élections locales, accordé selon certains critères d’intégration (durée de résidence, travail, etc…) existe déjà pour les ressortissants de l’UE. Pourquoi diable le refuser aux autres ?
Selon « Konop’ », il y aurait d’abord un motif purement démocratique : on créerait de facto un collège de citoyens de seconde zone, un peu comme les musulmans du temps de l’Algérie française, qui auraient le droit de se prononcer sur des questions locales, mais pas nationales. Une citoyenneté à deux vitesses, à terme intenable et qui ne manquera pas d’entraîner de nouvelles tensions et revendications. Mais le vote des ressortissants de l’UE chez nous ne suscite rien de la sorte, va-t-on m’objecter…Et c’est là que les arguments guéantesques commencent à prendre du poids.
Peut-on sérieusement comparer la situation des Britanniques, Polonais, Italiens, et autres Européens, à celle des Algériens, Marocains, Maliens, etc... ? Autant le sentiment d’appartenance à une civilisation commune s’impose de fait chez les premiers, autant les difficultés d’intégration, qu’elles soient d’ordre économique ou culturel, restent considérables chez les seconds. Le vote des étrangers non communautaires, aux Pays-Bas par exemple, n’a fait en rien reculer le communautarisme et le lobbying religieux, bien au contraire. Par ailleurs, si l’on renforce encore la décentralisation, comme le souhaite le même candidat socialiste, cela reviendra à abandonner des pans entiers de territoires à des groupes agissants, qui n’ont nul besoin d’être majoritaires dans leur propre communauté pour en prendre le contrôle. Des communautés qui n’ont, contrairement aux leaders culturels de la « population indigène », aucune pudeur à exalter la fierté de leurs origines et leurs particularismes.
Que faire, alors ? Revenir au bon sens : pour voter en France, il faut être français ou citoyen d’un pays membre de l’UE, auquel cas il devrait pouvoir être possible de participer également aux élections nationales, un droit bien évidemment réciproque et garanti partout sur le territoire de l’Union.

            Hollande contre la Sainte Alliance.

C’est le magazine allemand Der Spiegel qui l’affirme : un pacte secret aurait été conclu entre Sarko, Merkel, Rajoy et Monti pour boycotter François Hollande pendant la durée de la campagne présidentielle française. Son crime ? Prétendre qu’une fois élu, il osera remettre en cause et renégocier les accords de « rigueur » conclus entre les gouvernements conservateurs français, allemand, espagnol et italien. J’avoue que j’ai du mal à croire qu’il le fera vraiment. Jospin, en 1997, avait ainsi promis de s’en prendre au pacte de stabilité de Dublin signé en 1996 par Chirac, et qui devait être confirmé par le Traité d’Amsterdam. Il se rendit chez les Bataves, fit un peu de vélo et signa le papelard.
Mais peu importe : cette Sainte Alliance, ou coalition conservatrice destinée à étouffer une nouvelle « révolution française » a quelque chose de stimulant : voilà de quoi réveiller le peuple français sur la vraie nature des enjeux de cette campagne, exciter notre patriotisme, et finalement faire le jeu du candidat socialiste. 65% des sondés ont affirmé récemment soutenir son projet de taxation à 75% des plus grandes fortunes. Ils seront bien plus nombreux à l’approuver, si les tristes saigneurs du peuple au pouvoir chez nos voisins lui font ainsi la gueule.

lundi 27 février 2012

Cinéma et réalités.


lundi 27 février 2012

            S’il ne reste qu’un motif de fierté à la France…

Ce sera son cinéma. Alors que nos médias n’en finissent plus de se gargariser avec les Oscars décrochés par The Artist et Jean Dujardin, ma femme et moi avons enfin pu voir Intouchables. Si j’ai été sévère avec le thème général du film, dans ma chronique du 20 novembre, je dois reconnaître que l’objet lui-même est remarquable : bien filmé, bien joué, bien emballé, du rire et des larmes…on passe un bon moment en compagnie des excellents François Cluzet et d’Omar Sy, qui n’a pas volé son César. Un grand acteur se révèle, bien loin des bouffonneries du SAV de Canal+. Un grand Monsieur, également, qui n’a pas eu peur d’envoyer paître Sarko qui l’avait invité à l’Elysée.

