samedi 29 avril 2017
Dupont-Aignan : la déception.
J’avais pensé
que Nicolas Dupont-Aignan suivrait l’exemple de Jean-Luc Mélenchon, et ne
donnerait pas de consignes de vote pour le 2eme tour. Un article du dernier Canard Enchaîné m’avait inquiété, en
révélant des négociations secrètes entre le leader de Debout la France et
Marine Le Pen. J’espérais que tout cela n’était que rumeur, ou que ces
discussions ne déboucheraient sur rien. Hier soir sur France 2, NDA a fait son « coming
out », et a donc perdu une bonne partie de mon estime. Car son alliance
pure et simple avec le FN, au-delà de bien réelles convergences
programmatiques, tient largement de la combine politicienne.
N’ayant pu
atteindre les 5% fatidiques nécessaires au remboursement de ses frais de
campagne, NDA a cru bon de se renflouer en passant un accord électoral en vue
des prochaines législatives, sans négliger une participation à un hypothétique
gouvernement Le Pen. Croit-il vraiment pouvoir infléchir certaines tendances
douteuses du FN en y insufflant son « gaullisme humaniste » ?
Pour l’instant, Dupont-Aignan, ne récolte que des horions médiatiques, et se
fait traiter par Dominique Bussereau (LR) de « pétainiste » et de « collabo ».
Ces injures sont stupides, mais à quoi d’autre pouvait-il s’attendre ? En
tout cas, il n’aura plus ma voix.
Macron
à Oradour : l’ignoble récup’.
La récupération
politicienne de l’Histoire est devenu un exercice assez banal, quoique poussé
très loin sous Sarko et Hollande. Emmanuel Macron n’est pas encore élu qu’il y
plonge tête la première, quitte à dire des sottises : une colonisation de
l’Algérie qualifiée de « crime contre l’humanité », un attentat du
Petit-Clamart attribué au FN (dix ans avant la création de celui-ci)…Il paraît
que cette homme-là a de la culture !
Son entrevue
difficile avec les ouvriers de Whirlpool –où pour le coup, je l’ai trouvé
courageux et honnête, tandis que Marine la jouait démago- a dû le convaincre de
replonger dans le passé pour échapper aux tourments du présent. Et quoi de mieux
qu’une bonne dose de Deuxième Guerre mondiale ?
Le Petit Prince
est donc allé déposer une gerbe au monument dédié aux victimes du massacre d’Oradour-sur-Glane,
dont il faut rappeler qu’il a eu lieu le 10 juin 1944. Pourquoi donc cette
commémoration en avril ? Parce que le 10 juin prochain, la messe
électorale sera dite, et que les morts d’Oradour ne vaudront plus rien. Macron
a promis d’y revenir, comme Sarkozy avec son Vercors. On verra bien. L’essentiel
est d’avoir profité de l’occasion pour délivrer un message de récupération
politique dont son ancien maître Hollande s’était fait une spécialité.
En quelques
phrases, la « menace nationaliste » (=le FN) a été associée au crime
commis par les Waffen-SS de la division Das Reich. Marine Le Pen au pouvoir, ce
sera Oradour tous les jours ! Et pour faire bon poids, le village martyr a
été revu comme le lieu de naissance du programme de renaissance républicaine du
CNR (alors que ledit programme a été adopté en mars 1944, et n’avait
strictement rien à voir avec ça).
J’ai visité
Oradour-sur-Glane en avril 2012. J’en ai été profondément ému et bouleversé. Et
je suis d’autant plus choqué de voir ces faits épouvantables récupérés,
instrumentalisés, par un politicien qui se fiche comme d’une guigne d’un pays
dont il méprise la culture…et visiblement l’Histoire. Et quel culot d’y ajouter
une allusion au CNR, dont le programme est à l’opposé de ce que nous concocte
Macron et son aréopage de libéraux mondialistes : les Minc, les Attali,
les Cohn-Bendit, les Pierre Bergé et autres Gattaz !
S’il avait
vraiment visité Oradour, Macron aurait dû également remarquer que ce qui a été
conservé des ruines du village constitue aussi une sorte de « Pompéi »
de ce qu’était la France rurale du siècle dernier. De très nombreux petits
commerces, une ligne de tramway, au fin fond de la Haute-Vienne, pour une
localité de 650 habitants ! A comparer avec le morne bourg moderne qui l’a
remplacé, construit à côté de l’ancien, et vit en grande partie du tourisme
mémoriel. Une belle illustration de ce que devient notre pays, avec ces zones
rurales oubliées, sinistrées en termes d’emploi, mal desservies, contraintes de
se tourner vers l’agro-tourisme. Une belle réussite de la « mondialisation
heureuse » dont le Petit Prince s’est fait le chantre.
Mais Monsieur Macron
a une élection à gagner, et d’autres drames à récupérer pour mieux faire frémir
les naïfs. Les morts d’Oradour ne suffisant pas, il se rendra bientôt au
Mémorial de la Shoah. Si vous aviez eu la moindre chance que je vote pour vous,
cher Monsieur Macron, vous venez de la perdre.
La
vraie menace totalitaire : ces assurances qui nous veulent du bien.
Beaucoup plus
inquiétant qu’une éventuelle victoire de la Méchante Sorcière, ce qui est en
train de se mettre en place avec certaines compagnies d’assurances. Un
reportage diffusé hier sur France 2 m’a fait froid dans le dos. Le principe :
l’assuré accepte d’être fliqué en permanence par des mouchards électroniques et
divers capteurs qui vont analyser sa conduite en voiture, son alimentation, son
hygiène de vie, son sommeil…en attendant, sans doute, ses fréquentations, ses
pratiques sexuelles, ses loisirs et ses opinions politiques ?
En échange, les « bons
assurés » (ceux qui conduisent bien, mangent sainement, font du sport)
sont gratifiés de réduction de leurs cotisations. Les « mauvais »
paient plein pot, voire plus, histoire de leur apprendre à vivre. Le triomphe
de Big Brother, et des inégalités. Car seuls les riches pourront se permettre
des écarts, tandis que les pauvres devront jouer les « bons petits »
pour gagner quelques sous. On voit aussi tout l’usage qu’un Etat autoritaire,
ou des organisations malintentionnées (sans même parler des hackers de tout
poil), pourront retirer d’un tel dispositif, dont se rapproche également le
fameux compteur électrique Linky.
Pendant que l’on
joue à nous faire peur avec les fantômes du fascisme, un totalitarisme mou,
faussement « bienveillant » se met insidieusement en place. Notre
futur sauveur du 7 mai prochain, si branché technologie, a-t-il une idée
là-dessus ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire