dimanche 3 novembre 2019
Les voyages forment-ils le Macron ?
En tout cas, ils
ont le mérite de lui rappeler certaines réalités : immigration sauvage à
Mayotte, crise économique et sociale à la Réunion, désastre environnemental à
Rouen…le Petit Prince a été confronté au mieux à une soupe à la grimace, au
pire aux huées et au rejet de citoyens qui ne croient plus en lui, ni –ce qui
est plus grave- en la parole de l’Etat.
« Vous êtes
injuste ! » a-t-il répondu à une Rouennaise qui lui reprochait de ne
venir sur place qu’un mois et demi après l’incendie de l’usine Lubrizol (et
encore, le Président n’a même pas voulu s’approcher du site…sait-on jamais,
hein, mais rassurez-vous, bonnes gens !). Encore quelques séances comme
cela, et Emmanuel va se changer en Caliméro.
SNCF, hôpitaux, retraites…
Tout va mal.
Guillaume Pépy fait ses valises en laissant un géant national complètement
déboussolé. Agnès Buzyn (que François Bayrou suggère, par je ne sais quelle
aberration mentale, d’envoyer aux municipales à Paris) s’avère incapable de
redresser la barre d’une gestion calamiteuse de la Santé publique. Jean-Paul
Delevoye, bon petit soldat de la Macronie chargé d’élaborer un système de
retraite par points –catastrophique pour les futurs retraités- est sur le point
de connaître le sort de Jean-Louis Borloo et de son Plan Banlieues : le
désaveu pur et simple, ou le renvoi à plus tard pour ne pas enflammer la rue.
Qu’il est dur d’être
un libéral aujourd’hui. Etre soutenu par Agnès Verdier-Molinié ou les
éditorialistes des Echos peut
remonter le moral, mais ces cons de Français ont l’air de tenir à ces
antiquités que sont les services publics et le pacte social qui est le nôtre
depuis la Libération !
Tour du Monde des révoltes.
Intéressants
articles dans la rubrique « évènement » du dernier Marianne (1-7/11/2019), dont une double
page sur ces révoltes qui secouent la planète, du Chili à Hong Kong en passant
par l’Algérie. Sur la douzaine de vagues de protestations recensées, cinq sont
considérées comme essentiellement ou partiellement économiques, sept étant plus
fondamentalement politiques. A mon avis, la distinction n’est pas évidente, le
contexte économique étant à mon avis partout déterminant. Si l’Algérie avait
été correctement gérée par le FLN depuis 1962, les protestataires d’aujourd’hui
seraient bien moins nombreux et déterminés. Si la Catalogne et Hong Kong n’étaient
pas les régions les plus riches de leurs pays respectifs, les « rebelles »
auraient certainement moins d’audace et de moyens d’action.
En tout cas,
comme l’affirme Michael Pettis dans le même journal, c’est bien une guerre de
classes qui se profile un peu partout. Si, en France, nous n’avions pas la
gauche la plus bête du Monde, convertie qu’elle est aux joies de la religion
écolo-communautariste-bien-pensante, nous pourrions nous aussi surfer sur la
vague. Nous en avions l’occasion l’an dernier avec les « Gilets Jaunes »,
nous l’avons manquée.
Connerie au-delà des Pyrénées et
des Alpes.
J’étais un peu
injuste avec la gauche française dans l’article précédent. Les gauches
espagnoles et italiennes (mais je crains que le phénomène ne soit carrément
européen) ne sont pas mal non plus.
En Espagne, les
socialistes réussissent l’exploit de rallumer deux incendies à la fois :
-la mémoire de
la Guerre Civile, avec l’exhumation de Franco de son mausolée. Et quelle bévue
touristique ! Visiter la Vallée de Los Caidos sans voir la tombe du
Caudillo, c’est comme aller à Disneyland sans voir Mickey !
-le séparatisme
catalan, avec les lourdes peines de prison infligées aux leaders ayant lancé le
référendum sur l’indépendance de la région.
En Italie, le
Mouvement Cinq Etoiles croyait faire une bonne affaire en rompant son pacte
avec la Ligue pour rallier les sociaux-démocrates. Au menu de la nouvelle
coalition : bisous à l’UE et ouverture des ports aux migrants. Prix à
payer : série de claques électorales et retour en force de Salvini. Bien
vu l’aveugle !
