dimanche 16 mars 2025

Le fascisme éternel d' Umberto Eco : éclair de génie ou fumisterie ?

 

Dimanche 16 mars 2025


Effet drapeau


Je me suis sans doute trop avancé en écrivant, dans un précédent article, que les mesures guerrières annoncées par le Petit Prince allaient nuire à sa popularité. Le bougre a gagné depuis 6 points dans les sondages ! Le fameux effet drapeau, nous dit-on, qui pousse le troupeau apeuré à suivre son berger, ou prétendu tel. Ceci l’amène à 26 ou 27 % d’opinions favorables, ce qui n’est quand même pas faramineux. Plus étonnant encore, d’après une autre enquête, 66 % des Français lui feraient confiance pour gérer l’ensemble des crises qui nous menacent !

On croit rêver. Mais ce qui est étrange, c’est que la même enquête, à la même question, place Marine Le Pen à 65 %. Macron-Le Pen, même combat ? Ou enquête bidon ?


Le péril fasciste, ou l’éternel retour d’un épouvantail


C’est un classique : à chaque grande crise géopolitique, ou presque, ce qui nous tient lieu d’intellectuels en Occident nous ressortent la « peste brune ». Passons rapidement sur le pathétique message de Jacques Attali, assimilant Trump à Hitler. Ce fameux conseiller des princes, de Mitterrand à Macron, est une véritable boussole inversée, à l’instar d’Alain Minc ou de BHL. Ils se sont plantés sur presque tout, et leurs bonnes idées nous ont mis dans la mouise depuis au moins trente ans. À présent que les réalités leur sautent au visage, loin de reconnaître leurs torts, ils surenchérissent dans les amalgames faciles et les anathèmes. L’évolution du Monde leur échappe, ils sont perdus, et pleurnichent en vain.

Il est toutefois une grande figure philosophique, décédée en 2016, que les bien-pensants affolés invoquent tel un prophète extra-lucide. J’ai nommé Umberto Eco, et son concept d’« Ur-fascisme ». En 1997, face à la montée du vote populiste en Italie et en Europe, déjà paresseusement assimilé à un retour de la bête immonde par l’essentiel de la classe médiatique, celui qui s’était rendu célèbre par son remarquable roman d’enquête médiévale, Le Nom de la rose, publia un ouvrage intitulé Comment reconnaître le fascisme (tiré d’un discours de 1995).

Après avoir rappelé ce que fut le fascisme en tant que phénomène historique, Eco présente un curieux concept, celui de l’« Ur-fascisme », ou « fascisme éternel », sorte de monstre reconnaissable à 14 caractéristiques définies par l’auteur. Si l’on ne laisse pas impressionner par le CV du brillant concepteur de la « sémiotique », que l’on dispose d’un peu de culture historique, et que l’on a eu l’expérience du militantisme de gauche « antifasciste » (ce qui est mon cas), on peut se livrer à une analyse intéressante de la doctrine d’Umberto Eco.

Rappelons d’abord que pour lui et bien d’autres, le péril fasciste est devenu un commode croquemitaine, qu’il aurait été dommage de laisser mourir de sa belle mort en 1945. Ce fut bien évidemment la stratégie des communistes pendant la guerre froide, puis de leurs héritiers néo-gauchistes et la cohorte des idiots utiles, dont je fus. Arme de diabolisation par excellence, l’accusation de fascisme est la plus infamante qui soit, même si, historiquement parlant, le vrai fascisme mussolinien (phénomène au demeurant fort complexe et ayant beaucoup évolué de son vivant) fut infiniment moins meurtrier que le communisme et ses avatars. Il permit pendant longtemps d’intimider la droite, en faisant oublier les origines gauchistes du mouvement de Benito Mussolini.

La notion de « fascisme éternel », qui est aussi absurde scientifiquement que le seraient un libéralisme, un socialisme ou un islamisme « éternel», n’est qu’un prétexte à afficher toutes les détestations des gaucho-libéraux. Les 14 points d’Umberto Eco nous aident à mieux comprendre, non la réalité du fascisme, mais l’univers mental de ceux qui prétendent le combattre aujourd’hui.

