samedi 5 septembre 2020

Etes-vous "Charlie" ou "Valeurs" ?

 

samedi 5 septembre 2020

 

            Etes-vous « Charlie » ou « Valeurs » ?

 

Je dois remercier la meute médiatico-politique, dont les aboiements ont attiré mon attention sur le dernier épisode du feuilleton de l’été du magazine Valeurs Actuelles. Ledit épisode étant consacré à Danièle Obono, égérie indigéniste et décoloniale de la France Insoumise, mise en scène dans une fiction projetant la dame dans l’Afrique noire du XVIIIe siècle.

De toute évidence, les aboyeurs n’ont retenu que l’une des illustrations du papier, ou Mme Obono figure avec une chaîne autour du cou, sans se donner la peine de lire les sept pages du récit. Il est vrai que lire et réfléchir, c’est long et fatigant.

J’ai donc lu, pour forger mon opinion. Et j’ai aimé ce texte bien écrit, irréprochable historiquement, mêlant habilement la satire politique et le récit d’une aventure qui n’a rien de déshonorant pour son héroïne involontaire. Certes, les convictions de Mme Obono en ressortent bien égratignées, mais sa personne n’est en rien traînée dans la boue, comme ont pu l’être d’autres élues comme Marine Le Pen ou Nadine Morano, sans que les bonnes consciences ne s’en émeuvent outre mesure.

Valeurs Actuelles n’a eu qu’un tort dans cette affaire, c’est de s’excuser. Enfin, une riposte subtile et bien menée aux délires racialistes d’une « gauche » devenue folle !

J’ai donc été fort déçu de voir des grandes plumes de mon hebdo favori, Marianne, rejoindre la meute des lyncheurs, répétant les mêmes mantras : « texte malsain et authentiquement raciste » (Natacha Polony), « fantasmes douteux » (Caroline Fourest)…Est-ce le même magazine qui déplorait la victoire posthume des frères Kouachi, avec le recul de la liberté d’expression en France sous les coups de boutoirs du « politiquement correct » ?

On peut, par sympathie idéologique, se sentir plus proche d’un journal libertaire comme Charlie Hebdo, que d’une revue conservatrice attachée à une France « blanche et chrétienne ». Mais dans les deux cas, il s’agit de manifestations différentes de cette liberté d’expression et de cette culture française auxquelles je suis profondément attaché, et qui sont aujourd’hui en danger de mort.

Si nous ne voulons pas qu’elles meurent, nous devons défendre tous les remparts de la forteresse, qu’ils soient de gauche ou de droite. Et mieux encore, comme l’ont fait Charlie et Valeurs actuelles : contre-attaquer.

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