dimanche
29 septembre 2019
Adieu Jacquot.
Comme on le disait déjà du Duc de Guise après son
assassinat, nos hommes politiques apparaissent bien plus grand morts que
vivants. Jacques Chirac n’échappe pas à la règle, tant il croule sous les
hommages, portant d’ailleurs davantage sur sa personnalité que sur son bilan. J’avoue
néanmoins être ému, tant le bonhomme aura bercé ma jeunesse et enchanté la
verve des caricaturistes dont je me suis régalé. Et puis, un homme qui nous a évité
de nous mêler à la guerre d’Irak en 2003 ne peut être que mille fois remercié.
Le bûcher de Rouen.
Comme disait Chirac, « notre maison brûle et
nous regardons ailleurs ». En l’occurrence, c’est la mort de l’ex-président
qui a détourné momentanément l’attention des médias du désastre environnemental
rouennais. L’incendie de l’usine Lubrizol, déjà épinglée à de nombreuses
reprises pour ses manquements à la sécurité, est révélateur des périls qui nous
guettent depuis que nous multiplions les zones à risques industriels. Mais
soyons cohérents : vaut-il mieux délocaliser chez les autres, et ne garder
que des activités de service en France ? On sait ce qu’il en coûte en matière
d’emplois et d’indépendance nationale. Renforçons donc la sécurité, sans
mégoter sur ce que ça coûte.
Et puis, finalement, les Rouennais ont eu de la
chance : si c’était la cathédrale qui avait flambé, ils auraient perdu un
trésor architectural, et écopé d’une méga-pollution au plomb en plein centre-ville,
comme à Paris !
Régimes spéciaux de retraite.
Le gouvernement veut paraît-il en finir avec eux, au
nom de l’égalité et de l’équilibre des comptes sociaux. Evidemment, c’est la
bronca de toute part, tant on a laissé s’accumuler des cas particuliers :
cheminots, RATP, indépendants, professions libérales, élus…Fonction publique ou
secteur privé, personne ne semble emballé par le projet proposé, à savoir une
retraite par points calculée sur l’ensemble de la carrière, et ce pour tout le
monde.
Dans les faits, quasiment tout le monde sera perdant,
d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, on oublie aussi que ces
particularismes ont été adoptés, au fil du temps, en fonction de revendications
et de spécificités propres au métier. Il ne s’agit pas forcément d’odieux
privilèges, et s’y attaquer comporte des risques que le gouvernement ne pourra
assumer que s’il s’en prend aussi sérieusement aux méga-retraites des PDG, ou à
celles des députés, sénateurs, anciens ministres, etc…Chiche ?
Alstom, la mise à mort.
General Electric organise la mise à mort
systématique de ce fleuron national, bafouant ainsi tous les engagements pris
envers des autorités françaises des plus complaisantes lors du rachat de l’entreprise.
La SNCF, qui décidément, comme le dit mon oncle ancien cheminot, ne mérite plus
son nom, lui porte le coup de grâce en préférant commander ses nouvelles
motrices chez un fabricant espagnol. On a beau avoir l’habitude de voir notre
pays se saborder de tous les côtés, cela fait toujours mal. Et encore plus mal
à ces milliers de gens jetés sur le carreau.
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