dimanche 11 octobre 2026

Ce qu'il faut penser du mouvement lycéen

Dimanche 11 octobre 2026


    Pourquoi reprendre ce journal ?


J'avoue avoir longtemps hésité, mais la relecture de quelques vieux articles de mon blog m'ont donné envie de reprendre le fil de mes commentaires, qui valent ce qu'ils valent, mais peuvent constituer un témoignage, parmi d'autres, du grand récit de l'effondrement de notre pays. 

L'actuel mouvement lycéen, auquel d'autres mécontentements paraissent vouloir s'agréger (on parle d'un retour des Gilets Jaunes le samedi 17 octobre) ne peut que faire l'objet du premier sujet que je me dois de traiter, surtout au vu de mon boulot de prof, affecté dans un des lycées du département les plus touchés par cette agitation depuis le 1er octobre. 

Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai ouvert ma gueule lors d'une réunion plénière organisée par le Proviseur, d'abord pour rabattre le caquet d'une collègue bien-pensante, qui nous ressassait la litanie habituelle des syndicats de gauche sur les violences policières. Puis pour donner mon sentiment profond, que je résume ici : nous, les profs (mais aussi tous les fonctionnaires d'un Etat ruiné), sommes pris en sandwich entre, d'une part, un gouvernement qui n'est plus qu'un syndic de faillite, et n'a plus un rond pour faire face aux nombreuses demandes qui fusent de partout, en attendant de mettre la clé sous la porte aux prochaines élections; et d'autre part, une gauche et une extrême-gauche qui voient dans l'agitation lycéenne l'occasion rêvée de se remettre en selle. Pour les fous furieux de LFI, le Grand Soir, c'est peut-être maintenant...ou demain, face aux horribles "fascistes" dont ils espèrent la victoire pour avoir le prétexte de foutre le bordel dans ce pays et jouer aux pseudo-résistants. 

Quant au malaise dans les lycées (et l'ensemble du système éducatif), il a été parfaitement analysé par le SIES, un petit syndicat (catalogué à droite, et qui n'est pas le mien, je précise), dans un article intitulé "les artisans du chaos". Il m'a paru tellement judicieux que je le reproduis ci-après dans sa presque intégralité (hormis l'appel à voter pour lui aux prochaines élections professionnelles): 

Le SIES distingue les quelques revendications légitimes des lycéens de celles qui ne le sont manifestement pas et que tout syndicat responsable devrait dénoncer. Les élèves peuvent exprimer l’ensemble de leurs revendications dans le cadre démocratique prévu dans les lycées (conseil d’administration, conseil des délégués pour la vie lycéenne). La violence ne devrait pas être excusée ou, pire encore, justifiée par des militants politiques ou syndicaux. Les rassemblements pacifiques devant certains établissements durant lesquels des lycéens expriment des revendications hétéroclites dont certaines sont sans aucun rapport avec l’Éducation nationale ne nécessitent pas l’intervention des forces de l’ordre et doivent être distingués des blocages qui sont intolérables et des violences urbaines qui doivent être jugulées. L’insurrection, encouragée par des responsables politiques et des organisations syndicales, et les actes de barbarie commis par des lycéens et anciens lycéens aux abords de certains établissements devraient être unanimement condamnés. Cela justifie totalement l’intervention des forces de sécurité intérieure pour mettre un terme aux troubles à l’ordre public. Le SIES rappelle la loi et plusieurs principes évidents visiblement oubliés. En France, « l'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l’âge de 3 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans » (article L131-1 du Code de l’Éducation). « Les obligations des élèves consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études ; elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements. » (article L511-1 du Code de l’Éducation). L’obligation d’assiduité scolaire impose à tout élève inscrit dans un établissement d'enseignement public ou privé de suivre les cours prévus à son emploi du temps et de respecter le règlement intérieur. Ces obligations doivent être rappelées solennellement et systématiquement aux élèves et à leurs parents. Les parents sont civilement responsables de leurs enfants mineurs, notamment concernant les actes de vandalisme et les violences qu’ils commettent. Les blocages sont inadmissibles. Les élèves désireux de préparer leur avenir, de travailler et donc de suivre l’enseignement prodigué par leurs professeurs doivent pouvoir le faire en toute sécurité. Les personnels de l’Éducation nationale doivent pouvoir accéder à leur lieu de travail et réaliser leur travail en toute sécurité. Le blocage, a fortiori violent, est profondément antidémocratique et constitue une atteinte à la liberté de circuler, au droit de travailler et de s’instruire, prévus par la loi. Le SIES approuve l’intervention systématique des forces de l’ordre pour débloquer l’accès aux établissements scolaires et assurer la sécurité des biens et des personnes. Le SIES a toujours considéré que l’École devait demeurer un sanctuaire strictement consacré à la transmission des savoirs et des savoir-faire et au développement de l’esprit critique. Il n’y a pas d’émancipation sans instruction. La neutralité politique la plus stricte devrait s’appliquer au sein des établissements scolaires. Les adultes, a fortiori lorsqu’ils sont professeurs, ne devraient pas utiliser les élèves et les mettre en danger pour tenter d’atteindre leurs objectifs politiques ou pour imposer ce qu’ils ne sont pas parvenus à obtenir démocratiquement. Le SIES dénonce l’endoctrinement et l’instrumentalisation criminelle de la jeunesse par des partis politiques à la recherche de la conflictualisation permanente soutenus par des organisations syndicales ultra politisées. Personne n’est dupe de la manœuvre de courants politiques qui veulent provoquer le chaos afin d’atteindre les objectifs inscrits dans leur agenda politique, voire révolutionnaire. Les discours haineux anti-police et anti-État sont particulièrement inquiétants et irresponsables. Ils font l’amalgame entre de rares bavures totalement condamnables lorsqu’elles sont avérées et l’ensemble des membres de forces de l’ordre afin de chauffer à blanc une partie de la jeunesse crédule, entretenue dans la victimisation et la rancœur par les mêmes agitateurs politiques. Comment attendre d’un élève qui ne respecte pas un policier ou un pompier qu’il respecte son professeur ? Comment espérer qu’un élève qui refuse d’obtempérer à une sommation d’un membre des forces de l’ordre obéira à un professeur ? 