Bravo Poutine !
Trump peut bien
se gargariser d’avoir été en poste au moment où le sinistre Baghdadi, chef de
Daesh, a été éliminé par les forces spéciales américaines –avec l’aide de ces
mêmes Kurdes qu’il a si élégamment abandonnés- les médias n’ont retenu que la
performance de la sympathique chienne nommée « Conan », qui a traqué
la bête immonde jusqu’à ce que cette dernière se fasse sauter avec deux pauvres
gosses.
On sait très
bien, depuis la mort de Ben Laden en 2011, que l’exécution de leaders
terroristes ne sert qu’à satisfaire l’appétit de vengeance, à mon avis
parfaitement légitime, suscité par leurs crimes. Sur le terrain, les
organisations de type « Al Qaïda » ou « Daesh »,
fonctionnant sur le modèle de la nébuleuse ou de la champignonnière, peuvent
largement survivre à ce genre d’opérations, et même en tirer parti.
Le vrai gagnant
en Syrie, c’est évidemment Vladimir Poutine, qui a joué admirablement ses
cartes, sans s’encombrer des prêchi-prêcha gnangnan qui font tellement de
ravages dans les cervelles occidentales. Il a sauvé son allié Bachar El-Assad,
montrant ainsi que Moscou est un partenaire infiniment plus fiable que
Washington, Paris ou Bruxelles (j’en vois qui rigole, là-bas au fond !),
contenu la Turquie qu’il a plus ou moins mis dans son jeu, sauvé de facto les
Kurdes de l’anéantissement. Un chef d’Etat et un stratège. Nous n’avons plus l’habitude
de voir ça chez nous. C’est sans doute pour ça qu’il fait peur à certains.
Tunisie : fin de l’illusion démocratique.
La large
victoire (77%, avec 55% de participation seulement) du « conservateur »
Kaïs Sayed, présenté dans Le Monde
comme un « Monsieur Propre », champion du Droit, montre à quel point
ce pays encensé pour son attachement à une certaine démocratie est
fondamentalement fragile. Aucun gouvernement depuis 2011, qu’il soit libéral ou
conservateur-religieux, n’a réussi à tirer le pays de l’ornière économique et
sociale. Le dégagisme a joué là encore, avec les Islamistes en embuscade,
puisque le sieur Sayed, qui leur est favorable au fond, ne pourra pas gouverner
sans eux. Cela prouve encore une fois la difficulté d’exporter la démocratie
libérale, qui se veut universelle, mais ne prend sens et racine que dans
certains espaces de civilisation. Et le danger qu’il y a à laisser se
développer, chez nous, une contre-société islamique issue d’une autre
civilisation.
Attentat de Bayonne : le festival des dhimmis.
« Date
fondatrice ! » a bramé Jean-Luc Mélenchon, dont la fin de carrière
politique s’apparente de plus en plus à un naufrage. Mais fondatrice de quoi ?
Les réactions à l’acte fou d’un vieillard déséquilibré sont plutôt la
confirmation jusqu’à la nausée du deux poids deux mesures qui règne dans
certaines sphères médiatiques et « intellectuelles » d’un Occident
dégénéré.
Quand Al Qaïda tue
près de 3000 personnes aux Etats-Unis en 2001, passée l’inévitable compassion
pour les victimes innocentes, on ne tarde pas à mettre en accusation les
Etats-Unis eux-mêmes et les Occidentaux en général. Qu’avez-vous donc fait aux
Musulmans pour les mettre ainsi en rogne ? Et puis, attention, pas d’amalgame,
hein !
Quand des
terroristes Islamistes massacrent les journalistes, des Juifs et un peu n’importe
qui en France en 2015, même son de cloche.
Quand un
islamiste isolé égorge ses collègues de la préfecture de Police en 2019, on
évoque d’abord son handicap et ses problèmes psychologiques.