1) « Le culte de la tradition ». Cela s’appelle le traditionalisme, et cela n’a rien à voir avec le fascisme, qui se voulait révolutionnaire (cf les travaux d’Emilio Gentile, ou de Pierre Milza). On comprend ici que l’idée même de tradition pose problème aux modernes antifas, du moins lorsqu’il s’agit de traditions européennes. L’obsession de la déconstruction apparaît ici en creux.

2) « Le refus du modernisme ». Là encore, rien à voir avec le fascisme historique, qui flattait des tendances telles que le futurisme en peinture, littérature ou architecture. Toute critique de la modernité est donc suspecte pour les antifas ?

3) « L’action pour l’action, sans réflexion » : c’est ce que Philippe Murray appelait le « bougisme », qui est un défaut des plus répandus, à commencer chez les libéraux-libertaires et les révolutionnaires de tout poil.

4) « Il refuse l’esprit critique ». Défaut là encore très commun, facho ou pas facho. En général, peu de gens ou d’institutions aiment être critiqués. Quant à la suite du même point, « pour lui, tout désaccord est une trahison », il suffit de voir aujourd’hui comment sont traités ceux qui ont des doutes sur la politique de notre gouvernement.

5) « Il est raciste par nature par son rejet de la différence ». Grosse embrouille entre le rejet de l’Autre, ou la méfiance envers l’étranger, qui est une constante de toutes les sociétés (la xénophobie) constatée par Lévy-Strauss, et le racisme. Lui aussi très répandu, mais ne reposant pas sur les mêmes mécanismes. Mais l’antifa ne s’embarrasse pas de nuances, même si, dans la vie réelle, il ne laisserait pas n’importe qui entrer chez lui et préfère fréquenter des gens qui lui ressemblent.

6) « Il s’adresse aux classes moyennes frustrées » : oui, et alors ? Cela s’appelle faire de la politique. On voit ici tout le mépris des élites occidentales envers les déclassés d’un système à la dérive.

7) « Il utilise le nationalisme ». Oh, le vilain gros mot ! L’antifa, lui, est internationaliste. Il n’accepte le nationalisme que s’il est exotique. Ukrainien ou palestinien, par exemple.

8) « Les nationaux doivent se sentir humiliés par la richesse et la force de leurs ennemis ». Ben oui, si on a un peu de dignité. C’est grave, docteur ?

9) « La vie est une guerre permanente ». Si vis pacem, para bellum, disait le Grand Jules. Un salaud de fasciste, lui aussi ? Ou un chef digne de ce nom ? Macron est donc un sale fasciste, avec sa guerre contre le changement climatique, le covid ou le péril russe.

10) « Il prêche pour un élitisme populaire ». C’est pas bien non plus ? Il est vrai que le bon peuple doit rester ce qu’il est, bien con et facile à mener par une oligarchie qui sait placer ses propres rejetons.

11) « Chacun est éduqué pour devenir un héros ». Quelle horreur ! C’est aux antipodes de notre culte victimaire, il est vrai. Vivre et penser comme des moutons, voilà l’avenir radieux du citoyen mondialisé. Celui-ci doit rester à sa place, se laisser tondre ou égorger.

12) « Machisme et mépris pour les minorités sexuelles ». La majorité des civilisations du monde sont donc fascistes, à commencer le monde arabo-islamique.

13) « Le populisme qualitatif » : c’est assez fumeux, mais ça veut dire en fait que le peuple compte plus que l’individu, et que l’ur-fascisme veut supprimer le parlement. Le libéral Boris Eltsine, qui fit tirer au canon sur les députés russes en désaccord avec sa thérapie de choc dictée par les Chicago Boys en 1993, était donc un « ur-fasciste ». Vieux débat entre Etat de droit et souveraineté populaire. Curieusement, aucun mouvement populiste européen ou américain n’a dans son programme la suppression du parlement. Encore faut-il que celui-ci ait encore un vrai pouvoir.

