samedi 25 mars 2017

Europe : piteux anniversaire !

samedi 25 mars 2017

            Le Club des Cinq.

Il paraît que près de 10 millions de téléspectateurs ont regardé le grand débat de TF1, lundi soir, opposant les cinq « gros candidats » aux présidentielles. Sont-ils pour autant restés jusqu’au bout, soit 23h30 ? Personnellement, j’ai tenu la première demi-heure, pour ne rien apprendre et finir par m’enquiquiner ferme. Trop de débats tuent le débat…et ce n’est pas fini, puisqu’il semblerait que l’on souhaite organiser un match avec les onze candidats ! Folie totale.
Le plus juste serait de revenir à une stricte égalité de temps de parole pour chacun, sans débat, avant le 1er tour, et se limiter au traditionnel duel d’avant le second. L’overdose n’est pas loin, quand même un passionné de la politique comme moi est pris de nausée.

            Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France.

Royaume ou République ? Cela n’a guère d’importance, car le fond du problème est ici le niveau de corruption de nos élus. Fillon bat tous les records, et on en apprend de plus belle à chaque semaine, voire chaque jour qui passe. Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, qui jouait aussi au papa gâteau avec ses filles sur fonds publics, a été contraint à démissionner. Qui d’autre, encore, va s’ajouter à la longue liste des « hommes honnêtes » pris les doigts dans le pot de confiture, « en toute légalité » ? Quant aux accusations fillonnesques de « cabinet noir », piloté depuis l’Elysée pour le détruire, elles ont quelque chose de comique, quand on se souvient que le même Fillon avait tenté d’user de ses réseaux auprès du gouvernement socialiste pour dézinguer judiciairement Sarkozy !

            On se lasse aussi des attentats.

Mais oui, enfin, messieurs-dames les djihadistes, renouvelez-vous un peu ! Orly, Londres, Anvers. On voyage, on frissonne, mais c’est toujours le même scénario. Un crétin prend un couteau ou une bagnole et fonce dans le tas. Et paf, branle-bas de combat des chaînes infos, experts invités qui tournent en boucle, avec les mêmes questions : « A-t-il agi seul ? Qui sont ses complices ? Peut-on vraiment parler d’un acte terroriste réfléchi ? Comment en est-on arrivé là ? Les forces de l’ordre ont-elles été à la hauteur ? » Et puis Daesh, une fois sur deux, qui revendique…On s’embête, coco, on s’embête !

            Hamon en panne.

Lui aussi, il a l’air de s’embêter, ce pauvre Benoît Hamon. Lâché par presque tous les hiérarques du PS, qui vont se réfugier chez Macron, comme Le Drian. Moqué par les journalistes, les amuseurs. Doublé par Mélenchon dans les sondages. Benoît Hamon est la butte témoin d’une gauche de plus en plus groupusculaire, largement boboïsée, qui ne sait plus parler aux classes populaires, mais qui effraie en même temps les tenants du Grand Capital (et les contribuables en général)  par ses projets de dépenses publiques.
            Europe : piteux anniversaire !

Ce fut la semaine de l’Europe (comprenez : l’Union européenne), avec les commémorations du 60e anniversaire du Traité de Rome. Même si, soit dit en passant, l’UE ne date pas de cette époque, mais du Traité de Maastricht, entré en vigueur en 1993. Ce n’est sans doute pas pour rien, quand on sait à quel point la mutation de la CEE en UE fut contestée. Les grands médias ont donc célébré en chœur un moment fondateur plus consensuel, avec le déballage habituel de lieux communs dégoulinants de bons sentiments : la paix, la prospérité, l’amitié entre les peuples, youkaïdi, youkaïda ! Et toutes ces merveilles seraient menacées par l’affreux populisme, incarnés par le Brexit, le FN, et autres vilaines forces des ténèbres anti-libérales.

Je me suis déjà exprimé à maintes reprises dans ce blog sur cette question. Mais il est pénible de supporter à nouveau un tel matraquage, qui ne peut en rien convaincre les déçus de l’européisme.

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