 Les casseurs ne sont pas tous actuellement scolarisés en lycée, certains sont plus âgés. Mais tous ou presque ont suivi une scolarisation et ont été lycéens. Ces lycéens et anciens lycéens qui participent aux émeutes sont le produit de décennies de laxisme, d’une Ecole qui a renoncé à instruire, de la culture de l’excuse, de la victimisation permanente et des théories pédagogistes au sein de l’Éducation nationale. Ceux qui se livrent à des violences urbaines sont habitués depuis leur plus jeune âge à manquer de respect aux professeurs et aux autres personnels des établissements scolaires en toute impunité. Ils les agressent parfois sans faire l’objet de la moindre véritable sanction proportionnée. Ils ne connaissent aujourd’hui aucune limite, ne font preuve d’aucune empathie, n’ont aucune conscience morale, et s’en prennent à tous les représentants de l’autorité et de l’État. L’ignorance crasse conjuguée au laxisme conduit parfois à la barbarie. En témoignent ces images insoutenables d’une passante froidement brûlée au visage pendant plusieurs secondes par un « jeune » se servant d’une bombe de spray comme d’un lance-flammes, d’un professeur aspergé d’essence alors qu’il est à côté d’un feu, de personnes poursuivies dans la rue pour être lynchées ou rouées de coups au sol alors qu’elles sont inconscientes et recevoir des coups de pied au niveau de la tête, d’une horde de voyous attaquant les pompiers avant de brûler leur camion… Alors que la jeunesse nous est souvent présentée comme souffrant « d’éco-anxiété », voir des jeunes brûler des pneus, des poubelles, des voitures ou un établissement scolaire, dans le cadre d’émeutes faisant suite à un mouvement revendicatif visant notamment à protester contre la mauvaise isolation des établissements scolaires et les effets de la canicule découlant du réchauffement climatique illustre le degré d’absurdité et de stupidité atteint.  Le SIES apporte son soutien aux personnels de l’Éducation nationale et aux élèves agressés et blessés par des émeutiers ainsi qu’aux membres des forces de sécurité intérieure (policiers, gendarmes et pompiers) victimes des violences alors qu’ils intervenaient pour protéger les personnels et les établissements scolaires et faire cesser les troubles à l’ordre public. 

 Beaucoup de lycéens revendiquent « des droits » sans jamais connaître leurs devoirs, par la faute d’une Éducation nationale qui a placé formellement « l’élève au centre du système » (au lieu du Savoir) et en fait les désirs de l’enfant au lieu de l’élève à proprement parler, promettant la « réussite de tous les élèves », et qui fabrique des « enfants tyrans ». Ils veulent qu’on « leur donne un avenir » ! Le SIES refuse la démagogie et rappelle que la réussite scolaire d’un élève n’est pas un droit et qu’elle se mérite par le travail fourni. Le manque de professeurs et l’absence de remplaçant en cas d’absence du professeur figurent parmi les revendications des lycéens. Cela est parfaitement légitime. Le SIES ne cesse de dénoncer la dégradation des conditions de travail, la paupérisation des professeurs, leur déclassement social et moral. Autant de phénomènes qui rendent le métier de moins en moins attractif. Cependant, il existe une corrélation indéniable entre la dégradation des conditions de travail, le comportement des élèves et la tyrannie de certains parents d’élèves. Parmi les élèves qui manifestent ou bloquent des établissements, beaucoup maltraitent les professeurs, leur manquent de respect, les menacent, les agressent, remettent en cause leur autorité, leur enseignement et leur notation, toujours jugée « trop sévère » et « pas assez bienveillante ». La revendication relative aux classes surchargées est légitime. Le SIES revendique la diminution de l’effectif des classes pour dispenser un enseignement de qualité. Mais cette revendication ne peut être dissociée de la question du comportement des élèves, de leur niveau scolaire, du nécessaire rétablissement de l’autorité du professeur, de la suppression du passage automatique en classe supérieure et du rétablissement d’une sélection - en toute transparence, ce qui n’est pas le cas de « Parcoursup » - à l’entrée de l’enseignement supérieur. Certains lycéens ne sont pas des élèves. Ils n’ont ni le niveau scolaire, ni le comportement attendu de la part d’un lycéen. Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que certaines classes sont surchargées en lycée car une partie des élèves n’ont tout simplement pas leur place au lycée et qu’ils s’épanouiraient davantage dans d’autres filières s’ils avaient été réorientés plus précocement. Cela s’applique également à certains amphithéâtres dans l’enseignement supérieur la première année. La revendication relative aux conditions d’apprentissage et aux locaux vétustes et insalubres est parfaitement légitime. Dans certains établissements, les conditions d’accueil des élèves et de travail des professeurs et des autres personnels sont indignes de la France et les mettent en danger : infestations de rats ou d’insectes nuisibles, présence d’amiante, absence de chauffage, absence de climatisation, isolation inexistante ou nettement insuffisante, locaux et mobiliers dégradés, sanitaires ignobles, fuites d’eau... Néanmoins, les dégradations commises par certains élèves qui prennent plaisir à dégrader le bien public en toute impunité ne devraient pas être passées sous silence. Qui peut nier que des établissements et des équipements scolaires et sportifs, neufs ou rénovés à grands frais, sont dégradés quelques semaines après leur ouverture au public ? 