14) « Il parle la novlangue en appauvrissant le vocabulaire » : alors que l’antifasciste, lui, parle une langue très riche, c’est bien connu. Il suffit de voir le niveau des nos élites actuelles pour s’en convaincre. Blague à part, ce qui distingue un intellectuel de gauche, c’est l’usage d’un jargon confus, truffé de circonlocutions destinés à éviter les nombreux écueils de la mal-pensance (les confrères sont vigilants et prompts à dénoncer les dérapages), avec si possible une bonne dose d’écriture inclusive pour montrer qu’on est du bon côté de l’Histoire. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » n’est pas la devise des bien-pensants d’aujourd’hui, qui s’effraient de la baisse d’un niveau général en grande partie imputable aux réformes éducatives qu’ils ont menées depuis 1968.

Bref, ces 14 points constituent un inventaire confus, qui ne peut convaincre que les adeptes d’un monde déconstruit, peuplé d’hommes-soja sans racines. En fait de fascisme, c’est toute forme de conservatisme ou de valeur traditionnelle qui est dans le collimateur des prétendus « résistants », eux-mêmes adeptes d’un totalitarisme mou.


jeudi 6 mars 2025

Le fou de guerre

 

Jeudi 06 mars 2025


Le fou de guerre.


Notre Petit Prince n’aime rien tant que faire l’acteur, et ce depuis sa prime jeunesse. Son rôle préféré est celui du chef de guerre, qu’il endosse à la première occasion, surjouant si nécessaire. Il fut à son affaire mercredi soir à 20h, sur un fond blanc qui pourrait être celui du studio souterrain de l’Elysée. Craignait-il, notre héros, une frappe de missile russe sur son palais, qui aurait cloué le bec du chantre de la défense européenne ?

L’ennemi existentiel est donc, (comme il le répète depuis 2022, après avoir hésité sous l’effet d’un sursaut d’intelligence, ce qui lui fut âprement rapproché par tous les va-t-en-guerre du Saint Empire libéral), la Russie de Vlad le Cruel. Pour le Français moyen qui ouvre les yeux et les oreilles, ce n’est pas forcément évident, mais tant pis !

La Sainte Ukraine est notre rempart. S’il cède, les chars russes seront demain à Paris, et les cosaques pilleront la cave de Gérard Larcher après avoir violé Yaël Braun-Pivet...et peut-être Gabriel Attal, dans un élan de perversité absolue qui ne déplaira peut-être pas au principal intéressé.

Pour éviter cette horreur, une seule solution, les Américains voulant nous lâcher : la Défense européenne, bien sûr ! L’arsenal nucléaire français servira de parapluie (un peu troué, mais c’est pas grave) à nos vaillants alliés. Nous déploierons 200 000 hommes en Ukraine, comme au bon vieux temps de la croisade européenne contre le bolchevisme, et mettrons en place une super industrie militaire intégrée, avec état-major eu-ro-pé-en.

« Et vous, qu’êtes vous prêts à faire pour votre patrie ? » a demandé en substance le Petit Prince, président en fin de course qui se prend pour un mélange improbable de Kennedy et d’Oncle Sam. Touchant spectacle du bon élève voulant singer son ancien maître, alors que celui-ci ne veut plus jouer le rôle qui fut le sien depuis 1945. Mais de quelle patrie parles-tu, Manu, toi qui méprises ton propre pays ?

On l’aura compris, l’intention de tout cela est de pousser les feux des Etats-Unis d’Europe, si chers à nos élites libérales. Après avoir testé la soumission des peuples à l’occasion du Covid, les faire marcher au pas pour « sauver le climat », on va achever de les mater en les embringuant dans une aventure guerrière, dont le Petit prince espère prendre la tête lorsqu’il aura quitté son job de contre-maître de la région France. Cela justifiera tout : la réquisition de l’épargne privée pour financer ce délire (une idée de Jean-François Copé !), la censure (ou plutôt la « régulation », qui a bien commencé chez nous avec l’interdiction de C8), la mise au pilori des dissidents, l’annulation des élections qui ne donneront pas les résultats attendus (comme en Roumanie). Bref, le retour de l’URSS, sous tutelle allemande avec active collaboration française. La Grande Europe à la sauce néo-soviétique.