Et les Français,
dans leur immense majorité, tiennent bon et ne se livrent pas à des
représailles aveugles qui n’auraient pas manqué de se produire en d’autres
temps et d’autres lieux. Il aura suffi qu’un vieux bonhomme en blesse deux
autres devant une mosquée, à laquelle il tentait de mettre le feu, pour que son
ancienne appartenance au FN soit aussitôt mise en avant, et que la France entière
soit sommée de rendre des comptes sur son « islamophobie ». Avec sans
doute Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et Mohamed Sifaoui en victimes
expiatoires, même si beaucoup de choses les séparent. Leur péché commun étant d’être
taxés d’islamophobes.
Mais comment,
bon sang, dans le Monde d’aujourd’hui et dans l’état actuel de l’Islam, ne pas
être islamophobe ? Ne pas avoir peur de l’Islam (c’est le sens même du mot
« islamophobie »), c’est être totalement aveugle, ou déjà soumis dans
sa tête. Les premiers responsables de la haine dont peuvent être victimes les
Musulmans sont d’abord ceux, issus de leurs rangs, qui agissent en leur nom et
font régner un climat de terreur intellectuelle ou physique partout où ils se
sentent assez forts pour le faire.
Que des crétins
non-musulmans, déjà « dhimmis » (minorités religieuses « protégées »
en terre d’Islam) dans leur tête, tombent dans le panneau victimaire en
comparant le sort des Musulmans français à celui des Juifs sous Hitler ou sous
Pétain, est absolument démentiel.
La terreur des
uns est relayée par celle des autres, ces gauchistes et faux antiracistes « intersectionnels »,
qui font pression dans les facultés et les lieux culturels pour empêcher les mal-pensants de s’exprimer,
avec la lâche complicité des autorités et la bienveillance des « bons
médias ».
Comment L’Histoire
raconte l’Histoire.
Abonné au
magazine L’Histoire depuis 1987, je m’énerve
ou m’amuse, selon mon humeur, à en constater l’évolution idéologique,
révélatrice de celle de l’université française. Le magazine, prompt à dénoncer
la mal-pensance historique, a créé il y a quelques années une rubrique intitulée
« la Perle de Clio », destinée à épingler les énormités de tel ou
tel, sur tel ou tel sujet. A plusieurs reprises, j’ai écrit à ce périodique pour
pointer, moi aussi, ce qui pouvait relever du discutable dans leurs propres
colonnes. Je n’ai jamais été publié, malgré le soin apporté à mes messages et
ma recherche d’arguments solides, ce qui m’a amené à conclure que les opinions
dissidentes n’avaient pas leur place dans L’Histoire.
J’inaugure donc
aujourd’hui ma rubrique « Les perles de l’Histoire ».
-Dans le
numéro spécial « Afrique du Sud » (Hors-série n°85, octobre 2019)
François-Xavier Fauvelle et François Bon
évoquent le passé de ce pays avant l’arrivée des Blancs. Fidèles sans doute à la
nouvelle doxa qui, non seulement rejette avec horreur le concept de « race »,
mais répugne en outre à user de celui d’ « ethnie », les auteurs
ne parlent que de peuples de « langue bantoue » ou de « langue
khoï » ou « san ». Admettons. Mais en page 18, le commentaire d’une
peinture rupestre (celle de Christol Cave) identifie les petits hommes bruns comme
étant des Sans, et les grands Noirs des Bantous. Il faut croire que la langue a
des effets inattendus sur le physique !
-Dans
le numéro n°465 : « Amérique latine »
(novembre 2019), rubrique « livres » : Un articulet consacré au
dernier ouvrage de Jean-Clément Martin, Les
échos de la Terreur. Vérités d’un
mensonge d’Etat. Pour ceux qui l’ignorent, Jean-Clément Martin fait partie
de ces révisionnistes bien en cour dans le milieu universitaire, qui a bâti sa
carrière sur la réhabilitation de Robespierre, la négation du massacre des
Vendéens, et tout dernièrement, sur la notion même de « Terreur ». Celle-ci
aurait été un fantasme, construit par les réactionnaires thermidoriens et leurs
épigones. Gageons qu’en 2243, il se trouvera un éminent historien pour nous
affirmer que l’on a beaucoup exagéré la criminalité d’Hitler, que celui-ci a
fait l’objet d’une légende noire mensongère, forgée par les vainqueurs de
1945 pour justifier leur domination planétaire.
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