 « Parcoursup » est un système totalement opaque qui génère une angoisse compréhensible pour les élèves et les parents qui suivent la scolarité de leur enfant. Les réponses et propositions d’admission sont parfois injustes et incompréhensibles ou ressenties comme telles faute d’explication disponible. « Parcoursup » doit être abandonné, mais une sélection réalisée en toute transparence sur la base de critères objectifs doit impérativement s’opérer à l’entrée de l’enseignement supérieur. 

On ne saurait mieux dire, et pour l'heure, nous en resterons là.


dimanche 28 décembre 2025

Adieu BB

 Dimanche 28 décembre 2025


    Adieu B.B.


Il aura fallu le décès de Brigitte Bardot, appris aujourd'hui même, pour que je me décide à reprendre le fil de ce journal politique. Non pas que l'actualité soit pauvre en péripéties, bien au contraire, mais j'ai atteint un stade de saturation en ce domaine qui m'incite à me consacrer à des travaux d'écriture autrement plus passionnants, et surtout moins déprimants. 

Tandis que s'accumulent les hommages envers celle qui fut la star française des Trente Glorieuses, parfois tempérés par des critiques convenues sur certaines de ses prises de position, je tenais quand même à donner mon humble avis. 

D'abord, et je suis navré de briser le concert de louanges, mais je dois avouer que je n'ai jamais apprécié Bardot en tant qu'actrice ou chanteuse. Je trouvais qu'elle jouait mal, et chantait tout aussi faux. Même sa légendaire plastique me laissait assez indifférent : j'étais autrement charmé par Sophia Loren, Claudia Cardinale ou Lola Lollobrigida ! 

Non, c'est l'autre Bardot, celle qui a fui le monde futile du show-biz pour se consacrer au combat de sa vie en faveur des animaux, que j'ai appris à aimer. Quant à ses déclarations sur l'évolution désastreuse de notre pays, à tous les niveaux, je n'ai pu moi aussi que les partager très largement. 

C'était une femme libre et courageuse, à cent mille lieues du petit monde médiocre qui anime aujourd'hui le cercle dominant du marigot médiatique et politique. Une voix comme la sienne va nous manquer. Mais je me réjouis pour BB qu'elle ait quitté ce monde avant d'assister à l'effondrement total du pays qu'elle aimait tant. Je n'aurai peut-être, hélas, pas cette chance. 

jeudi 1 mai 2025

Marine Le Pen, Trump, le Pape, Mélenchon et le PS en péril.

 

Jeudi 1er mai 2025


Cela fait un moment que je n’ai pas commenté l’actualité, pourtant fort riche. Mais il est parfois nécessaire de prendre un peu de recul et de laisser les autres s’égosiller avant de s’exprimer. Revenons sur certains faits marquants des deux derniers mois :


Marine Le Pen mise en joue.


Jusqu’en juillet 2026, soit la veille des présidentielles, la candidate du RN devra retenir son souffle (politiquement parlant), à la merci du gouvernement des juges, qui prononcera, ou non, la confirmation de sa peine d’inéligibilité de cinq ans, prononcée le 31 mars dernier dans l’affaire des assistants parlementaires du RN au Parlement européen. Il paraît que c’est un cadeau qu’on lui fait d’examiner aussi tôt en appel une telle décision !

Parfaite illustration de la justice française actuelle : orientée idéologiquement, discutable dans ses décisions, et d’une lenteur exaspérante. Il paraît que c’est parce qu’elle manque de moyens…


Trump.


Il était, pour beaucoup, le grand espoir des peuples occidentaux, l’homme qui allait « renverser la table » et régler son compte à l’État profond. Pour l’heure, entre ses tergiversations sur l’Ukraine (peu aidé en cela par Poutine, qui pousse au maximum ses pions sur le terrain), ses menaces et ses reculades sur les droits douane qui font trembler les marchés, et sa guerre contre les contre-pouvoirs judiciaires américains, Donald incarne surtout le chaos. L’anti-wokisme aurait mérité un meilleur champion.


Urbi estourbi.