Mais le pire n’est jamais sûr. Outre l’extraordinaire impopularité des mesures annoncées par le Mozart de la Finance, on peut compter sur les divisions du machin européen pour tout faire foirer. Comment des technocrates eunuques biberonnés à la pensée unique démocrate américaine pourront-ils se transformer en Rambo politiquement corrects en l’espace de quelques mois ? Quelques mois, ce sera plus que suffisant pour que Trump et Poutine trouvent un accord, que les Ukrainiens ne pourront qu’entériner. Sauf à ce que les nationalistes de Kiev le sabotent, avec l’appui des British, comme ils l’ont fait pour le gazoduc Nordstream il y a trois ans.

Et là, ils l’auront peut-être, leur putain de guerre ! Mais ils la feront sans moi. Et je ne serai pas tout seul. Pour le coup, j’en serais même à souhaiter un nouveau débarquement américain en Normandie, pour nous libérer de cette chienlit.

samedi 22 février 2025

Européens abandonnés, Bétharram et la chasse aux Blancs

 

Samedi 22 février 2025


Chiens perdus sans collier.


Nos bonnes élites européennes en sont toutes retournées ! J.D. Vance, envoyé par Trump à Munich pour causer sécurité, leur a tenu à peu près ce langage :

« Vous dénoncez le péril russe, mais vous laissez des hordes venues du Sud vous envahir. Vous vous drapez dans le blanc manteau de la démocratie et de la liberté, mais vous faites tout pour étouffer ceux qui ne pensent pas comme vous ! Vous êtes des gros hypocrites, et attendez toujours de la grande Amérique qu’elle vous protège. Ça commence à bien faire ! Va falloir apprendre à vous démerder tout seuls ! »

Notre Petit Prince, à la fois bouleversé mais secrètement ravi (car il va pouvoir jouer les bravaches sans en assumer les conséquences, étant sur le départ), a voulu en profiter pour organiser un conseil de défense extraordinaire avec nos partenaires européens. Ordre du jour : une défense autonome. Mais on ne se refait pas en un jour, après plus de 70 ans de vassalité. Transformer un caniche en loup relève du miracle, que Saint Macron ne peut accomplir. Il va falloir se serrer la ceinture, nous dit-il, les canons avant le beurre !

Déjà que nous sommes infoutus de bâtir un budget digne de ce nom, à la hauteur de nos déficits himalayens...c’est mal barré. Quant au dit conseil, il n’a débouché sur rien, puisque personne n’a vraiment envie de mourir pour Kiev.

L’affaire se réglera, comme d’habitude, entre Washington en Moscou. Les toutous pourront toujours gémir sur leur puissance et leur dignité perdues.


Le ramdam de Bétharram.


Notre pauvre François n’a pas de chance. Alors qu’il a réussi à éviter jusqu’ici plusieurs motions de censure, Mediapart le met en cause dans l’affaire des maltraitances et violences sexuelles commises pendant des décennies dans cet établissement catholique béarnais. Il y avait mis deux de ses enfants, sa femme y travaillait, et il n’aurait rien vu, rien su ? « Houu ! Démission ! » hurle la gauche, qui n’aime rien tant que dénoncer les crimes, à condition qu’ils soient commis par des Blancs catholiques. Ce n’est pas l’avis de la plupart des victimes, qu’il a rencontrées à Pau lors d’un entretien qui s’est plutôt bien passé. Condamner Bayrou, c’est s’en prendre à des milliers de gens.

Habitant la région, et connaissant pas de mal de monde ayant eu affaire à cette vénérable institution, je peux témoigner qu’il était de notoriété publique que Bétharram était une sorte de maison de redressement, adepte des coups et des châtiments sévères, individuels et collectifs. Méthodes à l’ancienne, qui ont perduré là-bas sans que personne ne s’en émeuve. Pour les sévices sexuels, omerta totale, comme partout ailleurs en France, au moins jusqu’aux années 1990. Que les vrais coupables paient, tôt ou tard, c’est une exigence de justice. Que l’on utilise cet angle d’attaque contre Bayrou à des fins politiciennes est parfaitement minable.


