samedi 3 juin 2017
To
make our planet great again…
Il est vraiment
trop fort, notre Petit Prince ! Et je n’ironise pas. Non, franchement, j’avoue
qu’il m’épate…pour le moment. Les mauvaises langues (dont j’étais) s’attendaient
à ce qu’il se fasse bouffer tout cru sur la scène internationale, que ce soit
par Merkel, Trump ou Poutine. Il n’en a rien été, et il a même réussi un numéro
de charme et de fermeté qui a ébloui la presse mondiale.
La proportion
incroyablement élevée de germanistes au sein du gouvernement, et en particulier
à l’Economie avec Bruno Le Maire, nous facilite les choses dans les
négociations avec Berlin.
En accueillant
Poutine à Versailles, faisant fi des jérémiades des « humanitaires »
de service, Emmanuel Macron a enfin renoué avec la grande diplomatie
gaullo-mitterrandienne. Le cadre grandiose flatte l’invité, avec lequel le bon
sens stratégique commande de renouer. Mais on lui balance au passage ce qui
mérite d’être dit.
Lorsque Trump
fait l’énorme connerie de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le
climat (procédure plus complexe et plus longue qu’il n’y paraît, mais peu
importe : le mal est fait sur le plan symbolique), Macron monte au créneau
et appelle les investisseurs et chercheurs américains à se réfugier chez nous,
et en anglais s’il vous plaît ! La planète applaudit, la France se met au
1er plan de la scène internationale.
Nous verrons
bien ce qu’il en sera par la suite, et il va de soi que sa gestion des affaires
intérieures sera déterminante, mais en attendant…chapeau ! J’attendais
depuis longtemps un Chef d’Etat qui me fasse ressentir la fierté d’être
français. Serait-ce enfin lui ?
Le
boulet Ferrand.
Au départ, je
pensais que Le Canard enchaîné, et d’autres
journaux, cherchaient la petite bête, frustrés qu’ils étaient de la mise hors-jeu
d’un Fillon devenu de fait moins appétissant. L’affaire Ferrand, très
compliquée –à tel point que je me sens incapable de la résumer- se révèle
néanmoins plus sérieuse qu’il n’y paraît. Le bonhomme, en Bretagne, n’est pas
apprécié de tous, et apparaît diablement retors. Je reconnais aussi qu’il ne me
revient pas, même si cela n’a rien d’objectif ! Mais le problème n’est pas
là…dès lors que le parquet de Brest décide finalement d’ouvrir une enquête,
Ferrand devrait démissionner dans l’intérêt même de son camp, qu’il est en
train de plomber en pleine campagne législative. Et le plus tôt sera le mieux.
Pour
qui voter ?
J’ai commencé à
regarder les spots électoraux diffusés à la télé. Aucun ne m’a paru génial,
mais deux camps ont retenu mon attention.
-la palme du
sinistre revient aux Républicains, ou plutôt à leur leader François Baroin.
Rien à dire sur le « diaporama » et les mesures programmatiques :
classique et de bon ton. Mais quelle tristesse dans la figure et le discours du
taulier de LR ! Il ressemble de plus en plus à un mort-vivant, à l’image
de son mouvement en sursis. A noter également, l’absence totale, en dehors de
Baroin, de grandes figures du parti. Le clip ne montre que des jeunes inconnus.
Volonté de renouveau, ou signe de fermeture imminente ?
-la médaille d’or
du message nul est attribuée sans hésitation au PS. D’obscurs acteurs du
terrain (j’ai vu un animateur social de Strasbourg, puis une retraitée)
viennent raconter leur vie sur fond gris. On cherche en vain un rapport évident
avec un quelconque programme, une ligne de pensée, voire un bilan à défendre.
Le néant, la confusion. Et on nous appelle à voter, au final, pour « les
députés socialistes ». Le PS lui-même a disparu des affiches et
professions de foi de ses candidats. La honte !
C’est finalement
assez représentatif de la situation dramatique des anciens partis dominants,
que Macron a réussi à faire exploser en quelques mois. Encore une fois, bravo !
Dans ma
circonscription, la 2e des Pyrénées Atlantiques, 12 candidats sont
en lice pour le premier tour. Ils sont dans l’ensemble assez jeunes, le record
étant détenu par Aurélien Corbillon, 20 ans, qui se présente pour le mouvement « Allons
enfants », destiné aux 18-25 ans. Je suis trop vieux pour toi, mon gars !
Le plus âgé est le candidat de REM (République en Marche), dont je n’avais
jusqu’ici jamais entendu parler. Un homme d’expérience, semble-t-il. Le candidat
FN a retenu mon attention par son lieu de naissance : Joseph Damour est
natif de la Réunion, où il vu le jour deux ans avant moi. Ce n’est pas pour autant
que je vais voter pour lui ! Il y a aussi un habitant de ma commune,
candidat malheureux aux dernières municipales. Je n’avais pas voté pour lui à l’époque,
je ne vais pas le faire maintenant.
Pour le reste,
que dire ?
La sortante,
Nathalie Chabanne, est une femme sympathique, une frondeuse du PS. Mais je n’ai
plus la moindre envie de soutenir un parti-zombie, qui nous a fait tant de mal,
notamment dans le domaine éducatif. L’ « insoumis » de service
est Thierry Moutou. Je ne sais pas ce qu’il vaut, mais l’attitude de Mélenchon,
qui est retombé dans ses pires travers en accusant Bernard Cazeneuve d’avoir « assassiné »
Rémy Fraisse, tout en s’imposant de manière grossière à Marseille contre
Menucci, me coupe tout désir de soutenir ce gars-là.
Les autres ne m’excitent
pas plus que ça. Je n’en retiens que deux :
-Alain Baudorre,
du parti de Lassalle, « Résistons ! » C’est poétique, sympa et
bon enfant. Et je me rattraperais ainsi de ne pas avoir voté Lassalle à la présidentielle.
-Jean-Paul Mattéï,
de REM. Il s’agirait là d’un vote « utile » : donner à Macron
les moyens d’appliquer son programme. Reste à savoir si c’est une bonne idée.
Car autant certaines choses me séduisent (le pragmatisme dans les domaines
diplomatique et éducatif, le gain financier que représenterait pour ma famille
la baisse des cotisations sociales et la défiscalisation des heures sup’…), d’autres
m’inquiètent (la réforme du code du travail, le poids des lobbies économiques
dans l’équipe gouvernementale…). Mais pourquoi ne pas essayer ?
Je suis encore
très dubitatif, comme jamais je ne l’ai été de toute ma vie d’électeur.
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