samedi 15 avril 2017 (J-8)
Le retour du péril rouge.
La montée de
Mélenchon dans les intentions de vote (essentiellement au détriment de Benoît
Hamon) suscite depuis quelques jours une fièvre que l’on croyait disparue :
la peur des Rouges. Cela fait bizarre, habitués que nous étions à un discours à
sens unique. La grande menace pesant sur nos libertés ne pouvait venir que de
cette abominable extrême-droite toute gonflée de son vilain nationalisme. Et
là, retour aux années 1970 ! Jean-Luc Mélenchon, avec son programme
étatiste, son rejet de l’Europe libérale, ses sympathies chavistes qui l’amènent
à envisager l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les
Amériques (après tout, par ses DROM, la France est aussi « américaine »),
son refus de se joindre au chœur anti-Poutine…c’est lui, l’Ennemi ! Le Figaro et l’Elysée donnent de la voix dans le même
sens, confirmant ainsi que la grande fracture de cette élection n’est pas de
nature gauche-droite, mais sépare les tenants de l’européisme libéral
mondialisé, de ceux qui pensent que les peuples ont encore leur mot à dire.
Péril
turc ou péril russe ?
Demain, selon
toute vraisemblance, le Pacha d’Ankara obtiendra tous les pouvoirs dont il
rêve, par un référendum constitutionnel dont l’issue fait autant de doute que
les plébiscites organisés par Hitler après l’incendie du Reichstag. Nous aurons
ainsi à nos portes une dictature islamiste néo-ottomane, pouvant compter sur
des milliers de nervis infiltrés en Europe, dont on a pu admirer les exploits
cette semaine pendant un match de foot à Lyon. Mais pas d’amalgame, voyons !
En tout cas, pas pour eux. Lorsque des hooligans russes avaient semé la panique
à Marseille, l’an dernier, de nombreux commentateurs y avaient vu la main du
Kremlin ! Mais pas dans ce cas-là.
D’après François
Hollande, on ne peut pas se dire « de gauche » si on ne condamne pas
le régime de Poutine (ceci dit, je ne vois pas le rapport avec la choucroute).
Nous pourrons en déduire que signer des contrats avec la théocratie saoudienne,
la dictature chinoise ou n’importe quel régime autoritaire validé par nos
maîtres américains est parfaitement compatible avec les « valeurs de la gauche ».
Il y a des moments, comment ça, où j’aime bien me sentir libre d’être du bord
que je veux.
Le
FN persécuté ?
C’est une
vieille rengaine, qui prend toutefois de l’épaisseur depuis quelques jours. La
demande de levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen, demandée par le
Parquet National Financier, est certainement fondée. Mais elle tombe au plus
mauvais moment, alors que plusieurs permanences du FN ont été vandalisées ou
victimes de tentatives d’incendie. Pilonnée par les médias « main stream »,
la Marine peut se draper, plus que jamais, dans sa robe blanche de martyre.
Reste à savoir ce que cela donnera dans les urnes.
Le drapeau interdit.
Droite et
extrême-droite protestent violemment contre l’interdiction faite par le CSA de
prohiber l’exhibition des drapeaux français et européen dans les clips de
campagne diffusés à la télé. D’après le site de Marianne, cette règle bizarre date en fait de 1988, afin d’éviter
une récupération abusive de ces symboles. Une règle fréquemment détournée
depuis, à tel point que l’on en ignorait l’existence ! Ceci étant, je ne
vois pas en quoi l’utilisation de ces drapeaux pourrait être « abusive ».
Il est assez hallucinant que le seul moment où une Nation devrait planquer ses
symboles à la télé serait celui où le peuple choisit son chef !
Macron
s’est arrêté à Pau.
Mon Dieu…IL
était là ! LUI ! Si proche de moi, mercredi soir. Je sentais jusque
dans mon salon le souffle divin venu du Zénith. Les acclamations de 5000
supporters montaient au ciel. Il était là, le Messie de la Liberté, le Champion
du Renouveau ! L’Homme dont les propositions sont déjà cochées sur la
brochure programmatique, comme autant de garanties qu’il ne s’agit pas de
simples promesses, mais des engagements qui seront tenus.
Nous avons
failli y aller, en famille, au moins pour qu’Il bénisse nos enfants. Mais peu
importe, au fond. Macron est avec chacun de ceux qui croient en Lui.
Saint François du
Béarn ne s’y est pas trompé, lorsqu’il l’a comparé à Kennedy, Bonaparte ou
Alexandre le Grand. Il faut au moins ces trois-là empilés l’un sur l’autre pour
arriver à la cheville de Notre Sauveur.
Fillon
fâché avec l’Histoire.
Il est dommage
que cet homme, qui prétend remettre le « récit national » au cœur de
notre enseignement de l’Histoire, s’emmêle à ce point les pinceaux.
Il
y a eu d’abord ce « plan B comme Bérézina », reprenant cette vieille
erreur consistant à croire que cet épisode dramatique de la retraite de Russie,
en 1812, fut une défaite française. Le franchissement de la Bérézina, effectué
dans un contexte désastreux, fut au contraire un succès tactique et logistique
de la Grande Armée, qui sauva ce qui lui restait de forces d’un anéantissement
total. Une sorte de Dunkerque (« Opération Dynamo », 1940) avant l’heure.
Rien ne dit que Fillon renouvellera l’exploit dans une semaine pour l’Armée de
la Droite.
Depuis
peu, François Fillon se compare à Vercingétorix à la veille de la bataille de
Gergovie, en -52. Qui aurait imaginé, en effet, que le chef gaulois allait
mettre César en échec ? Malheureusement, quiconque connaît son Histoire de
France sait que Gergovie ne fut qu’un succès sans lendemain. Et qu’après, il y
eut Alésia…
Dans
la même veine, je suggère à François Fillon de se comparer à Charles VI (le roi
fou dont la démence permit à l’Angleterre de nous dominer pendant quelques
temps au XVe siècle), Napoléon III à Sedan en 1870, Gamelin en mai 1940, ou De
Castries (grand-père de l’ami de Fillon) à Dien Bien Phu en 1954.
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