LFI lave moins blanc.


Mélenchon en a donc remis une couche. Après avoir applaudi la « créolisation » de la France métropolitaine, le lider maximo de la gauche progressiste assume désormais pleinement le « Grand remplacement » du peuple français de souche par des nouvelles générations exotiques. Après avoir chassé les vieux Blancs des villes, on les poursuivra dans les campagnes, qui connaîtront à leur tour les joies du « vivre-ensemble ».

Mais sa comparse Danièle Obono fait la moue : l’état-major de LFI est encore bien trop blanc à son goût ! Tu as raison, Danièle. Purgeons le parti de ses vieux Blancs, à commencer par son chef, qui ne cesse de brandir sa naissance au Maroc ou sa détestation des blonds aux yeux bleus pour donner des gages à sa nouvelle base électorale et faire oublier ses vraies origines. Mais tu ne trompes personne, Jean-Luc ! Donne donc ta démission, ainsi que tous tes pareils, et laisse le navire à un équipage plus coloré et si possible d’obédience musulmane. L’islamisme, pour vous, n’existe pas, ou n’est pas un problème, c’est ton pote Bompard qui le dit. Alors, qu’attendez-vous ?

Ainsi, LFI ressemblera vraiment à ce qu’elle s’active à mettre en place, et méritera son vrai nom : La France Islamique.


dimanche 2 février 2025

Le déni des réalités

 

Dimanche 02 février 2025


Déni du réel


François Bayrou est un peu remonté dans mon estime depuis qu’il fait l’objet d’une de ces polémiques grotesques dont la gauche raffole. « « Comment ? Il a osé prononcer le mot « submersion », en lien avec l’immigration ? Mais c’est le vocabulaire de l’extrême-droite ! »

Outre le fait que le propos entier du Premier Ministre était somme toute fort mesuré, et frappé au coin du bon sens, j’ai également apprécié qu’il refuse de s’excuser, ou de retirer le mot incriminé, même si sa défense a été un peu molle à mon goût. A sa place, j’aurais tenu le langage suivant :

« Je vous rappelle que le terme de submersion fait partie de la langue française, et ne relève pas d’un monopole de l’extrême-droite. Quant au lien avec l’immigration, vous êtes-vous rendus, chers censeurs, dans certains quartiers et portions de notre territoire pour en constater l’évolution démographique ? Avez-vous consulté des enquêtes sérieuses (hors des travaux de démographes idéologiquement orientés comme Hervé Le Bras) confirmant que tout cela n’est pas qu’un sentiment ?

« De deux choses l’une : soit vous êtes sourds et aveugles, et cela ne donne pas envie de vous confier le pouvoir ; soit vous n’êtes que de beaux hypocrites, soucieux avant tout de vos alliances et petites combines communautaristes, méprisant ce pays et son peuple. »

Ce déni du réel, je l’ai par ailleurs observé sur un site d’échanges appelé « The Conversation », où était publié un article de sociologues s’efforçant de prouver que l’on ne pouvait pas comparer l’extrême-gauche et l’extrême-droite, la première étant mue par l’amour et la tolérance, la seconde par la haine et le rejet de l’autre. Des dizaines de réactions, souvent bien argumentées, sont venues contrer cette thèse que l’actualité, comme l’histoire plus ancienne, ne peuvent que démentir.

La réaction des auteurs fut emblématique des élites de gauche bien-pensantes, que je résume ainsi : « Vous n’avez rien compris, bande de rustres ! Nous, on sait, et on vous renvoie à plein de supers auteurs anglo-saxons inconnus de débiles comme vous, dont les recherches sont des plus scien-ti-fiques ! » C’est beau comme du Lyssenko, qui coupait les queues des souris pour prouver que l’acquis l’emporte sur l’inné. Les sociologues de gauche procèdent de la même façon, en trafiquant leurs recherches ou en utilisant, plus vicieusement encore, des outils biaisés venant confirmer leurs préjugés idéologiques.

