samedi
14 avril 2018
Quand Maître Macron
nous prend pour des cons.
Quelle était belle, la symbolique du Maître d’Ecole,
officiant dans une salle de classe primaire d’un bled de la France profonde !
Sa Majesté a daigné descendre en province et s’asseoir au milieu d’une salle de
classe, abandonnant pour quelques instants les « premiers de cordée »
si chers à son cœur.
Face à un Jean-Pierre Pernaut pas trop méchant –même
si ce dernier a pris soin de rappeler à notre bon Maître que les retraités n’avaient
pas attendu ses adjurations pathétiques pour se montrer « utiles » et
« solidaires »- Emmanuel Macron a fait la leçon à la France entière.
Aux vieux, aux ruraux, aux cheminots, aux étudiants, aux personnels de santé…à
tous ces râleurs, le Maître a rappelé les règles du bon sens, de l’effort
nécessaire, de la responsabilité. Le niveau de la classe choisie comme décor,
un CP-CE1, donne à peu près celui qu’il attribue à son public.
Bien que fragmenté, malade et déboussolé, le peuple
français est tout de même capable de ressentir certaines choses, notamment
lorsque ses chefs le prennent pour un con.
Il est capable de voir que la
réforme éducative de Jean-Michel Blanquer, trop précipitée et mal préparée,
même si elle contient des éléments de bon sens, est lourde de terribles
cafouillages à venir.
Il est évidemment témoin de l’état
lamentable de bien des hôpitaux français, qui ne tiennent que par le dévouement
d’un personnel poussé à bout, méprisé par une Ministre de la Santé qui poursuit
la lamentable politique du chiffre de ses prédécesseurs. Mais si on l’attaque
trop, elle pourra se planquer derrière l’image de son père, déporté à Auschwitz
à l’âge de 15 ans. Tout comme Macron et son pépé cheminot.
Il peut aussi, le bon peuple,
même s’il se sent à juste titre malmené par le mouvement de grève au sein de la
SNCF, se demander quelle est la responsabilité de l’Etat dans la situation
actuelle du service public ferroviaire, et pourquoi diable le gouvernement est
allé stupidement provoquer les cheminots en brandissant le chiffon rouge du
statut…sinon pour faire un exemple, en attendant de précariser tous les
fonctionnaires ?
Il est sans doute partagé face aux
démonstrations de force du Ministère de l’Intérieur, qui envoie gendarmes et
CRS faire le ménage dans les squatts de migrants, à Notre-Dame-des-Landes ou
dans certaines facs bloquées. Autoritarisme excessif ? Fermeté bienvenue
après trop d’attentisme ? Ou vains moulinets, quand on voit la
complaisance dont bénéficient certains groupuscules gauchistes, ou l’annonce de
mesure « humanitaires » en matière migratoire pour compenser des
propos jugés vilainement xénophobes par les médias bien-pensants. Car comment
prétendre enrayer la déferlante migratoire annoncée si l’on permet aux
pseudo-mineurs isolés illégaux de faire venir leur famille, ou si l’on laisse
entrer toutes les femmes africaines menacées d’excision (soit au bas mot
cinquante millions de personnes) ?
De même, le bon peuple restera
dubitatif après les dernières frappes en Syrie contre le régime de Bachar
El-Assad, suite à un usage supposé par ce dernier de vilaines armes chimiques.
L’alignement de la France sur le triangle infernal Etats-Unis/Arabie
Saoudite/Israël, au détriment de notre tradition diplomatique et de nos
intérêts à long terme, confirme que nous n’avons plus d’autre diplomatie que
celle de la soumission.
Car tel est le ressenti profond
du Français moyen que je suis. Maître Macron n’est qu’un pion au service des
marchés, de Bruxelles, de Washington, de Ryad, de Tel-Aviv et de l’Internationale
de la Bien-Pensance médiatique. Il tentera bien dimanche soir de « jouer les Raoul » face à Bourdin
et Plenel sur BFM TV, ce ne sera que l’illustration
de la comédie du règne, ce théâtre tragicomique d’un régime mort-vivant, servi
par des pantins imbus d’eux-mêmes.
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