Le pape François nous a quitté lors du week-end pascal, après un ultime tour de piste. Je l’aimais bien lors de son élection, en 2013. Mais il faut dire que j’étais encore de gauche. Si lui-même n’a pas bougé depuis, incarnation d’un christianisme progressiste et migrantophile, il n’en est pas de même pour moi. Je suis même désormais convaincu que le Saint Père a incarné la décadence même de l’Occident par une volonté de revenir aux sources évangéliques, qui inspirent aussi nos wokistes actuels. C’est d’ailleurs le drame qui se noue actuellement : face un Islam redevenu conquérant et arrogant, renouant avec le Jihad originel, peut-on opposer un christianisme gentillet et bien-pensant, voire complaisant avec l’ennemi ?


Les larmes de Mélenchon.


Enfin, la France Islamique (LFI, pour les intimes) tient son martyr ! Un fidèle (d’origine malienne) poignardé à mort dans une mosquée par un gars ayant grommelé « ton Allah de merde ». Depuis le temps qu’ils hurlaient à l’islamophobie sans arriver à s’appuyer sur grand-chose, sauf la complaisance de leurs amis journaleux et intellectuels de gauche !

Certes, le coupable, Olivier Hadzovic, n’a pas le profil idéal du parfait Dupont-Lajoie, que Mélenchon entend grand-remplacer au plus vite : c’est un déséquilibré d’origine bosno-tzigane à la belle gueule de métèque, comme dirait Moustaki. De la même engeance, ou presque, que Ritchy Thibaut, l’ex-assistant parlementaire de la députée LFI Ersilia Soudais, qui appelle à former des brigades d’auto-défense musulmanes.

Mais on ne va pas faire la fine bouche : on en était quand même, dans notre pays depuis 2012, à 300 morts contre zéro en faveur des barbus . Il était temps d’engranger une vraie première victime pour mieux jouer les martyrs. Avec les larmes de Jean-Luc et la minute de silence à l’Assemblée Nationale en prime, voilà qui est chose faite !


Le PS agressé par l’extrême-gauche.


Après Jérôme Guedj, viré de la dernière manif contre l’islamophobie organisée par La France Islamique, et traité de « sale sioniste », voilà des militants et députés agressés par des Blacks Blocs en marge du défilé du 1er mai à Paris. En faudra-t-il plus pour convaincre les socialos que le danger pour la démocratie et la liberté d’expression ne vient pas -ou plus- de l’extrême-droite ? Quand des militants nationalistes ou des journalistes considérés comme d’extrême-droite ont été attaqués, le PS n’a jamais pris leur défense, et a toujours fait plus ou moins alliance avec la mouvance de leurs agresseurs, face à un hypothétique « péril brun ». Alors, qu’est-ce que ça fait de découvrir les réalités, camarades ? Vous comprenez pourquoi je vous ai quittés ?

Vous me faites vraiment penser à cet texte bien connu du pasteur allemand Martin Niemöller (1892-1984), faisant allusion à la lâcheté ou l’aveuglement des intellectuels de son pays face à la montée du nazisme, et repris comme un mantra par les antifascistes de salon qui tiennent le haut du pavé depuis 1945 :


« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »



Aujourd’hui, dans notre beau pays, remplacez « communistes » par « militants nationalistes », « sociaux-démocrates » par « souverainistes », « syndicalistes » par « libéraux ». Mais gardez la fin, elle sera la même.



dimanche 16 mars 2025

Le fascisme éternel d' Umberto Eco : éclair de génie ou fumisterie ?

 

Dimanche 16 mars 2025


Effet drapeau


Je me suis sans doute trop avancé en écrivant, dans un précédent article, que les mesures guerrières annoncées par le Petit Prince allaient nuire à sa popularité. Le bougre a gagné depuis 6 points dans les sondages ! Le fameux effet drapeau, nous dit-on, qui pousse le troupeau apeuré à suivre son berger, ou prétendu tel. Ceci l’amène à 26 ou 27 % d’opinions favorables, ce qui n’est quand même pas faramineux. Plus étonnant encore, d’après une autre enquête, 66 % des Français lui feraient confiance pour gérer l’ensemble des crises qui nous menacent !

On croit rêver. Mais ce qui est étrange, c’est que la même enquête, à la même question, place Marine Le Pen à 65 %. Macron-Le Pen, même combat ? Ou enquête bidon ?


Le péril fasciste, ou l’éternel retour d’un épouvantail


C’est un classique : à chaque grande crise géopolitique, ou presque, ce qui nous tient lieu d’intellectuels en Occident nous ressortent la « peste brune ». Passons rapidement sur le pathétique message de Jacques Attali, assimilant Trump à Hitler. Ce fameux conseiller des princes, de Mitterrand à Macron, est une véritable boussole inversée, à l’instar d’Alain Minc ou de BHL. Ils se sont plantés sur presque tout, et leurs bonnes idées nous ont mis dans la mouise depuis au moins trente ans. À présent que les réalités leur sautent au visage, loin de reconnaître leurs torts, ils surenchérissent dans les amalgames faciles et les anathèmes. L’évolution du Monde leur échappe, ils sont perdus, et pleurnichent en vain.

