dimanche 24 novembre 2019

Régimes spéciaux, les nouveaux gardes rouges et leurs complices.


dimanche 24 novembre 2019

            Pour ou contre les régimes spéciaux ?

La grogne monte de plus en plus contre la belle réforme des retraites préparée ( ??) par le gouvernement. Même les soutiens « naturels » du pouvoir macroniste ruent dans les brancards :
- La CFDT, qui au départ approuvait l’idée d’une réforme par « points », a claqué la porte. Sa branche cheminote, rejointe par la CGC, appelle maintenant à rejoindre grèves et manifs prévues pour le 5 décembre prochain.
- De l’autre côté de l’échiquier social, Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, estime que le gouvernement manque de clarté dans son projet. Les couacs –sur ce sujet comme bien d’autres- se multiplient au sein de l’équipe censée diriger notre pays.
Jouant les Sarko au petit pied, Macron contre-attaque en voulant faire de la journée d’action prévue un référendum « pour ou contre les régimes spéciaux ». Toujours diviser pour régner, le vieux truc usé qui peut encore marcher, en jouant sur la passion égalitariste des Français et l’analyse politique du café du commerce :
« Est-ce que vous trouvez normal, franchement, qu’il y en ait qui partent en retraite à 55 ans, alors que d’autres triment toute leur vie pour une pension de misère, hein ? »
Ben tiens, la pénibilité, parlons-en. Faut-il mettre les policiers dans le paquet commun ? Dans le contexte actuel quelque peu tendu –ce n’est pas le moment de fâcher les pauvres types épuisés chargés de défendre ce qui reste de République- le gouvernement envisagerait de pondérer les points en fonction de la pénibilité. Selon quels paramètres ? Mystère.
Un euro cotisé = même valeur en point retraite pour tous, disait le candidat Macron. Faudrait savoir ! Si on doit bidouiller les points en fonction du travail effectué, autant maintenir les régimes spéciaux, en les aménageant si besoin au cas par cas et au fil du temps.
Comme le rappelle un article historique dans le dernier Marianne (n°1184), les premiers régimes de retraite inventés au France (à partir du 17e siècle) étaient justement des « régimes spéciaux ». La question qui nous est posée est en réalité : pour ou contre le droit à une retraite décente ?

            Les gardes rouges et leurs complices.

Depuis quelques mois, un étrange climat de terreur intellectuelle s’est abattu sur notre pays.
Dans les universités, des comités de vigilance étudiants, s’inspirant de l’idéologie politiquement correcte des campus américains tendance « Evergreen », font désormais la liste des cours qui pourraient « choquer » ceux qui y assisteraient. Les vilains profs mal-pensants sont désormais sur liste noire. Dans les mêmes facs, des invités jugés incorrects sont finalement contraints de renoncer à leur intervention, sous peine d’être agressés verbalement voire physiquement. Les « autorités » universitaires, pour éviter les ennuis, annulent purement et simplement ces visites « impures ». Il est vrai que Henri Pena-Ruiz, Sylviane Agacinski ou François Hollande sont d’horribles fachos ! Et pour faire bonne mesure, on déchire ou on brûle leurs bouquins.
Ailleurs, on chasse les sorcières devenues têtes de Turc : Zemmour, Finkielkraut, Renaud Camus en les traquant dès qu’ils sortent de chez eux, ou en faisant pression pour les bâillonner. Scène vécue en salle des profs de mon lycée. Alors que nous lisions, avec quelques collègues, le programme du festival de Pau « les idées mènent le monde », auquel « Finky » est invité, une collègue s’exclame « Finkielkraut ? Et pourquoi pas Zemmour tant qu’on y est ?
-Pourquoi pas en effet, dis-je en substance. Ce serait intéressant !
-Ah bon ? Tu aimes Zemmour, toi ? s’offusque-t-elle, comme si j’avais avoué des penchants pédophiles.
-Mais non voyons, il plaisante », intervient une autre, croyant me sauver la mise et ne pouvant imaginer qu’un être tel que moi ait pu basculer du côté des forces du Mal.
-Non, je ne plaisante pas ! Je trouve ce type intéressant, si on prend le temps de l’écouter. »
            Gêne dans l’assistance, et on passe à autre chose. Je précise que les collègues en question, lorsqu’elles évoquent leur métier et l’attitude de certains de leurs élèves, font des constats que ne désavoueraient pas ceux-là mêmes qu’elles honnissent par réflexe panurgien de l’intellectuel « de gauche » nourri aux mamelles de Mediapart, Libé, Le Monde ou Télérama.
De leur côté, les acteurs institutionnels ne restent pas inactifs. La Maif, qui veut sans doute mériter son qualificatif publicitaire « d’assureur militant », a décidé de retirer ses annonces des plages de pub entourant les émissions de Zemmour sur CNews. Pour avoir vu quelques-unes de ces dernières, j’ai été surtout frappé par le fait que le vilain petit canard médiatique laisse beaucoup parler ses invités, y compris et surtout ceux qui ne pensent pas comme lui. Il est vrai qu’aujourd’hui, la tendance des « bons » chroniqueurs et journalistes est exactement inverse :
Un : j’invite des gens que j’aime bien ou qui sont bien en cour, et je leur sers la soupe.
Deux : j’invite un « méchant » pour faire le buzz, et le je lui casse la gueule verbalement…ou je le pousse à bout pour qu’il pète un câble.
            La Maif, assureur qui milite, va encore plus loin en mettant unilatéralement fin au contrat qui la liait avec un site internet jugé sulfureux, à savoir « Breizh Info ». Nouveau coup dur pour ce site, qui a également cessé d’être référencé par Google. Car les GAFAM, n’en doutons pas, sont du côté des forces du Bien.
Finalement, le « Système » a de beaux jours devant lui : alliance des gardes rouges de la pensée et du Grand Capital pour museler les dissidents, sabotage systématique des grandes manifestations sociales par de mystérieux « anarchistes » quasiment insaisissables (et curieusement absents lors du défilé des islamistes et de leurs complices gauchistes le 10 novembre)…la stratégie d’étouffement se dessine, si tant est qu’il y ait une stratégie bien consciente, ou une simple convergence naturelle mêlant petits calculs et connerie profonde.
Une grande coalition unissant le clergé médiatico-intellectuel, la guilde des marchands et les adorateurs de Mahomet. Le nouvel âge des ténèbres a commencé.
Ne reste au citoyen lucide qu’à se préparer au désastre qui vient, en préservant ce qui peut l’être, à commencer par son indépendance d’esprit. Les idées claires et la poudre au sec, comme disait Hercule Poirot dans les romans d’Agatha Christie.

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