            Et pendant ce temps là…

Le massacre industriel se poursuit : l’entreprise textile Kaiser (ça ne s’invente pas, et on va dire que je suis germanophobe !), sous la coupe d’un fonds de pension américain, ferme sauvagement l’un de ses sites pourtant largement bénéficiaire. Arcelor Florange est toujours à l’arrêt (Sarko promet 150 millions d’euros de subventions pour la reconversion du site), et Air Méditerranée propose à plus de 80 salariés de se recaser en Grèce. Youpi ! On retourne au cinéma ?

samedi 25 février 2012

Nettoyage par le vide.


samedi 25 février 2012

                Petits candidats de droite : le nettoyage par le vide.

Borloo, Morin, Boutin, Nihous…tous ont renoncé avant même d’avoir vraiment commencé, tous se sont ralliés à Sarkozy, tous pour des raisons médiocres, à l’image de leur nouveau champion.
La palme du jésuitisme revient comme il se doit à Sœur Christine Boutin. Elle était partie en guerre contre Sarko pour des raisons « morales », fustigeait les prises de position anti-pauvres et anti-roms du Chef de l’Etat, le menaçait même d’une « bombe atomique ». Elle se rallie au Nabot à la suite des propos tenus par ce dernier dans le Fig-Mag, où il s’est déclaré hostile au mariage homosexuel. Rien que pour ça ? On se pince…mais non, il y avait à la clé la promesse de voir offrir à son groupuscule chrétien-démocrate une centaine de sièges de députés ; en fait dans des circonscriptions où l’UMP est sûre de se prendre une gamelle. Et puis, on s’en doute, quelque monnaie sonnante et trébuchante pour alimenter la caisse de son club de culs-bénits. On attendait la bombe, ce fut un pet-de-nonne.
La palme du cocu est décernée à Jean-Louis Borloo, à qui l’Elysée et Proglio avaient promis la direction de Veolia. A la suite de quelques cafouillages, Jean-Louis se retrouve le bec dans l’eau, ce qui ne doit guère lui convenir. Tout est perdu pour lui, même l’honneur.
La palme du ridicule va comme un gant à Hervé Morin, dont la seule déclaration notoire avant son désistement aura porté sur sa participation au débarquement du 6 juin 1944 : mieux que Sarko attaquant le Mur de Berlin au soir du 9 novembre 1989 ! Ces deux mythomanes étaient faits pour s’entendre.
La palme du corporatisme le plus crasse est attribuée à Frédéric Nihous, leader de l’immense et indispensable mouvement Chasse-Pêche-Nature-Tradition. Quelques nouvelles concessions sur les dates d’ouverture de la chasse à la gallinette cendrée, une ou deux envolées anti-écolos de Sarkozy, et l’affaire est dans le sac.
                Interrogé cette semaine par la presse, Dominique de Villepin prétend tenir bon : « Je ne suis pas l’homme des ralliements », jure notre Crin-Blanc…en attendant une offre alléchante du bateleur de la foire présidentielle ?

                Le retour d’Allègre.

Un ralliement de poids, c’est le cas de le dire, pour Sarkozy : Claude Allègre ! Cela ne fait guère que trois fois depuis 2007 que cet enfoiré offre ses services au locataire de l’Elysée. Il ira rejoindre Tapie dans la galerie des horreurs autrefois couvées par la gauche.

                A la recherche du peuple perdu.

A l’approche des élections, les favoris de l’establishment redécouvrent fort opportunément que la France n’est pas composée que de classes moyennes supérieures, de bobos mondialisés et de patrons de combat. Pas un chantier, pas une usine, pas une assoc’ de quartier qui ne verra défiler son ou ses candidats. Profites-en, bon peuple, cela ne va pas durer !

                Du bon exemple de l’Ile Bourbon.

A propos de peuple, celui du quartier défavorisé du Chaudron, à Saint-Denis de la Réunion, a compris ce qu’il fallait faire pour lutter contre la vie chère en période électorale : trois nuits d’émeutes, et hop ! Baisse du prix des carburants de 8 centimes, baisse des prix de 30% pour une quarantaine de produits de consommation courante, le tout applicable au 1er mars.
Les protestataires, à tort ou à raison, ne trouvent pas cela suffisant ; mais quand même, cela donne à réfléchir. Peuple de métropole, nos compatriotes d’Outre-mer nous montrent la voie !