Il est toutefois une grande figure philosophique, décédée en 2016, que les bien-pensants affolés invoquent tel un prophète extra-lucide. J’ai nommé Umberto Eco, et son concept d’« Ur-fascisme ». En 1997, face à la montée du vote populiste en Italie et en Europe, déjà paresseusement assimilé à un retour de la bête immonde par l’essentiel de la classe médiatique, celui qui s’était rendu célèbre par son remarquable roman d’enquête médiévale, Le Nom de la rose, publia un ouvrage intitulé Comment reconnaître le fascisme (tiré d’un discours de 1995).

Après avoir rappelé ce que fut le fascisme en tant que phénomène historique, Eco présente un curieux concept, celui de l’« Ur-fascisme », ou « fascisme éternel », sorte de monstre reconnaissable à 14 caractéristiques définies par l’auteur. Si l’on ne laisse pas impressionner par le CV du brillant concepteur de la « sémiotique », que l’on dispose d’un peu de culture historique, et que l’on a eu l’expérience du militantisme de gauche « antifasciste » (ce qui est mon cas), on peut se livrer à une analyse intéressante de la doctrine d’Umberto Eco.

Rappelons d’abord que pour lui et bien d’autres, le péril fasciste est devenu un commode croquemitaine, qu’il aurait été dommage de laisser mourir de sa belle mort en 1945. Ce fut bien évidemment la stratégie des communistes pendant la guerre froide, puis de leurs héritiers néo-gauchistes et la cohorte des idiots utiles, dont je fus. Arme de diabolisation par excellence, l’accusation de fascisme est la plus infamante qui soit, même si, historiquement parlant, le vrai fascisme mussolinien (phénomène au demeurant fort complexe et ayant beaucoup évolué de son vivant) fut infiniment moins meurtrier que le communisme et ses avatars. Il permit pendant longtemps d’intimider la droite, en faisant oublier les origines gauchistes du mouvement de Benito Mussolini.

La notion de « fascisme éternel », qui est aussi absurde scientifiquement que le seraient un libéralisme, un socialisme ou un islamisme « éternel», n’est qu’un prétexte à afficher toutes les détestations des gaucho-libéraux. Les 14 points d’Umberto Eco nous aident à mieux comprendre, non la réalité du fascisme, mais l’univers mental de ceux qui prétendent le combattre aujourd’hui.

1) « Le culte de la tradition ». Cela s’appelle le traditionalisme, et cela n’a rien à voir avec le fascisme, qui se voulait révolutionnaire (cf les travaux d’Emilio Gentile, ou de Pierre Milza). On comprend ici que l’idée même de tradition pose problème aux modernes antifas, du moins lorsqu’il s’agit de traditions européennes. L’obsession de la déconstruction apparaît ici en creux.

2) « Le refus du modernisme ». Là encore, rien à voir avec le fascisme historique, qui flattait des tendances telles que le futurisme en peinture, littérature ou architecture. Toute critique de la modernité est donc suspecte pour les antifas ?

3) « L’action pour l’action, sans réflexion » : c’est ce que Philippe Murray appelait le « bougisme », qui est un défaut des plus répandus, à commencer chez les libéraux-libertaires et les révolutionnaires de tout poil.

4) « Il refuse l’esprit critique ». Défaut là encore très commun, facho ou pas facho. En général, peu de gens ou d’institutions aiment être critiqués. Quant à la suite du même point, « pour lui, tout désaccord est une trahison », il suffit de voir aujourd’hui comment sont traités ceux qui ont des doutes sur la politique de notre gouvernement.

5) « Il est raciste par nature par son rejet de la différence ». Grosse embrouille entre le rejet de l’Autre, ou la méfiance envers l’étranger, qui est une constante de toutes les sociétés (la xénophobie) constatée par Lévy-Strauss, et le racisme. Lui aussi très répandu, mais ne reposant pas sur les mêmes mécanismes. Mais l’antifa ne s’embarrasse pas de nuances, même si, dans la vie réelle, il ne laisserait pas n’importe qui entrer chez lui et préfère fréquenter des gens qui lui ressemblent.

6) « Il s’adresse aux classes moyennes frustrées » : oui, et alors ? Cela s’appelle faire de la politique. On voit ici tout le mépris des élites occidentales envers les déclassés d’un système à la dérive.

7) « Il utilise le nationalisme ». Oh, le vilain gros mot ! L’antifa, lui, est internationaliste. Il n’accepte le nationalisme que s’il est exotique. Ukrainien ou palestinien, par exemple.

8) « Les nationaux doivent se sentir humiliés par la richesse et la force de leurs ennemis ». Ben oui, si on a un peu de dignité. C’est grave, docteur ?

9) « La vie est une guerre permanente ». Si vis pacem, para bellum, disait le Grand Jules. Un salaud de fasciste, lui aussi ? Ou un chef digne de ce nom ? Macron est donc un sale fasciste, avec sa guerre contre le changement climatique, le covid ou le péril russe.

10) « Il prêche pour un élitisme populaire ». C’est pas bien non plus ? Il est vrai que le bon peuple doit rester ce qu’il est, bien con et facile à mener par une oligarchie qui sait placer ses propres rejetons.

