dimanche 8 octobre 2017
Dommage à la Catalogne.
Nous assistons
depuis quelques jours à un naufrage, un immense gâchis. La sécession en cours
de la Catalogne finira-t-elle en farce ou en tragédie ? Je ne referai pas
ici l’historique de l’indépendantisme catalan, et des relations compliquées
entre Barcelone et Madrid.
Je peine à
comprendre néanmoins pourquoi une région qui partage autant de problématiques
communes avec le Pays Basque espagnol, avec des péripéties autrement moins
sanglantes que celui-ci, s’enfonce à ce point dans une impasse, celle d’une
indépendance qui ne résoudra rien, qui n’est fondée sur aucune légitimité
sérieuse. 43% de participation sur un sujet aussi grave lors du dernier
référendum, auquel seuls, ou presque, les indépendantistes ont participé, cela
n’a pas de valeur. La faute aux nationalistes catalans ? La faute à la
droite au pouvoir à Madrid, qui a choisi bêtement l’épreuve de force, en
faisant ainsi le jeu de l’adversaire ?
Encore une fois,
l’exemple basque (une large autonomie dans un cadre semi-fédéral) était le
modèle à suivre, dans l’intérêt de tous. Mais peut-être faudra-t-il laisser
cette catastrophique expérience aller à son terme, pour faire réfléchir une
bonne fois tous les séparatistes irresponsables qui s’agitent en Europe, de
l’Ecosse la Corse…
Et
le Kurdistan ?
Là encore, je
m’interroge. Sur le fond, je partage pleinement les aspirations du peuple
kurde, qui attend depuis 1919 la réalisation de la promesse qui lui a été faite
de se voir attribuer un Etat. Le combat des Kurdes, ces dernières années, est
aussi devenu le nôtre depuis qu’ils se placent en 1ere ligne face au péril
islamiste, qu’il s’agisse de Daesh ou du gouvernement réactionnaire d’Erdogan
en Turquie.
Mais la
proclamation d’un Kurdistan indépendant, au Nord de l’Irak, constitue une
provocation et un chamboulement géopolitique trop important dans une région
déjà largement déstabilisée. Le gouvernement d’Erbil a surestimé le soutien
éventuel des grandes puissances à son projet. Bref, sur la forme, cette proclamation
est une erreur. Les Kurdes, qui ont attendu près d’un siècle, auraient pu
patienter un peu plus.
L’obsession
des armes à feu.
Une fois de
plus, un dérangé aux motivations obscures (maladie mentale ?
islamisme ? détestation de la musique Country ?) a commis un massacre
aux Etats-Unis. 58 morts, plus de 500 blessés : un record, paraît-il. Et
les bons médias français d’entonner le refrain habituel : mais qu’est-ce
qu’ils attendent pour interdire la vente des flingues, comme chez nous ?
Car il est bien
connu que les fusils tuent. Supprimez les fusils, et il y aura moins de morts.
Comment expliquer alors que la Suisse, où les citoyens-soldats ramènent leurs
armes chez eux, n’ait connu aucune tuerie de masse ? Ou Israël ? Et
aux States themselves, une analyse
plus pointue donne à réfléchir…l’Etat le plus armé est le Kentucky (130 armes
recensées pour 100 habitants). Il est 25e sur 50 pour le nombre
d’homicides par armes à feu. Le record est détenu par le district fédéral de
Washington, où le taux d’équipement en pétoires est le plus faible du
pays : 13%
Alors arrêtons d’enfiler
les mêmes rengaines. On ne pourra pas, de toute manière, saisir les 280
millions d’armes détenues par les citoyens américains. La NRA n’a pas tort
d’arguer que la voiture fait plus de morts aux Etats-Unis, et que personne ne
songe à l’interdire ou à en limiter les ventes. Interrogeons-nous plutôt sur
notre propre puritanisme en la matière : pourquoi ce rapport aussi négatif
des Européens bien-pensants envers les armes ?
Obsession du
monopole d’Etat de la violence légitime ? Démission des citoyens quant à
leur propre devoir de défense ?
Une chose est
certaine. S’ils n’avaient pas été armés, que seraient devenus nos compatriotes
de Saint-Martin après le cyclone, lorsque l’île fut abandonnée aux pillards et
aux délinquants ? Emmanuel Macron, lors de sa visite, a été choqué par
l’abondance d’armes en circulation. C’est leur présence, et la discipline de
ceux qui les possédaient, qui a évité le pire.
Le
président des riches nous mène-t-il à la guerre civile ?
Il paraît qu’il
voulait éviter cette image, qui le rapproche trop de Sarkozy. C’est raté. Sa
réforme fiscale fait passer le Nabot de Neuilly pour un petit bras. Bouclier
maousse pour les ultra-riches, quelques miettes aux pauvres et matraquage des
classes moyennes. Le masque est tombé. Heureusement pour lui, l’opposition est
nullissime : le PS est en faillite financière et morale ; Les
Ripoublicains partent en vrille, entre les ralliés « constructifs »
au macronisme et les aboyeurs du clan Ciotti-Wauquiez ; le FN est en plein
marasme après la démission de Philippot ; les Insoumis s’enferment dans
l’imprécation et font flèche de tout bois, au risque de se compromettre avec
des gens douteux (anars extrêmistes, « Indigènes » fanatiques de
l’Anti-France…)
Macron pourrait
s’en réjouir, mais à tort. On ne gouverne pas bien un champ de ruines si l’on
n’a rien à proposer pour une reconstruction qui fasse, sinon l’unanimité, du
moins l’approbation d’une nette majorité. Cela fait longtemps que je redoute
une forme larvée de guerre civile dans notre pays. Nous y allons tout droit.
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