mardi
28 mai 2019
Européennes :
petite satisfaction.
Ouf ! Ce que je craignais n’a pas eu lieu :
la liste Macron n’est pas arrivée en tête aux Européennes. Comme je l’avais
annoncé, j’ai donc mis, pour la première fois de ma vie d’électeur, un bulletin
RN dans l’urne. Vote purement stratégique, comme je l’ai expliqué à ceux qui,
autour de moi, pouvaient s’en offusquer. Quand je pense que mes premiers pas en
politique furent dans les rangs du PS et de SOS Racisme ! Cela fait
bizarre. Mais je n’ai pas à avoir honte. D’abord parce que le RN n’est plus le
FN des années 1980. Ensuite parce que le paysage politique, économique, social
et culturel a lui aussi changé. Enfin, parce que les premiers responsables de
ma « dérive » sont d’abord ces partis de gauche dans lesquels j’avais
cru, et qui se sont révélés nullissimes, traîtres à leurs fondamentaux, la
défense du peuple, de la Nation et des acquis sociaux.
Les résultats sont donc relativement satisfaisants.
Avec une participation plus forte que d’habitude (un poil plus de 50%), le RN
du jeune Bardella, qui s’est montré à la hauteur malgré les empiètements d’une
Marine qui craignait sans doute qu’il lui vole la vedette, est arrivé en tête
avec 23,5%. C’est moins qu’aux européennes d’il y a cinq ans, mais méritoire
compte tenu des efforts déployés par le gouvernement et les médias « mainstream »
pour nous terroriser avec l’hydre nationaliste.
La mère Loiseau ne s’en sort pas si mal, même si le
pari est loupé, avec ses 22,5%. Cela fait autant de sièges au Machin que le RN.
Jadot (canal Vert « historique ») fait un bon score, bien que les
thèmes écolos aient été repris par quasiment tous ses concurrents. En 3e
position (13,5%), il laisse loin derrière les « vieux partis ». Les
Ripoublicains sont ridiculisés (8,5%), bouffés sur leur « droite »
par le RN et sur leur « gauche » par LREM. Réduits à un noyau dur de
conservateurs-libéraux un rien moisi, ils doivent d’urgence se redéfinir ou
disparaître. Compter sur les résidus de l’UDI (2,5%) pour refonder la droite
est totalement illusoire, ce dernier carré des vieux centristes a pour vocation
d’être satellisé par la Macronie.
Même topo à gauche : LFI paye ses errements
stratégiques en tombant à 6,3%, à peine devant le repreneur du PS, Glucksmann
(6,2%), pourtant assez piteux dans sa campagne. Hamon (3,3%), sans doute lassé
d’être ridicule, vient d’annoncer sa mise en retrait de la vie publique.
Quant au PCF (2,3%), il dépasse à peine le Parti Animaliste
(2,2%). Ce dernier pourra peut-être prendre fait et cause pour l’espèce des
Cocos en voie de disparition.
Parmi les nombreux outsiders, Dupont-Aignan (3,5%)
aura au moins la satisfaction de se faire rembourser ses frais de campagne.
Mais pour lui aussi, ça sent le sapin. Le parti communautariste musulman (UDMF),
dont j’étais curieux de connaître le score, ne fait pas un tabac (0,1%).
Philippot est dans les choux (0,7%), et l’Alliance Jaune du foutraque Francis
Lalanne achève de démontrer que les Gilets Jaunes n’ont pas vocation, pour l’heure,
à jouer aux politiciens (0,5%).
Ailleurs en Europe, il est intéressant de constater
les bons scores des vilains populistes dans les pays où ils sont au pouvoir (Italie,
Hongrie, Pologne), ou au Royaume-Uni, même si les Européistes, dans ce dernier
cas, peuvent se consoler en constatant que l’addition des scores de tous les
partis anti-brexit dépasserait les voix obtenues par Ukip.
Au Parlement Européen, pas grand-chose ne change.
Nous aurons sans doute une coalition PPE/ADLE/SD, soit la clique habituelle des
pensionnaires de la boîte à fromage.
Enfin, une bonne nouvelle pour la route, la claque
prise par Valls à Barcelone aux municipales. Et notre transfuge national de
déclarer, tout honte bue, qu’il serait prêt à retraverser les Pyrénées si on
avait besoin de lui au gouvernement. Quel homme ! Il est vrai qu’il nous
manque tellement…
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