11) « Chacun est éduqué pour devenir un héros ». Quelle horreur ! C’est aux antipodes de notre culte victimaire, il est vrai. Vivre et penser comme des moutons, voilà l’avenir radieux du citoyen mondialisé. Celui-ci doit rester à sa place, se laisser tondre ou égorger.

12) « Machisme et mépris pour les minorités sexuelles ». La majorité des civilisations du monde sont donc fascistes, à commencer le monde arabo-islamique.

13) « Le populisme qualitatif » : c’est assez fumeux, mais ça veut dire en fait que le peuple compte plus que l’individu, et que l’ur-fascisme veut supprimer le parlement. Le libéral Boris Eltsine, qui fit tirer au canon sur les députés russes en désaccord avec sa thérapie de choc dictée par les Chicago Boys en 1993, était donc un « ur-fasciste ». Vieux débat entre Etat de droit et souveraineté populaire. Curieusement, aucun mouvement populiste européen ou américain n’a dans son programme la suppression du parlement. Encore faut-il que celui-ci ait encore un vrai pouvoir.

14) « Il parle la novlangue en appauvrissant le vocabulaire » : alors que l’antifasciste, lui, parle une langue très riche, c’est bien connu. Il suffit de voir le niveau des nos élites actuelles pour s’en convaincre. Blague à part, ce qui distingue un intellectuel de gauche, c’est l’usage d’un jargon confus, truffé de circonlocutions destinés à éviter les nombreux écueils de la mal-pensance (les confrères sont vigilants et prompts à dénoncer les dérapages), avec si possible une bonne dose d’écriture inclusive pour montrer qu’on est du bon côté de l’Histoire. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » n’est pas la devise des bien-pensants d’aujourd’hui, qui s’effraient de la baisse d’un niveau général en grande partie imputable aux réformes éducatives qu’ils ont menées depuis 1968.

Bref, ces 14 points constituent un inventaire confus, qui ne peut convaincre que les adeptes d’un monde déconstruit, peuplé d’hommes-soja sans racines. En fait de fascisme, c’est toute forme de conservatisme ou de valeur traditionnelle qui est dans le collimateur des prétendus « résistants », eux-mêmes adeptes d’un totalitarisme mou.


jeudi 6 mars 2025

Le fou de guerre

 

Jeudi 06 mars 2025


Le fou de guerre.


Notre Petit Prince n’aime rien tant que faire l’acteur, et ce depuis sa prime jeunesse. Son rôle préféré est celui du chef de guerre, qu’il endosse à la première occasion, surjouant si nécessaire. Il fut à son affaire mercredi soir à 20h, sur un fond blanc qui pourrait être celui du studio souterrain de l’Elysée. Craignait-il, notre héros, une frappe de missile russe sur son palais, qui aurait cloué le bec du chantre de la défense européenne ?

L’ennemi existentiel est donc, (comme il le répète depuis 2022, après avoir hésité sous l’effet d’un sursaut d’intelligence, ce qui lui fut âprement rapproché par tous les va-t-en-guerre du Saint Empire libéral), la Russie de Vlad le Cruel. Pour le Français moyen qui ouvre les yeux et les oreilles, ce n’est pas forcément évident, mais tant pis !

La Sainte Ukraine est notre rempart. S’il cède, les chars russes seront demain à Paris, et les cosaques pilleront la cave de Gérard Larcher après avoir violé Yaël Braun-Pivet...et peut-être Gabriel Attal, dans un élan de perversité absolue qui ne déplaira peut-être pas au principal intéressé.

Pour éviter cette horreur, une seule solution, les Américains voulant nous lâcher : la Défense européenne, bien sûr ! L’arsenal nucléaire français servira de parapluie (un peu troué, mais c’est pas grave) à nos vaillants alliés. Nous déploierons 200 000 hommes en Ukraine, comme au bon vieux temps de la croisade européenne contre le bolchevisme, et mettrons en place une super industrie militaire intégrée, avec état-major eu-ro-pé-en.

« Et vous, qu’êtes vous prêts à faire pour votre patrie ? » a demandé en substance le Petit Prince, président en fin de course qui se prend pour un mélange improbable de Kennedy et d’Oncle Sam. Touchant spectacle du bon élève voulant singer son ancien maître, alors que celui-ci ne veut plus jouer le rôle qui fut le sien depuis 1945. Mais de quelle patrie parles-tu, Manu, toi qui méprises ton propre pays ?

On l’aura compris, l’intention de tout cela est de pousser les feux des Etats-Unis d’Europe, si chers à nos élites libérales. Après avoir testé la soumission des peuples à l’occasion du Covid, les faire marcher au pas pour « sauver le climat », on va achever de les mater en les embringuant dans une aventure guerrière, dont le Petit prince espère prendre la tête lorsqu’il aura quitté son job de contre-maître de la région France. Cela justifiera tout : la réquisition de l’épargne privée pour financer ce délire (une idée de Jean-François Copé !), la censure (ou plutôt la « régulation », qui a bien commencé chez nous avec l’interdiction de C8), la mise au pilori des dissidents, l’annulation des élections qui ne donneront pas les résultats attendus (comme en Roumanie). Bref, le retour de l’URSS, sous tutelle allemande avec active collaboration française. La Grande Europe à la sauce néo-soviétique.

