Dimanche 9 décembre 2018
La Grande Peur (péril jaune, suite…)
Le bilan de la
journée d’hier est des plus intéressants. Le Pouvoir a mis le paquet pour
sécuriser les hauts lieux de la capitale, quitte à tirer au maximum sur la
ficelle des moyens humains et matériels disponibles. La Place de l’Etoile et
les Champs Elysées étaient remplis de véhicules et de policiers, tandis que l’on
donnait ici ou là blindés et cavalerie. Plus d’un millier d’arrestations préventives sont venues s’ajouter au dispositif, dans une atmosphère d’Etat d’Urgence
qui n’ose pas dire son nom. Tout ça avait un petit côté « on va vous
montrer qui c’est Raoul », ou « il faut sauver le Soldat Castaner ».
Mais force est
de constater que cela n’a guère été utile. La Grande Peur n’a pas disparu, et
Paris s’est transformé en ville morte ce week-end, à quinze jours de Noël :
grands magasins, musées et monuments fermés. Le manque à gagner et les dégâts
en termes d’image de marque sont catastrophiques. Par ailleurs, pillages et
casse se sont dispersés à travers la métropole, là où la police n’était pas aussi
présente, tandis que les incidents violents se sont multipliés en province à
Caen, Bordeaux, Toulouse…Si la mobilisation est relancée le week-end prochain,
de nombreuses entreprises en faillite pourront remercier la « fermeté »
des autorités.
Notre Petit
Prince, vers qui convergent tous les reproches, et qui s’est, paraît-il, défaussé
en petit comité sur ses seconds couteaux (quel courage !), devrait s’adresser
au bon peuple en début de semaine prochaine. Mais pour dire quoi ?
Remettre à plat
les institutions, la fiscalité, les grandes orientations économiques
nationales, suppose des marges de manœuvre dont la France ne dispose plus
depuis qu’elle s’est livrée pieds et poings liés aux marchés financiers et au
contrôle sourcilleux des technocrates de Bruxelles. Or, Macron est la créature
de cette oligarchie mondialisée avant d’être l’élu d’un peuple qu’il méprise
souverainement. Comment pourrait-il, à moins d’un miracle, jeter aux orties sa
doxa libérale-réformiste au profit d’une « autre politique »
suffisamment convaincante pour emporter l’adhésion d’un mouvement par ailleurs
très complexe et disparate ? Selon toute vraisemblance, le Petit Prince
nous réserve un grand numéro de poudre aux yeux destiné à nous la « faire
à l’envers ». A moins que…
Le
Pacte de Marrakech dans mon lycée.
Une intense
polémique a été ouverte sur les réseaux sociaux quant au contenu du Pacte de
Marrakech sur les migrations. Plein de bonnes intentions, ce Pacte
représente-t-il une menace mortelle pour les pays d’accueil des migrants venus
d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’ailleurs ? Les bien-pensants balaient tout
cela d’un revers de main : mais non voyons, y a pas de quoi fouetter un
chat, et puis d’ailleurs cela n’a rien de contraignant…
De quoi s’agit-il ?
En gros et pour faire simple, de faire plus et mieux pour les migrants, y
compris au niveau de la communication, afin de les valoriser et de faire
accepter l’idée qu’il va falloir en recevoir davantage, et que cela constitue
une « chance » pour les vieux pays développés égoïstes que nous
sommes. Message déjà reçu 5/5 par le co-auteur du documentaire diffusé sur France
2, Histoires d’une Nation, venu faire
de la retape dans mon lycée. Comme cela collait avec le programme d’Histoire-géo
de 1ere, je me suis associé à l’évènement, pour découvrir à quel point le
dernier épisode de ce documentaire, par ailleurs intéressant et émouvant, était
un monument de propagande immigrationniste. Apparemment, le logiciel mental des
auteurs est resté bloqué aux années 1980, tendance « Touche pas à mon pote ».
Ayant adhéré à ce dernier mouvement à l’époque, je me sentais d’autant plus en
droit d’apporter la contradiction à l’intervenant, quelque peu embarrassé
lorsque je lui ai fait remarquer que son documentaire faisait l’impasse totale,
ou presque, sur la question de l’islamisme. Et que son éloge du
multiculturalisme faisait le lit d’un communautarisme aussi contagieux que
dévastateur. Au passage, le même auteur nous a lâché qu’une naissance sur deux,
aujourd’hui en France, était « métissée ». Métissée de quoi ? D’où
sortait ce chiffre, puisque la République ne reconnaît aucune statistique
ethnique ? Je n’ai pas pensé à poser la question. Mais il est frappant de
constater que ceux qui par ailleurs rejettent la théorie du « grand
remplacement » s’en fassent involontairement les plus zélés
propagandistes.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire