vendredi 25 octobre 2019

Chiens abandonnés, Voile et Zemmour


vendredi 25 octobre 2019

            « Nous sommes seuls ! »

Ce n’est pas le cri de désespoir des Kurdes syriens, honteusement lâchés par les Ricains et leurs valets européens, mais celui de Jacques Attali. C’était il y a quelques jours, sur France Info. L’éminence grise mondialo-libérale dressait un constat lucide, après les dernières foucades trumpiennes : le Monde n’est pas fait de bisounours, l’Union européenne est inexistante politiquement sur la scène internationale, dépourvue qu’elle est d’une diplomatie solide et d’une force militaire suffisante. Elle doit enfin rompre le cordon avec des Etats-Unis qui ne jouent plus leur rôle de « protecteur raisonnable », qu’ils assumaient depuis 1947 pour se comporter de plus en plus en tyrans capricieux et stupides. L’OTAN, dont fait partie la Turquie, ne veut plus rien dire et ne sert plus à rien.
Mais Maître Jacques ne se fait guère d’illusions sur la capacité des Etats européens à réagir. La faute, selon lui, aux vilains populistes d’Europe de l’Est, mais aussi à la Russie qui ferait tout pour nous diviser, ne serait-ce qu’en effrayant ses anciens satellites qui s’accrochent encore à Washington en lui achetant moult matériel militaire.
Pas faux, mais le mal est plus profond selon moi. Comment nos dirigeants (je parle ici surtout des Occidentaux), tous formatés par la doxa libérale-mondialiste-atlantiste, ne parlant entre eux qu’en anglais-américain, refusant de définir l’identité européenne et ses frontières, pourraient-ils bâtir quoi que ce soit qui aille dans le sens d’une « Europe-puissance ?
Ils sont aujourd’hui aussi pitoyables que des chiens perdus, avec encore le collier au cou et la laisse qui traîne par terre. Ils seraient sans doute plus rassurés si une autre puissance venait la ramasser pour les ramener à la niche.

            Tout voile dehors.

En montrant du doigt une femme voilée, mère d’élève accompagnant une sortie scolaire au Conseil Régional de Bourgogne, l’élu RN Julien Odoul s’est offert une belle notoriété. Aussitôt lynché par les hordes bien-pensantes, désavoué par son parti, il a sans conteste recueilli l’approbation profonde de bon nombre de ses compatriotes.
Certes, la loi française, depuis 2015 (encore bravo Najat et les Socialistes !) autorise des femmes voilées à escorter des élèves. Mais au-delà des textes, beaucoup de Français, de toutes origines, ne supportent plus cette colonisation religieuse pilotée par les Salafistes. Cette occupation rampante de l’espace public, cette recherche du clash victimaire pour crier à « l’islamophobie » à de quoi rendre méchant.
Furieux, je l’ai été en voyant le comportement de la pseudo-journaliste Laurence Ferrari, qui a reçu Odoul pour lui faire le grand numéro de la maîtresse d’école-procureur : « Regardez cette photo (le gamin en larmes dans les bras de sa mère) ! Vous êtes fier de vous ? Vous n’avez pas honte ? » Viens-là que je te tire les oreilles ! Le malheureux élu ne pouvait même pas en placer une. D’emblée, je ne pouvais que sympathiser avec lui. Non seulement la mère Ferrari a piétiné les règles de bonne conduite journalistique, mais elle totalement desservi la cause qu’elle croyait défendre. Zéro pointé.

            La chasse au Zemmour, ou scène ordinaire du « Moulag ».

C’est un peu la même histoire avec celui que les bien-pensants qui se disent de gauche adorent détester, Eric Zemmour. Je n’ai pas lu son dernier bouquin, qui paraît-il fait remonter le déclin de la France à la Révolution et aux Lumières, et contiendrait une pensée « maurrasso-pétainiste ». Même Voltaire ne trouverait pas grâce à ses yeux.
Mais en ce cas, la meilleure réponse ne serait-elle pas de lui appliquer la maxime voltairienne : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai toujours pour que vous ayez le droit de le dire » ?
Au lieu de quoi, pour Zemmour comme pour d’autres, on assiste à une campagne d’éradication médiatique et à une chasse aux sorcières : les annonceurs déclarent boycotter les émissions où il apparaît ; des syndicats de techniciens et de journalistes s’opposent à sa présence sur les chaînes du groupe Bolloré ; une justice partisane répond présente à chaque dépôt de plainte des pseudo-antiracistes.
L’Etat macrono-libéral n’a plus rien à faire, sinon laisser mordre les chiens de garde de ce que Jean-Yves le Gallou appelle fort justement le « Moulag », le Goulag mou qu’est devenue la Ve République finissante. Et qui donne de plus en plus envie d’en finir avec elle.

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