mardi 13 avril 2021
Courrier
à Marianne : réaction au numéro 1256, 9-15/04/2021.
L'article incitant à une
reprise de la natalité française suscite chez le prof d'Histoire-géo que
je suis quelques commentaires:
-"les
gosses génèrent des investissements" : oui bien sûr, si le
pays en a les moyens.
-"ils
développent le PIB" : oui et non. La corrélation natalité/PIB
est à prendre avec des pincettes. Les régions françaises qui ont le PIB le plus
élevé sont celles qui attirent les jeunes actifs, lesquels font plus
d'enfants que les autres. Ce ne sont pas les gosses qui "font" le
PIB. Quant aux exemples de l'Inde et de la Chine (dont les situations
démographiques sont très différentes entre elles), ils ne sont en
rien comparables à celui de la France pour ce qui est de la situation
économique ou de l'effet de masse humaine.
-"les
gosses créent de l'emploi": oui, sans doute, dans les mêmes
conditions que les investissements.
-"ils
cotiseront pour les vieux ": oui, s'ils ont du boulot et gagnent
assez bien leur vie, ce qui n'est pas garanti. En attendant d'en avoir un, ils
représentent un coût non négligeable avec l'allongement de la durée des études,
coût qui pèse sur les actifs employés. Sans même parler des allocations chômage
pour les jeunes sans emploi.
-"ils
se soucient de l'environnement ": gare aux clichés et aux effets
de mode. L'ado français moyen n'est pas forcément (et heureusement) un
clone de Greta Thunberg. Si un certain nombre d'entre eux militent par et pour
de petits gestes symboliques, la plupart sont des gros consommateurs de
fringues et de nouvelles technologies, aux effets désastreux pour
l'environnement.
Manque enfin un argument beaucoup moins discutable et
fondamental : faire des
gosses, c'est contribuer à faire survivre un peuple et sa culture.
La
métamorphose de Christophe Barbier
C’est un effet inattendu du Covid : ce virus pervers
est capable de pénétrer nos cerveaux et de nous faire dire un jour le contraire
de ce que l’on disait la veille. Rappelez-vous : il y a quelques mois,
Barbier militait activement pour un passeport sanitaire, avec des accents
dignes d’un gauleiter aux ordres du conseil scientifique cher à Macron. Aujourd’hui,
il se joint au chœur des « ras l’bolistes » avec son nouvel opus, Les tyrannies sanitaires. Evidemment, le
brave garçon ne saurait soutenir les thèses « complotistes », qu’il
fustige sous l’appellation étrange de « tyrannies brunes » (dont on
ne voit très bien comment elles peuvent
s’exercer actuellement), mais tout ce qu’il attaque fait aussi l’objet des
mêmes critiques de la part de ceux qui, dès le début, ont refusé de céder à la
psychose.
Seuls les imbéciles ne changent pas
d’avis, dit-on. Barbier nous prouve, une fois de plus, sa grande intelligence.
La mort du Prince Philip.
99 ans, un beau chiffre pour une vie qui fut belle, à sa
façon. Le parcours du Prince fut un quasi-sans faute, et ses fameuses « gaffes »
me l’ont rendu bien sympathique. Sans doute, une fois passée la trêve du deuil,
verra-t-on les rats du « woke » se jeter sur sa mémoire et la tailler
en pièces. Apparemment, Meghan ne sera pas présente aux funérailles. Encore
heureux ! Une pensée émue pour la reine Elizabeth, dont je suis de moins
en moins sûr que le Royaume-Uni la mérite.
De l’ENA à l’ISP : quel changement ?
Réforme typique du macronisme : on prend une
vénérable institution qui mériterait un coup de toilette et, au lieu de s’attaquer
à l’essentiel, on en change le nom et le mode de recrutement sur le modèle
politiquement correct inauguré par Sciences Po Paris. Juste minable.
Les restaus clandestins.
Qui c’est-y qui y va, hein ? Des
noms, des noms ! Qu’est-ce qu’on s’amuse ! Cela me rappelle le bon
temps de la prohibition aux Etats-Unis dans les années 1920, ou des restaus où
l’on se goinfrait sans ticket de rationnement sous l’occupation. Que de bons
souvenirs…
Retirer l’aérien du rêve des enfants.
Cette phrase magnifique de la mairesse écolo de Poitiers,
qui a coupé les subventions aux aéroclubs de la ville (dont l’un d’entre eux
offrait des baptêmes de l’air aux gamins handicapés), vient s’ajouter à la
longue liste des mesures grandioses prises dans les municipalités conquises par
les Khmers Verts. Un seul mot d’ordre pour moi : retirer les Verts de la
scène politique française !
