dimanche 19 février 2017

Présidentielles 2017: deux mois avant le grand saut dans l'inconnu.

dimanche 19 février 2017

            Le jeu dangereux de l’Ultragauche.

Toute indignation légitime mise à part, il va sans dire que la pédagogie de la matraque dans le cul n’est certainement pas la meilleure pour faire régner l’ordre en banlieue. Le salopard qui a blessé et humilié Théodore Luhaka devrait être décoré de l’ordre du mérite gauchiste.
Les agités d’extrême-gauche, antifas et autres « no border », qui commençaient à manquer de mots d’ordre après la fin des « nuits debout » et le démantèlement de la jungle de Calais, peuvent considérer ce sinistre fait divers comme une divine surprise. Quel pied, de pouvoir à nouveau casser du flic, au propre comme au figuré, en solidarité avec les damnés de la Terre des banlieues cosmopolites ! Même si tout sépare, dans les origines comme sur le fond idéologique, les anars issus de la bourgeoisie soixante-huitarde, des casseurs enfants d’immigrés peu qualifiés, navigant entre la voyoucratie et l’islamisme.
Les manifs qui se succèdent au nom de « la justice pour Théo », et qui dégénèrent quasiment toutes, viennent ajouter à cette campagne électorale, déjà bien pourrie par l’affaire Fillon, une ambiance des plus délétères. Les comptes-rendus qui émanent des AG des facs tenues par les gauchistes laisse présager la stratégie à venir : multiplier les « actions », bloquer les universités et les lycées, à partir du 21 février, bref, refaire le grand jeu habituel pour perturber les élections à venir. Le motif avancé : faire barrage au « fascisme lepéniste » et à l’ « ultra-libéralisme réactionnaire » de François Fillon. Dans les faits, tout ceci constitue un jeu des plus dangereux. Les destructions et les violences, loin de soulever le bon peuple (que d’ailleurs ces agités méprisent profondément, en bons héritiers de Lénine et Bakounine), vont au contraire le pousser à soutenir les « candidats de l’ordre ».
Mais n’est-ce pas au fond ce qu’ils souhaitent, nos combattants du Grand Soir ? Voir Le Pen au pouvoir, c’est la garantie d’une mobilisation permanente au nom d’une démocratie qui serait évidemment « en péril », la justification de toutes les brutalités, le plaisir de « jouer au résistant » (comme les intellos américains face à Trump). En clair, les joies de la guerre civile. Et malheureusement, au vu des autres forces en présence, il y tout lieu de craindre le pire.

Une gauche incapable de s’unir.

            On pourra pleurer autant qu’on voudra, invoquer les mânes du Front Populaire ou de l’Union de la Gauche en usant, comme Benoît Hamon, du spectre élimé du « danger fasciste », ce qui reste de la gauche ne peut en aucun cas s’unir. Les écolos de Jadot, infichus de valider leur candidat, vont comme d’habitude à la gamelle électorale socialiste pour sauver quelques sièges de députés. Mais ils ne constituent qu’un piètre renfort, pour un candidat sorti des primaires passablement isolé et sans programme crédible.
            Mélenchon a rejeté l’idée d’une fusion avant le 1er tour, qui aurait été suicidaire pour lui. Autant demander à ceux qui étaient déjà dans les canots de sauvetage de remonter dans le Titanic !



Une droite déboussolée.

            Le candidat Fillon, largement démonétisé par les révélations qui s’accumulent, en est réduit à prendre conseil chez Sarkozy, et faire de la surenchère sécuritaire avec son histoire de majorité pénale à 16 ans. Il fait aussi du Trump, accusant les médias d’acharnement, criant au complot…Ce n’est pas brillant.

Un Macron qui fait le buzz…en attendant de faire « pschiit » ?

            Maladresse ou calcul ? Les déclarations de Macron sur le crime contre l’Humanité qu’aurait constitué la colonisation française lui valent en tout cas plus de critiques que de soutiens. Pour d’hypothétiques voix de banlieues colorées et d’apôtres de la repentance, il en perd d’autres chez tous ceux qui en ont assez de voir France dénigrée de manière absurde. Par ailleurs, ce qu’il commence à révéler de son programme est assez conforme à ce que laissaient présager ses soutiens financiers et ses réseaux d’influence. Macron est le candidat du mondialisme décomplexé, du libéralisme chic et de la techno-bien-pensance. Tout ce dont une majorité, dans ce pays, ne veut plus.

Un FN qui n’a plus rien à faire d’ici au mois d’avril.

            Malgré ses démêlés avec le parlement européen, Marine Le Pen reste haute dans les sondages, et n’a pas intérêt à bouger d’ici au premier tour. L’excitation médiatique joue en sa faveur. Elle aussi, à bon droit d’ailleurs, peut jouer les victimes d’un système, tout en faisant oublier qu’elle en a aussi bien profité. Car en fait, tous ses adversaires souhaitent la voir passer le cap du 1er tour, en comptant sur un « front républicain » qui leur garantirait une victoire à la Chirac, en 2002.

Une belle bande d’hypocrites.

            Le 16 février, nos députés viennent de voter un amendement réduisant le délai de poursuite pour faits de corruption (en le faisant partir de la date de l’infraction, et non de sa constatation, comme c’était le cas jusqu’ici). Nous ne sommes pas si loin de la Roumanie, finalement…sauf que là-bas, les gens se bougent !
De toute évidence, la Ve République est à bout de souffle. Reste à savoir ce qui va la faire tomber.


Et avec ça, moi, je vote pour qui ?


            Pour l’heure, je ne vois qu’un candidat dans lequel je me reconnais (à 80%), c’est Nicolas Dupont-Aignan. Il aurait reçu 708 parrainages, ce qui lui permet de se présenter. Je sais au moins pour qui voter au 1er tour. Et s’il n’est pas au second, ce qui est plus que probable, j’irais m’occuper intelligemment loin des bureaux de vote.

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