Dans le cas qui nous occupe, la méthode des chercheurs a été de présenter à des échantillons déjà classés politiquement par leurs soins des listes de mots, que les sondés devaient juger positifs ou pas. Par exemple : immigration, LGBT, féminisme, etc. Si vous déclarez vous pâmer de bonheur, vous êtes ouvert et tolérant. Dans le cas contraire, vous êtes haineux et replié sur vous-même.

La première chose que l’on m’a apprise en sociologie politique, au temps ou Sciences Po était encore une grande école, est de nous méfier des représentations et des propos d’acteurs. Et qu’il y a souvent loin, de la coupe des beaux sentiments, aux lèvres de leur mise en pratique. Les faits sont têtus, disait Lénine, et ces chercheurs en peau de lapin auraient pu se pencher sur les actes violents et intolérants commis par les groupes extrémistes en France depuis vingt ans : voilà du concret ! Mais c’eût été pour constater l’écrasante prépondérance de leurs amis gauchistes et alliés barbus, face à une ultra-droite bien affaiblie et très marginalisée.

La question ne sera donc pas posée. Circulez, y a rien à voir !


Un Trump français est-il possible ?


Le peuple de droite en frémit de joie : Trump II fait le ménage ! Même si, pour l’instant, nous n’en sommes qu’à quelques gestes forts, quel bonheur de le voir rétablir le bon sens scientifique (il n’y aura plus que deux sexes reconnus aux States, le million et quelques de femmes à barbe ou d’hommes à faux seins étant priés d’aller se rhabiller, ou tout au moins de choisir une bonne fois de quel côté ils penchent), et surtout de forcer la main à la Colombie, afin qu’elle accepte de récupérer ses criminels expulsés.

Cela serait-il possible chez nous ? En fait, nous avons eu notre Trump, en beaucoup plus policé et cultivé : il s’appelle Eric Zemmour, et a subi une exécution en règle de la part de nos « élites ». Est-il arrivé trop tôt ?

En fait, le problème n’est pas tant la possibilité de voir un leader national sérieux gagner les élections, que de lui donner la possibilité d’exercer réellement le pouvoir. L’emprise du gauchisme intellectuel est chez nous tellement fort, l’anesthésie sociale par la dépense publique tellement élevée, qu’il nous faudra hélas plonger dans l’abîme pour connaître le sursaut.


mercredi 8 janvier 2025

Ces menhirs que l'on abat

 

Mercredi 08 janvier 2025


Ces menhirs qu’on abat


Jean-Marie Le Pen avait beau être surnommé le « menhir », il n’était finalement qu’un homme, (certes vigoureux) qui nous a quittés à l’âge respectable de 96 ans. J’avoue que j’attendais ce moment avec curiosité, pour observer les réactions de la petite classe politico-médiatique.

Si la droite dite nationale, ou « extrême-droite » rend hommage à celui qui fut l’un de leurs plus fameux chefs de file, la droite dite « républicaine » se contente du service minimum. Il est vrai que Jean-Marie, poussé en sous-main par Mitterrand, ne leur a pas rendu service !

Au centre, deux sons de cloche : pour l’Elysée, Le Pen était une « figure historique de l’extrême-droite », dont le rôle est prudemment renvoyé « au jugement de l’Histoire ». Pour Bayrou, qui a pris plus de risques, il s’agissait d’une « grande figure de la Ve République » et un « combattant ». Tollé chez les bien-pensants, et rétropédalage laborieux du Premier Ministre, qui s’est réfugié derrière une leçon de vocabulaire grec. Quel courage !

A gauche, réflexe pavlovien prévisible, entre propos sentencieux et déchaînements de joie mauvaise, pour ne pas dire ignoble. Encore une fois, je ne regrette vraiment pas de ne plus être de ces gens-là. Eh, les gars, ayez au moins la reconnaissance du ventre : vous l’avez quand même bien utilisé, votre épouvantail fasciste !

En ce qui me concerne, je dois reconnaître que je dois à Jean-Marie Le Pen deux choses :

-d’une part, une bonne raison de m’engager politiquement, face à un péril auquel je croyais sincèrement dans ma jeunesse folle.

