jeudi 23 février 2017
Macron, un émule de Sarkozy au
service de l’ordre mondial ?
Je n’en dormais
plus depuis des jours. François Bayrou allait-il, oui ou non, se lancer dans la
grande bataille présidentielle ? Le suspense était immense. Finalement, le
Yoda du Béarn a tranché : il n’ira pas lui-même, mais fait alliance avec le
jeune padawan Macron.
Bayrou lui fait
royalement cadeau de ses 5% d’intentions de vote, en échange de quelques
engagements qui vont dans le bon sens, notamment sur la moralisation de la vie
publique, l’instillation d’une dose de proportionnelle ou la défense du travail
face au capital. Il est assez comique de voir un centriste faire pencher un peu
à gauche la plateforme programmatique (passablement floue) d’un candidat jusqu’ici
essentiellement soutenu par des élus « socialistes », tendance « réaliste »
il est vrai.
Mis en
difficulté par ses propres maladresses, et en recul dans les sondages face à un
Fillon qui n’est pas encore mort, le jeune Jedi a accepté l’offre du vieux
Maître, sous les applaudissements de la plupart des éditorialistes. C’est en
discutant de ce sujet avec mon frère, hier soir, que celui-ci m’a fait cette
fort pertinente remarque que je reprends ici en substance: « Macron,
d’une certaine manière, nous fait du Sarkozy en 2007. Il veut nous faire
oublier qu’il a fait partie de l’équipe sortante, nous persuader qu’il est un
homme neuf, en rupture avec le système, et entend s’ouvrir de tous les côtés
pour jouer les rassembleurs en piétinant les vieux états-majors et en
ringardisant ses adversaires. Mais au final, rien ne bougera vraiment.»
C’est en grande
partie vrai, à quelques nuances près. Sarko avait, de son côté, mis la main sur
l’UMP, tandis que Macron a dû créer son propre mouvement, non sans difficultés
logistiques. Par ailleurs, le Petit Nicolas était resté le plus longtemps possible
aux commandes de son ministère, et avait pris le temps de se bâtir un solide
réseau dans divers milieux, ce que Macron n’a pas encore totalement réussi. Il
dispose cependant de l’appui des milieux d’affaires et de nombreux médias
bien-pensants, ce qui peut être un atout comme un handicap, notamment auprès
des classes populaires.
En tout état de
cause, Macron, tout comme Fillon, et éventuellement Hamon, seront les champions
du système libéral face au « péril populiste » incarné par Marine Le
Pen. Une fois de plus, la lourde machine de propagande s’est mise en route,
avec quelques thèmes récurrents :
-l’immigration,
c’est génial. Faut pas avoir peur, et si ça se passe mal, c’est parce que les
autochtones sont racistes, oubliant qu’ils sont eux-mêmes « des enfants d’immigrés ».
-l’Union
européenne, c’est super. Regardez le Royaume-Uni qui a voulu partir :
finalement, c’est pas si facile, hein ?
-Un président
populiste, c’est nul. Regardez Trump, il dit et fait n’importe quoi. C’est ça
que vous voulez, hein ?
-La Russie,
voilà l’ennemi ! Car si la xénophobie et le racisme, c’est mal, la
russophobie, c’est permis. Les Russes s’apprêtent à saboter notre belle
campagne électorale. Si le champion de la liberté et des droits de l’Homme est
battu, ce sera sûrement à cause de Poutine et de ses hackers de la mort.
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