dimanche 5 janvier 2020

Bonne année M. Macron, Carlos le fugitif, guerre irano-américaine


dimanche 5 janvier 2020

            Bonne année, M. Macron !

Que vous fûtes élégant et solennel, M. Le Président, pour votre 3e sermon télévisuel du Nouvel An ! Tâche ingrate s’il en est, surtout lorsque l’on constate que sur trois discours de ce type, deux ont pour contexte une grogne générale contre votre politique : en décembre 2018, le mouvement des Gilets Jaunes, et cette fois la fronde générale contre la réforme des retraites. Pour vos admirateurs, c’est le signe que vous allez au charbon, sans craindre l’impopularité, afin de mener les « réformes nécessaires ». Pour vos adversaires, c’est la confirmation que vous êtes bien le « petit soldat du capitalisme », prêt à tout pour satisfaire vos vrais maîtres, les marchés financiers et certaines entreprises telles que le fonds de pension américain Black Rock, dont le président de la branche française vient d’être décoré de la Légion d’Honneur.
Mais vous êtes resté le roi du « en même temps », apparemment droit dans vos bottes pour poursuivre la démolition de l’ancien régime des retraites, mais prêt à des concessions dont vous laissez la responsabilité à votre Premier Ministre. Du grand art ! De la même manière, le mantra de la « fin des régimes spéciaux » et de l’ « équité » peut parfaitement s’accommoder de multiples petits arrangements catégoriels : gendarmes, militaires, policiers (il est vrai que s’ils se mutinent, vous êtes mort), personnel de l’opéra de Paris (vitrine culturelle où les grands de ce Monde aiment à s’afficher), députés et sénateurs (ils servent encore à quelque chose), et j’en passe…
Pour ma part, j’ai pris une bonne résolution cette année, celle de contribuer à casser les pieds de votre chouchou Blanquer, en me joignant au mouvement visant à saboter ces partiels foireux mis en place au lycée en dépit du bon sens, dans un délire technicien dont l’Ed’Nat a le secret.

            Carlos’ s gone.

Que ces Japonais sont naïfs ! S’imaginer qu’un type plein de ressources comme Carlos Ghosn allait sagement attendre sa mise à mort judiciaire prévue pour avril prochain ! Mais le gaillard a su user de ses relations et de son pognon : une évasion tranquille, à bord d’un jet privé qui l’a conduit au Liban, via la Turquie, avec un double de son passeport français. La grande classe ! Comme l’a fort bien résumé un internaute facétieux, la carrière de l’ex-PDG de Renault Nissan peut donc se résumer au nom de trois modèles fameux de la marque au losange : Trafic, Captur, et Evasion.

            Guerre Iran/ Etats-Unis.

Officiellement, nous n’en serions pas là, même après l’exécution du général Soleimani, prestigieux chef militaire iranien, par une frappe américaine sur le sol irakien. Les Iraniens se préparent à des représailles de grande envergure, les Ricains promettent en retour de détruire 52 cibles (autant qu’il y a eu d’otages américains à Téhéran en 1979-80 : ils ne l’ont toujours pas digéré) stratégiques et « culturelles » (des mosquées peut-être ?  quelle bonne idée !)
Dans le numéro 24 de la revue Conflits, l’avocat iranien Ardavan Amir-Aslani, auteur d’intéressants ouvrages sur l’Iran et l’Arabie saoudite, rappelle à juste titre à quel point son pays d’origine est un acteur essentiel du Moyen-Orient, qui pourrait jouer un rôle extrêmement positif si les Occidentaux comprenaient enfin qu’il faut l’aider à sortir de son isolement au lieu de l’enfermer dans le rôle du « grand méchant loup », pour la plus grande satisfaction de Ryad et de Tel-Aviv. Mais non : Washington fait ce qu’il veut, et ses laquais européens, s’ils n’applaudissent pas une politique absurde, se gardent bien de s’y opposer frontalement. Le bon petit soldat de l’UE qu’est notre Petit Prince pourra toujours faire des moulinets, comme d’habitude.

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