Mais le pire n’est jamais sûr. Outre l’extraordinaire impopularité des mesures annoncées par le Mozart de la Finance, on peut compter sur les divisions du machin européen pour tout faire foirer. Comment des technocrates eunuques biberonnés à la pensée unique démocrate américaine pourront-ils se transformer en Rambo politiquement corrects en l’espace de quelques mois ? Quelques mois, ce sera plus que suffisant pour que Trump et Poutine trouvent un accord, que les Ukrainiens ne pourront qu’entériner. Sauf à ce que les nationalistes de Kiev le sabotent, avec l’appui des British, comme ils l’ont fait pour le gazoduc Nordstream il y a trois ans.

Et là, ils l’auront peut-être, leur putain de guerre ! Mais ils la feront sans moi. Et je ne serai pas tout seul. Pour le coup, j’en serais même à souhaiter un nouveau débarquement américain en Normandie, pour nous libérer de cette chienlit.

samedi 22 février 2025

Européens abandonnés, Bétharram et la chasse aux Blancs

 

Samedi 22 février 2025


Chiens perdus sans collier.


Nos bonnes élites européennes en sont toutes retournées ! J.D. Vance, envoyé par Trump à Munich pour causer sécurité, leur a tenu à peu près ce langage :

« Vous dénoncez le péril russe, mais vous laissez des hordes venues du Sud vous envahir. Vous vous drapez dans le blanc manteau de la démocratie et de la liberté, mais vous faites tout pour étouffer ceux qui ne pensent pas comme vous ! Vous êtes des gros hypocrites, et attendez toujours de la grande Amérique qu’elle vous protège. Ça commence à bien faire ! Va falloir apprendre à vous démerder tout seuls ! »

Notre Petit Prince, à la fois bouleversé mais secrètement ravi (car il va pouvoir jouer les bravaches sans en assumer les conséquences, étant sur le départ), a voulu en profiter pour organiser un conseil de défense extraordinaire avec nos partenaires européens. Ordre du jour : une défense autonome. Mais on ne se refait pas en un jour, après plus de 70 ans de vassalité. Transformer un caniche en loup relève du miracle, que Saint Macron ne peut accomplir. Il va falloir se serrer la ceinture, nous dit-il, les canons avant le beurre !

Déjà que nous sommes infoutus de bâtir un budget digne de ce nom, à la hauteur de nos déficits himalayens...c’est mal barré. Quant au dit conseil, il n’a débouché sur rien, puisque personne n’a vraiment envie de mourir pour Kiev.

L’affaire se réglera, comme d’habitude, entre Washington en Moscou. Les toutous pourront toujours gémir sur leur puissance et leur dignité perdues.


Le ramdam de Bétharram.


Notre pauvre François n’a pas de chance. Alors qu’il a réussi à éviter jusqu’ici plusieurs motions de censure, Mediapart le met en cause dans l’affaire des maltraitances et violences sexuelles commises pendant des décennies dans cet établissement catholique béarnais. Il y avait mis deux de ses enfants, sa femme y travaillait, et il n’aurait rien vu, rien su ? « Houu ! Démission ! » hurle la gauche, qui n’aime rien tant que dénoncer les crimes, à condition qu’ils soient commis par des Blancs catholiques. Ce n’est pas l’avis de la plupart des victimes, qu’il a rencontrées à Pau lors d’un entretien qui s’est plutôt bien passé. Condamner Bayrou, c’est s’en prendre à des milliers de gens.

Habitant la région, et connaissant pas de mal de monde ayant eu affaire à cette vénérable institution, je peux témoigner qu’il était de notoriété publique que Bétharram était une sorte de maison de redressement, adepte des coups et des châtiments sévères, individuels et collectifs. Méthodes à l’ancienne, qui ont perduré là-bas sans que personne ne s’en émeuve. Pour les sévices sexuels, omerta totale, comme partout ailleurs en France, au moins jusqu’aux années 1990. Que les vrais coupables paient, tôt ou tard, c’est une exigence de justice. Que l’on utilise cet angle d’attaque contre Bayrou à des fins politiciennes est parfaitement minable.


LFI lave moins blanc.


Mélenchon en a donc remis une couche. Après avoir applaudi la « créolisation » de la France métropolitaine, le lider maximo de la gauche progressiste assume désormais pleinement le « Grand remplacement » du peuple français de souche par des nouvelles générations exotiques. Après avoir chassé les vieux Blancs des villes, on les poursuivra dans les campagnes, qui connaîtront à leur tour les joies du « vivre-ensemble ».

Mais sa comparse Danièle Obono fait la moue : l’état-major de LFI est encore bien trop blanc à son goût ! Tu as raison, Danièle. Purgeons le parti de ses vieux Blancs, à commencer par son chef, qui ne cesse de brandir sa naissance au Maroc ou sa détestation des blonds aux yeux bleus pour donner des gages à sa nouvelle base électorale et faire oublier ses vraies origines. Mais tu ne trompes personne, Jean-Luc ! Donne donc ta démission, ainsi que tous tes pareils, et laisse le navire à un équipage plus coloré et si possible d’obédience musulmane. L’islamisme, pour vous, n’existe pas, ou n’est pas un problème, c’est ton pote Bompard qui le dit. Alors, qu’attendez-vous ?