-d’autre part, avec la maturité, la prise de conscience de bien des choses. Je rejoins ici l’avis iconoclaste de Laurent Tapie, qui a déclaré sur Europe 1, à propos de l’affrontement ayant autrefois opposé son père à Le Pen, que finalement, avec le recul, c’était ce dernier qui avait raison sur bien des points. Il est vrai que le pauvre Bernard Tapie avait été lui aussi, cruellement rattrapé par les joies de la diversité et du « vivre-ensemble ». Les dérapages antisémites du menhir sont certes condamnables, mais ne sont que roupie de sansonnet en comparaison avec ce que subissent aujourd’hui nos compatriotes israélites, de la part des islamistes et de leurs alliés gauchistes. Combien de Juifs tués par les Lepénistes depuis 1972 ?

Enfin, le parcours personnel de Jean-Marie est passionnant, et je me suis régalé à lire les deux tomes de ses mémoires. Bardella, Borne et les autres peuvent aller se rhabiller !


Charlie, dix ans après.


Au-delà des flonflons et des discours convenus, dix ans après le massacre de janvier 2015, force est de constater que les islamistes ont gagné. Il y avait cent fois de plus de monde à Paris pour célébrer la mort d’un vieillard diabolisé, que pour se recueillir en mémoire des journalistes et caricaturistes assassinés. En fait, la plupart des gens rasent les murs. Le terrorisme est efficace, et la doxa islamophile s’occupe du reste. Houellebecq avait vu juste, avec Soumission, sorti au même moment.

Mais il y a plus inquiétant encore. Les sondages sont formels : un bon tiers de jeunes Français se déclarent opposés au droit de se moquer d’une religion, soit beaucoup plus qu’il y a dix ans. Curieusement, cette proportion est à peu près celle des non-européens d’origine dans la même tranche d’âge (non-européens eux-mêmes majoritairement de culture musulmane). Mais on trouve ce néo-puritanisme chez les néo-gauchistes bien blancs. Et pourquoi, dans ce contexte, les autres adeptes de telle ou telle religion seraient-ils encouragés à tolérer le blasphème ?

Désolé, Charb, Cabu, Wolinski et les autres, mais votre mort n’a pas réveillé les consciences dans le sens de la liberté. Par contre, elle m’aura aidé à ouvrir les yeux sur la réalité des menaces pesant sur notre pays. Ironie de l’histoire, la mort de l’auteur du « beauf » a fini par donner en grande partie raison à ceux-là même qu’il conchiait. Comme disait Le Pen, justement : « Je suis Charlie Martel ! »

mercredi 25 décembre 2024

Bayrou, dernier rempart troué du macronisme

 

Mercredi 25 décembre 2024


Le dernier carré du macronisme ?


Le Père François nous avait promis un gouvernement avant Noël. C’est chose faite depuis deux jours, et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne suscite pas l’enthousiasme des commentateurs.

Des laborieuses tractations du Béarnais, je ne retiendrai qu’un élément positif : le maintien de Bruno Retailleau à l’Intérieur. Que Gérald Darmanin, plus musclé (du moins en paroles) que Didier Migaud, succède à ce dernier devrait permettre, en théorie, une meilleure coopération police/justice dans le sens de la fermeté. Je dis bien « en théorie », car dans les faits, le gouvernement des juges fera tout pour empêcher les mesures indispensables pour rétablir l’ordre et lutter contre l’immigration sauvage. Ces deux-là pourront toujours jouer les bravaches, rien de bougera sans un grand coup de balai constitutionnel et juridique que personne n’est en mesure de mettre en œuvre pour l’instant.

Pour le reste, c’est le bal des zombies politiques et des arrivistes minables, qu’il s’agisse de Valls (chargé de l’Outre-Mer, bon courage!) ou de Dati, maintenue à la culture (grâce à son merveilleux bilan, sans doute). La plus grande énigme reste la nomination d’Elisabeth Borne à l’Education nationale : comment, lorsque l’on a été Première Ministre, peut-on accepter un poste aussi foireux, qui a vu passer autant de titulaires en si peu de temps ? Les fins de mois sont si difficiles, Mme Borne ? Ou bien les oripeaux du pouvoir sont-ils tellement addictifs ? Ne nous faites pas le coup du sens du devoir, on y croit plus ! Pour les profs dont je suis, en tout cas, c’est pas un cadeau…

S’il n’y avait pas la menace d’une dégradation financière, j’en serais à souhaiter une prochaine censure rien que pour ne plus voir sa tronche de carême !


