dimanche 29 avril 2018
Sur les pas de Madiba…vers la cata ?
Sur la 4eme de
couverture d’un numéro de Marianne,
une publicité pour le tourisme sud-africain invite les amateurs à un suivre un
circuit intitulé « Sur les pas de Madiba ». Madiba est le surnom
de Nelson Mandela, figure quasi-christique de la lutte contre l’apartheid,
immortalisée par l’excellent film de Clint Eastwood, Invictus.
Alors que l’on
exploite sans vergogne son image, ce pauvre Mandela doit se retourner dans sa
tombe s’il est en mesure de réaliser ce qu’est devenue l’Afrique du Sud depuis
qu’il a quitté le pouvoir en 1996-97. Ses successeurs, à la tête de l’ANC, ont
dérapé très vite : corruption, démagogie, incompétence, sur fond de
flambée de la criminalité…le pire a sans doute été évité tant qu’une minorité
blanche est restée aux commandes de l’économie. Mais le « noircissement »
de celle-ci a hélas a plongé peu à peu le pays dans un état de plus en plus
préoccupant. L’exploitation des matières premières et le tourisme, plus
quelques activités de service, sont les principaux piliers de l’économie
sud-africaine, moins diversifiée que celle du Nigeria, voire de l’Ethiopie !
L’industrie de pointe, en plein essor au temps de l’Apartheid, est à l’abandon.
Il restait
toutefois un secteur efficace et performant : l’agriculture, capable de
nourrir le pays et même d’exporter massivement. Mais il était aux mains de ces
vilains fermiers blancs, voués aux gémonies par les anticolonialistes à la vue
basse. Le nouveau chef d’Etat sud-africain, Cyril Ramphosa, a décidé de leur
régler leur compte, dans une surenchère démagogique avec les « durs »
de l’ANC. Comme au Zimbabwe il y a quinze ans, se prépare une campagne d’expropriation
massive sans indemnité des propriétaires blancs, sous prétexte que les terres
qu’ils occupent appartenaient à telle ou telle tribu noire (qui n’en faisaient
rien, ou presque), dans les années cinquante ou soixante. Déjà, les actes de
violence envers les fermiers blancs se multiplient en toute impunité. Mais nos
médias ne s’en émeuvent que lorsque les Blancs répliquent et tuent leurs
agresseurs. Il est vrai que les racistes ne peuvent être que blancs…
Si ce processus
démentiel va jusqu’à son terme, l’Afrique du Sud connaîtra le même sort que le
Zimbabwe : effondrement de la production, chômage et inflation en hausse
vertigineuse.
Quant à accueillir
les milliers de Blancs qui commencent à fuir le pays, les pays occidentaux sont
prévenus, à l’image de ce qui s’est passé en Australie, dont le gouvernement
avait tendu la main à ces vrais réfugiés. Des associations antiracistes sont
aussitôt montées au créneau pour dénoncer un « traitement préférentiel
raciste » qui serait réservé à ces gens. Et elles ont obtenu gain de cause !
On pourrait en rire. Cela me donne surtout envie de vomir.
Nouilles
chaudes à Panmunjom.
Le Monde n’en
finit plus de se pincer. Kim Jong Un, présenté il y a peu comme un fou paranoïaque
et criminel, a rencontré son homologue Moon Jae-in pour un chaleureux sommet
sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. Réchauffement général,
reprise des relations diplomatiques et économiques, fin du programme nucléaire
nord-coréen…Est-ce le début de la fin d’une guerre qui n’avait jamais vraiment
cessé depuis 1950 ? Il faut être prudent, car pas mal de choses peuvent
encore survenir. Qu’il s’agisse d’une foucade du leader nord-coréen ou d’une
flambée de nationalisme anticommuniste au Sud, sans même mentionner les coups
tordus de tels ou tels services secrets. Certains observateurs y voient les
effets somme toute positif de la « fermeté » de Donald Trump, qui
aurait suffisamment fait peur au potentat de PyongYang pour l’amener à de
meilleurs sentiments. Je crois plus volontiers que le séjour récent de Kim Jong
Un à Pékin a été décisif. Xi Jinping est le seul chef d’Etat au Monde à disposer
d’un vrai moyen de pression sur la Corée du Nord.
J’ignore ce qui
a été dit entre les deux hommes, mais je peux l’imaginer :
« Ecoutez,
cher Kim, je peux vous comprendre. En Chine, on a fait comme vous : parti
unique, contrôle des masses, culte du chef, militarisation à outrance et
obtention de l’arme nucléaire pour en mettre plein la vue…C’est chose faite,
non sans dégâts humains. Vous faites peur, on vous respecte, bravo !
Maintenant, il faut passer à l’étape suivante : l’ouverture économique. Il
n’est pas dans votre intérêt de passer uniquement par nous pour échanger avec
le reste du Monde. Rabibochez-vous avec vos frères du Sud, s’il le faut sur le
dos des Japonais, qui aiment tellement la Corée qu’ils préfèrent qu’il y en ait
deux ! »
Paradis
Tziganes.
C’est le titre d’une
exposition consacrée à ce peuple, sur la base de nombreuses photos datées des
années 1880 à 1980. Pourquoi pas plus récemment ? Explication simple :
c’est au cours de la période étudiée que ceux que l’on appelle pudiquement les « gens
du voyage » ont été les plus photogéniques, et dont le sort dans les pays
occidentaux correspondait le plus aux clichés larmoyants que l’on associe
souvent à cette communauté.
Des gens
pauvres, persécutés, mais fiers et riches d’une culture originale. Les photos
en noir et blanc figent dans le temps et dans nos esprits des idées reçues
bienveillantes sorties tout droit de certaines BD et récits romantiques. Ah, la
belle Gitane aux yeux de braise ! Et la vieille diseuse de bonne aventure,
le montreur d’ours, etc…
Photographier aujourd’hui
les tziganes occidentaux (ou les Gitans ? Les Manouches ? Les Roms ?)
ce serait montrer autre chose. Des squatters libres de s’installer à peu près ils
veulent sur le domaine public, vivant dans des camping-cars et des caravanes flambant
neufs, aux frais du contribuable sédentaire, complétant leurs fins de mois par
des petits métiers et des trafics en tout genre. Beaucoup sont touchés par l’obésité
et n’ont plus rien de typique ou de romantique. Ils ont gardé de leurs
traditions le barbecue tous les soirs, quelques fêtes, et surtout un mépris des
lois et des règlements facilité par une impunité qui laisserait pantois leurs ancêtres.
Je comprends que l’on ait arrêté le compteur en 1980 !
Et
pendant ce temps-là, la grève…
…de la SNCF s’essouffle,
semble-t-il. Les syndicats ont rendez-vous avec le Premier Ministre début mai.
On verra bien ce qu’il en sortira, mais je ne suis pas très optimiste.
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