L’UE humiliée par Erdogan.
Merci au Grand Turc d’avoir infligé une telle humiliation
aux hauts représentants de l’Union Européenne. Charles Michel et Ursula Von der
Leyen, avec l’affaire assez grotesque du « sofagate », ont été
cruellement rappelés à ce qu’ils sont : de vulgaires pantins sans légitimité
démocratique, au service de l’ectoplasme du Saint Empire de l’Impuissance.
Darmanin s’émeut des tags antimusulmans.
On voit que les élections approchent ! Petit rappel
pour les angoissés de l’islamophobie : en 2018, d’après le Ministère de l’Intérieur,
on a recensé en France 100 actes antimusulmans, 541 actes antijuifs et 1063
actes antichrétiens. Une proportion restée à peu près la même depuis. Tout
récemment, l’agression sauvage d’un élu RN n’a entraîné aucune réaction
officielle. Mais quelques tags et un feu de poubelle devant une mosquée, c’est
gravissime.
Procès Chauvin et affaire Floyd.
Etrange discrétion des médias bien-pensants sur le procès
du flic accusé d’avoir tué Georges Floyd. Et pour cause : tout ce que l’on
apprend à cette occasion remet sérieusement en question la thèse de l’affreux
meurtre raciste. Vidéo détaillée et autopsie de la victime mettent en avant les
faits suivants :
-Floyd
était complétement shooté lors de son arrestation, d’où son attitude bizarre et
son agitation qui a fini par justifier qu’on le plaque au sol, selon une
procédure parfaitement légale.
-Véritable
colosse, Floyd n’aurait jamais dû mourir de la manière que l’on décrit, sous le
poids d’un policier bien plus fluet que lui, et qui d’ailleurs n’a pas gardé en
permanence son genou appuyé sur la nuque du prévenu.
Bref,
pour les experts, les choses ne sont pas simples. Mais le procureur a prévenu :
on ne tiendra pas compte de leur avis, pour des raisons que l’on devine
politiques. C’est comme pour l’affaire OJ Simpson, en 1992, mais dans l’autre
sens : l’accusé était noir, et de toute évidence coupable, mais il fut
relaxé pour éviter des émeutes raciales, dans le contexte d’une autre affaire
où des policiers blancs avaient été déclarés non coupables (tabassage de Rodney
King), ce qui avait été le prétexte à de violentes émeutes à Los Angeles.
Racisme
systémique, oui…mais anti-blanc.
Lors de
l’affaire Dreyfus, Barrès avait déclaré que le capitaine était coupable, du
fait même de « sa race ». Derek Chauvin, quel que soit son passé et
ses fautes professionnelles, sera donc coupable et sacrifié sur l’autel du « wokisme »
triomphant. Vous avez dit « justice » ?
Pourquoi Napoléon nous fait rêver.
Je laisse ici la parole à Franck Ferrand, dans le dernier
numéro de Causeur (n°89, avril 2021, excellent
dossier spécial sur Napoléon, p.61) :
« …j’en viens à me demander si, finalement, ce qui
nous fascine tant chez cet homme d’Etat ne tient pas, précisément, à ses
différences. Nos dirigeants sont incertains, pusillanimes ? Napoléon se
montre en tout point décidé, sûr de lui. Nos gouvernants répugnent à faire
usage de la force ? Lui s’exprime,
en bon artilleur, d’abord et avant tout par la bouche des canons, sans répugner
à la violence. Notre société porte aux nues les idées de douceur, de
modération, de précaution ? Lui brûle toujours ses vaisseaux et dévore sa
destinée sans ménager les peuples dont il a la charge. Notre époque s’inscrit
dans une logique individualiste de confort ? Lui n’en tient que pour l’effort
collectif. Bref : Napoléon est notre négatif parfait, notre exact opposé.
Je pose donc la question : et si les Français, en cet homme providentiel,
aimaient d’abord tout ce qu’ils ne sont plus ? »
On comprend aussi pourquoi les anti-Napoléon sont aussi,
comme par hasard, les partisans de la destruction de la puissance française et
de sa souveraineté. Qu’il s’agisse de honte de soi pétrie de bons sentiments,
de libéralisme et d’européisme niais (pour les Français de souche) ou volonté
pure et simple d’anéantissement et de « revanche conquérante » (pour
les autres).
Je
conclurai pas ce titre de la revue Eléments (avril-mai
2021) :
« Vive l’Empereur et
mort aux cons ! »
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