Ainsi, LFI ressemblera vraiment à ce qu’elle s’active à mettre en place, et méritera son vrai nom : La France Islamique.


dimanche 2 février 2025

Le déni des réalités

 

Dimanche 02 février 2025


Déni du réel


François Bayrou est un peu remonté dans mon estime depuis qu’il fait l’objet d’une de ces polémiques grotesques dont la gauche raffole. « « Comment ? Il a osé prononcer le mot « submersion », en lien avec l’immigration ? Mais c’est le vocabulaire de l’extrême-droite ! »

Outre le fait que le propos entier du Premier Ministre était somme toute fort mesuré, et frappé au coin du bon sens, j’ai également apprécié qu’il refuse de s’excuser, ou de retirer le mot incriminé, même si sa défense a été un peu molle à mon goût. A sa place, j’aurais tenu le langage suivant :

« Je vous rappelle que le terme de submersion fait partie de la langue française, et ne relève pas d’un monopole de l’extrême-droite. Quant au lien avec l’immigration, vous êtes-vous rendus, chers censeurs, dans certains quartiers et portions de notre territoire pour en constater l’évolution démographique ? Avez-vous consulté des enquêtes sérieuses (hors des travaux de démographes idéologiquement orientés comme Hervé Le Bras) confirmant que tout cela n’est pas qu’un sentiment ?

« De deux choses l’une : soit vous êtes sourds et aveugles, et cela ne donne pas envie de vous confier le pouvoir ; soit vous n’êtes que de beaux hypocrites, soucieux avant tout de vos alliances et petites combines communautaristes, méprisant ce pays et son peuple. »

Ce déni du réel, je l’ai par ailleurs observé sur un site d’échanges appelé « The Conversation », où était publié un article de sociologues s’efforçant de prouver que l’on ne pouvait pas comparer l’extrême-gauche et l’extrême-droite, la première étant mue par l’amour et la tolérance, la seconde par la haine et le rejet de l’autre. Des dizaines de réactions, souvent bien argumentées, sont venues contrer cette thèse que l’actualité, comme l’histoire plus ancienne, ne peuvent que démentir.

La réaction des auteurs fut emblématique des élites de gauche bien-pensantes, que je résume ainsi : « Vous n’avez rien compris, bande de rustres ! Nous, on sait, et on vous renvoie à plein de supers auteurs anglo-saxons inconnus de débiles comme vous, dont les recherches sont des plus scien-ti-fiques ! » C’est beau comme du Lyssenko, qui coupait les queues des souris pour prouver que l’acquis l’emporte sur l’inné. Les sociologues de gauche procèdent de la même façon, en trafiquant leurs recherches ou en utilisant, plus vicieusement encore, des outils biaisés venant confirmer leurs préjugés idéologiques.

Dans le cas qui nous occupe, la méthode des chercheurs a été de présenter à des échantillons déjà classés politiquement par leurs soins des listes de mots, que les sondés devaient juger positifs ou pas. Par exemple : immigration, LGBT, féminisme, etc. Si vous déclarez vous pâmer de bonheur, vous êtes ouvert et tolérant. Dans le cas contraire, vous êtes haineux et replié sur vous-même.

La première chose que l’on m’a apprise en sociologie politique, au temps ou Sciences Po était encore une grande école, est de nous méfier des représentations et des propos d’acteurs. Et qu’il y a souvent loin, de la coupe des beaux sentiments, aux lèvres de leur mise en pratique. Les faits sont têtus, disait Lénine, et ces chercheurs en peau de lapin auraient pu se pencher sur les actes violents et intolérants commis par les groupes extrémistes en France depuis vingt ans : voilà du concret ! Mais c’eût été pour constater l’écrasante prépondérance de leurs amis gauchistes et alliés barbus, face à une ultra-droite bien affaiblie et très marginalisée.

La question ne sera donc pas posée. Circulez, y a rien à voir !


Un Trump français est-il possible ?


Le peuple de droite en frémit de joie : Trump II fait le ménage ! Même si, pour l’instant, nous n’en sommes qu’à quelques gestes forts, quel bonheur de le voir rétablir le bon sens scientifique (il n’y aura plus que deux sexes reconnus aux States, le million et quelques de femmes à barbe ou d’hommes à faux seins étant priés d’aller se rhabiller, ou tout au moins de choisir une bonne fois de quel côté ils penchent), et surtout de forcer la main à la Colombie, afin qu’elle accepte de récupérer ses criminels expulsés.

Cela serait-il possible chez nous ? En fait, nous avons eu notre Trump, en beaucoup plus policé et cultivé : il s’appelle Eric Zemmour, et a subi une exécution en règle de la part de nos « élites ». Est-il arrivé trop tôt ?

En fait, le problème n’est pas tant la possibilité de voir un leader national sérieux gagner les élections, que de lui donner la possibilité d’exercer réellement le pouvoir. L’emprise du gauchisme intellectuel est chez nous tellement fort, l’anesthésie sociale par la dépense publique tellement élevée, qu’il nous faudra hélas plonger dans l’abîme pour connaître le sursaut.