Les valeurs républicaines selon M. Bayrou.


Accusé de pactiser avec le RN, le Père François a tenu à donner des gages au petit monde intello-médiatique gaucho-bobo, il y a peu sur BFM. À la manière embrouillée qui est sa marque de fabrique, le nouveau locataire de Matignon a tenté d’expliquer qu’il ne suffisait pas de respecter les institutions républicaines, comme le fait le RN, pour mériter le titre de vrai « républicain ».

Selon lui, les valeurs qui constituent notre devise doivent être au coeur des discours et des actes de tous ceux qui se réclament de la République. En voulant foutre dehors les délinquants étrangers, en se posant en adversaire de la subversion islamiste, le parti de Marine Le Pen manquerait à la « fraternité ».

Tiens donc ? Et si, avant de regarder la paille dans l’oeil de Marine, on considérait la poutre dans celui de François ?

Liberté, valeur sacrée pour un maire qui coupe le micro, en pleine séance de son conseil municipal, aux opposants qui le gênent ?

Égalité, valeur sacrée pour un homme qui faisait en sorte que l’avion faisant la liaison Paris-Pau poireaute pendant une heure pour que Monsieur puisse le prendre, au détriment de tous les autres passagers, et fasse sanctionner une hôtesse de l’air ayant eu l’audace d’expliquer aux simples mortels la cause de ce retard ?

Fraternité, valeur sacrée pour un Premier Ministre, qui sèche une cellule de crise consacrée à Mayotte pour aller présider un conseil municipal à Pau ?

Quel guignol ! Et quel culot...


samedi 21 décembre 2024

Chanson pour Mayotte, Bayrou la baudruche

 

Samedi 21 décembre 2024


Stéphanie de Monaco chante pour Mayotte :


Comme un ouragan

qu’est passé sur moi,

Chido a tout emporté !

Envolée ma case,

toute mon île est naze,

y a plus rien à sauver !


Macron est venu,

mais on l’a dans l’cul,

y a plus rien à becqueter !

Alors on l’a hué,

le p’tit Prince des nuées,

Du coup il s’est fâché !


La France est ruinée,

mais elle va payer,

Elle est plus à ça près !


Bayrou la baudruche.


À peine arrivé, aussitôt dégonflé. Il ne manquait pourtant pas d’air, le Béarnais ! Premier faux pas : son retour à Pau, à grands frais d’avion spécial et de forces de police, pour présider un conseil municipal sans grand intérêt, au lieu de se joindre à la cellule de crise sur Mayotte.

Deuxième faux pas : une séance de questions au gouvernement totalement lunaire, où le nouveau Premier Ministre est resté dans le flou, pataugeant dans des explications peu convaincantes. Et dans la foulée, cette volonté de revenir sur le cumul des mandats, façon de justifier ses propres errements tout en essayant, bien maladroitement, de détourner l’attention sur d’autres sujets.

L’état de grâce de François Bayrou a donc été encore plus bref que celui de ce pauvre Barnier, que l’on regrette déjà. Comment celui qui se rêvait Henry IV pourra-t-il encore rallier qui que ce soit de valable à son panache mité ? Tout le monde commence à réaliser, à Paris, ce que l’on sait en Béarn depuis longtemps sur ce monsieur, dans lequel j’avais pourtant mis bien des espoirs il y a dix-sept ans : Bayrou est un être vaniteux, colérique, magouilleur, peu travailleur et rancunier. Sa principale qualité est l’obstination, qualité toute relative lorsqu’elle est mise au service d’une personnalité médiocre, sinon nuisible.

Bayrou, ultime avatar de l’astre mort centriste, c’est le retour aux fondamentaux décrépits du macronisme, lequel a précipité la mort d’un régime et le naufrage de tout un pays.