dimanche 16 février 2020
Sélection naturelle.
La
multiplication de cas de jeunes gens électrocutés par leur portable a suscité
un émouvant reportage cette semaine, sur une chaîne de télé sur laquelle je
suis tombé par hasard. Des parents éplorés et furieux y exigeaient que les
joujoux vendus à leurs gosses soient plus étanches. Des ados interrogés en
micro-trottoir, la forme suprême du journalisme pour les nuls, reconnaissaient
se servir de leurs engins fétiches sous la douche ou dans leur baignoire.
Personne à l’antenne
pour faire cette remarque de bon sens : n’a-t-on jamais indiqué à ces
andouilles qu’on ne se sert pas d’un appareil électrique dans l’eau, ou sous l’eau ?
L’être humain est,
comme on le sait, devenu son premier prédateur. Et sa connerie, un élément
essentiel de sélection naturelle.
Benjamin
Grivois.
Et un couac de
plus ! Le sieur Griveaux, candidat de l’Elysée à la mairie de Paris, a
donc démissionné suite à la divulgation sur les réseaux sociaux d’une vidéo
compromettante. En d’autres temps, on aurait ri de sa bêtise, fait des blagues
graveleuses, et laissé le couillon régler son linge sale en famille. Mais ça, c’était
avant…
-Avant les « réseaux
sociaux » et leur effet monstrueux de caisse de résonance.
-Avant l’éclosion
d’une génération de jeunes politicards exhibitionnistes ayant perdu toute « décence
commune », et se croyant à l’abri de tout effet de retour.
-Avant la
tartufferie généralisée sur tous les sujets, dans une France qui devient plus
pudibonde et hypocrite que l’Angleterre victorienne.
Presque toute la
classe politique, de Mélenchon à Le Pen, déplore la « politique de
caniveau » et l’américanisation de notre vie publique, ânonnant le couplet
habituel sur « le droit à la vie privée », etc…Seule Michèle Cotta,
dans Le Point, a poussé le coup de
gueule que j’attendais : Griveaux, comme Castaner en son temps lorsqu’il
écumait les boîtes de nuit en pleine crise des Gilets Jaunes, a tout simplement
montré qu’il n’était pas à la hauteur de sa tâche. Dans le monde d’aujourd’hui,
les plus intelligents doivent s’adapter à leur nouvel environnement numérique,
véritable jungle qui peut vous piéger au moindre faux pas. C’est triste, mais c’est
ainsi. Sélection naturelle, là encore…
Mais c’est
rigolo, cette fois, quand on en voit les conséquences. Une République en Marche
en panne de candidat, qui essaie lamentablement de racoler Villani après l’avoir
foutu dehors !
La
chute des Césars.
Quel est, au juste, le sens de cette « fronde »
réunissant tout un aréopage de réalisateurs bien en vue de la bien-pensance
moderne, suffisamment puissante pour faire démissionner la clique chargée de
distribuer les plus hautes récompenses du cinéma français ? Au départ, les
néo-féministes ont ouvert le feu en en dénonçant le « scandale » de
la nomination du film de Polanski (pour une affaire de plus de quarante ans,
dont la victime a renoncé à toute poursuite). Puis d’autres ont embrayé, en
reprochant à la sélection d’être trop « mâle » et trop « blanche ».
Et pour finir, ce sont les modalités de vote qui ont été attaquées. Sous ce feu
roulant, la vieille garde, trop lâche ou trop fatiguée, a jeté son tablier.
Dans le flot de
critiques, seul à mon sens le dernier reproche était digne d’être pris en
compte. Mais ne soyons pas dupes. Si l’ancien système s’était contenté de s’adapter
à « l’air du temps » (ou plutôt au terrorisme intellectuel ambiant),
en sélectionnant son quota de réalisatrices noires, musulmanes, grosses,
handicapées, homosexuelles et moches, il aurait été encensé.
Le
match Zemmour-Schiappa.
Je n’ai pas pu
le voir en direct sur Cnews, mais la vision en replay valait le coup. Marlène
Schiappa ne manquait pas de courage, d’aller ainsi au feu contre un redoutable
débatteur, attaquée de surcroît par SOS racisme pour oser faire de la pub au
diable en personne.
Elle n’a certes
pas brillé, handicapée qu’elle était par son inculture et son style maîtresse d’école
casse-couilles pour enfants demeurés. Mais quand même, fallait en avoir, ne lui
en déplaise ! J’ai surtout retenu du débat deux éléments essentiels, mis
en avant par Zemmour :
-vouloir lutter
contre toutes les discriminations est un combat sans fin, qui aboutit très vite
à sa propre contradiction : on finit toujours par être le discriminé de
quelqu’un. Loin de réconcilier les membres d’un peuple, elle ne fait que les
diviser, les opposer en catégories concurrentes et hargneuses.
-le grand
remplacement n’est pas un mythe, mais une constante de l’Histoire humaine. Et
comment ceux qui, d’un côté, nous disent que la France a toujours été un pays d’immigration
(ce qui est faux pour certaines longues périodes, notamment le millier d’années
séparant les dernières invasions normandes de la révolution industrielle,
accalmie « migratoire » qui a permis la création de l’identité
française), peuvent-ils affirmer que rien n’a bougé dans les composantes
ethniques de la population française depuis les années soixante ?
A ces remarques fondamentales, Marlène
n’a rien pu répondre. Elle n’avait pas de petites fiches là-dessus, sans doute.
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