lundi 29 juin 2020
Municipales : vague verte ou
faux-semblant ?
Si
l’on s’en tient aux seuls suffrages exprimés, le 2e tour des
municipales d’hier est à marquer d’une pierre verte…et même rose ! La
carte électorale publiée sur France Info est à cet égard des plus éloquentes.
Environ 25 villes ont été gagnées ou gardées par des coalitions de gauche, où
ce parti de notables qu’est le PS garde encore de beaux restes du fait de son
ancrage local. Parmi les plus belles prises : Bordeaux et Marseille. Paris reste aux mains d'Anne Hidalgo. Les Verts,
instruments essentiels de ces victoires (sauf là où ils ont choisi de faire
cavaliers seuls), emportent huit villes, dont Lyon et Strasbourg, et loupé
Lille de très peu face à la vieille Aubry.
La droite
classique se maintient plus ou moins, LREM se prend une baffe, effet de son
manque d’enracinement et du vote sanction. Agnès Buzyn fait encore moins bien au 2e tour qu'au 1er à Paris ! La « majorité » ne peut
revendiquer que trois victoires, dont celle de Philippe au Havre, Bayrou à Pau
et De Carolis à Arles.
Le RN quant à
lui a gardé ses positions, et conquis Perpignan, grâce à une bonne campagne d’un
Louis Aliot en pleine forme. C’est d’autant plus méritoire que cela s’est fait
sans alliances importantes -tout juste quelques ralliements qui ont fait trembler
le bien mal nommé « Front Républicain »- et dans un climat d’hostilité
médiatique permanent. A l’inverse, les écolos ont table ouverte dans tous les
grands médias, et il fallait voir hier soir les sourires radieux de certains
journalistes : j’ai cru qu’Anne-Sophie Lapix et Laurent Delahousse
allaient tomber en pamoison !
Sauf que…l’abstention a battu tous
les records : 60 % ! Est-ce la trouille du Covid, l’effondrement du
sens civique, le sentiment que même les municipalités ne peuvent plus grand-chose
pour nous ? A ce compte-là, tous ces beaux résultats ne signifient plus grand-chose.
Comble du comble, la participation était déjà tellement faible au 1er
tour que l’on n’a pas respecté la règle voulant que pour l’emporter, il fallait
obtenir à la fois la majorité des suffrages exprimés ET au moins un quart des
électeurs inscrits. Cette dernière obligation a été purement et simplement
annulée !
Autrement dit, ces élections n’ont
guère de valeur. Comme souvent dans ces cas-là, les plus déterminés sont allés
voter, ce qui a favorisé en l’occurrence l’opposition, de gauche ou « populiste ».
Cela confirme aussi, malgré toutes les réserves sur la participation, la « boboïsation »
des grandes villes, où se dessinent d’inquiétantes alliances entre les Verts
implantés dans le centre et les associations issues des « minorités »
de banlieues.
A suivre…
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