vendredi 7 octobre 2016

Un "génocide" à Alep ?

vendredi 7 octobre 2016

            Un « génocide » à Alep ?

Hier soir, le candidat-déjà-élu par tout ce que le pays compte de gens « raisonnables », à savoir Alain Juppé, a déclaré sur France 2 qu’un « génocide » était en cours à Alep. Le maire de Bordeaux, qui ne se distingue pas par la grande originalité de ses opinions, était jusqu’ici réputé pour son sens de la mesure. Faut-il rappeler à ce monsieur très cultivé et surdiplômé ce qu’est un « génocide » ? En quoi les victimes civiles de bombardements, dans le cadre d’une guerre urbaine et elle-même « civile » par nature, peuvent-elles être considérées comme l’objet d’une tentative de génocide ? Arméniens, Juifs, Tutsis rwandais, et maintenant habitants d’Alep en zone rebelle (car ce sont eux qu’il faut plaindre, pas les autres, pourtant eux aussi touchés par des bombardements, des tirs de snipers, des massacres et des attentats suicide)…même combat ! A ce compte-là, les Allemands tués ou blessés par les raids alliés de la 2e guerre mondiale, autrement plus dévastateurs et « aveugles » que ceux reprochés aux avions syriens et russes d’aujourd’hui, ont été également « génocidés ».
Et que dire du silence de M. Juppé, et de presque toute la classe politico-médiatique, sur les ravages commis par l’aviation saoudienne au Yémen, qui détruit tout ce qui bouge en zone chiite ? Pas d’image, presqu’aucune info, black-out quasi complet. Pourtant, dans le cas présent, c’est bien une communauté particulière qui est visée, ce qui pourrait se rapprocher de la définition d’un vrai génocide.
Une fois de plus, nos donneurs de leçons professionnels, non contents d’être atteints de psittacisme aigu, se montrent totalement à côté de la plaque. Ce fut pareil au Kosovo(1999), en Bosnie (1992-95), en Afghanistan (1979-89), au Liban(1975-1990) ou au Vietnam( 1965-75). Tous ou presque soutenaient le même camp, dénonçaient les mêmes méchants, sortaient les grands mots de la morale universelle outragée. Ah, la petite Viet courant à poil sur la route avec son village brûlé en arrière-plan ! Que ces Américains étaient cruels ! Que les vaillants Vietcongs étaient sympas ! Quelques années plus tard, on pleurnichait sur les « boat-people » et les victimes du communisme…

            Le miracle d’Alstom.

Le site d’Alstom à Belfort était menacé de fermeture, faute de commande insuffisante. Et poum, miracle, l’Etat trouve le paquet nécessaire à l’achat de 15 rames de TGV, dont on n’est pas sûr qu’elles soient vraiment utiles. Quand on veut, on peut. Surtout en période pré-électorale.

            Hollande achève sa sarkozysation.

En 2011, Hollande reprochait sévèrement à Sarkozy d’utiliser les moyens de l’Elysée pour faire campagne en vue de sa réélection. En 2016, il fait pareil en plus malin, courant les colloques et les congrès d’associations ou de fondations pour délivrer sa bonne parole, hors de tout compte de campagne…puisqu’il n’est toujours pas candidat ! Le président « normal » a achevé sa « normalisation » : il est aussi menteur, tricheur et magouilleur que ses prédécesseurs.

            Najat l’instit’.

Parmi les dernières déclarations de notre chère Ministre de l’Education, celle où elle fait la leçon au Pape en a totalement éclipsé une autre, pourtant infiniment plus drôle. La Madone de la Rue de Grenelle a délivré dans la presse cette incroyable confidence : si jamais, par malheur, Mme Belkacem ne devait pas rester au gouvernement, elle se présenterait aux législatives. Et si, comble de disgrâce, elle était battue (hypothèse hélas hautement vraisemblable), elle choisirait d’abandonner la politique et de devenir prof des écoles en maternelle ! Ouaaah ! Plus fort que Sarko en 2007, qui avait affirmé qu’en cas de victoire à la présidentielle, il ferait une retraite de quelques jours dans un monastère…On sait que finalement, l’heureux élu préféra une croisière sur le yacht de son ami Bolloré.
Mais Najat, elle, tiendra parole. Elle passera le concours de prof des écoles, comme tout le monde, puis ira materner ces chers petits dans une école de quartier sensible, sous les ordres d’un ministère qui fut autrefois le sien. Un peu comme si un général trois étoiles, habitué des états-majors parisiens, décidait de rempiler comme simple troufion à la caserne de Toul.
« On ne fait pas ce métier pour l’argent », avait gentiment répondu Mme Belkacem aux profs qui réclamaient un salaire plus élevé. Son projet laisse à croire qu’elle n’aime vraiment pas le pognon. Mais je suis quand même déçu. Pourquoi la Sœur Sourire du politiquement correct ne désire-t-elle pas être prof en collège, histoire de mesurer, sur le terrain, les effets de sa propre réforme ?

            Zemmour et les djihadistes.

Dernière déclaration zémmourienne, qui enflamme la sphère médiatique : dans le magazine Causeur, celui que les gens biens adorent détester a avoué son « respect » pour les djihadistes de Daech, dans la mesure où ils sont prêts à risquer leur vie pour leur cause.
Branle-bas de combat ! Sur Europe 1 ce matin, Raphaël Enthoven, Mozart de la philo pour les nuls, après une analyse somme toute fort bien vue du fond du propos, ne peut s’empêcher de conclure par un étrange « tous les chemins mènent à Vichy ». Sous-entendu : Zemmour déteste tellement la société décadente qui est la nôtre, qu’il serait prêt à pactiser avec l’ennemi, jugé finalement plus valeureux. Moins finaude, la présidente de l’association des victimes des attentats du 15 novembre veut carrément porter plainte pour « apologie du terrorisme ». Juste une question : si, pendant la guerre du Pacifique, un soldat américain avait déclaré avoir du respect pour les Japs, prêts à se faire tuer jusqu’au dernier pour une question d’honneur (ne me dites pas qu’il n’y en a pas eu un pour le penser, et même le dire !), ce même type aurait-il été passible de la cour martiale ?

Avoir du respect pour l’ennemi est une valeur du passé, ringarde, dans ce monde où tout est en noir et blanc, sans nuance. Vous êtes du côté du Bien, ou du Mal. Les Bisounours contre les Gremlins. Amis de l’intelligence et des codes anciens, somme toute fort humains, passez votre chemin. Mais les paris sont ouverts : qui seront, demain, les vrais collabos et les vrais résistants dans une France que l’on aura laissée se faire islamiser à petit feu ?

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