lundi 5 septembre 2016

Une rentrée agitée.

lundi 5 septembre 2016

            Rentrée politique.

Encore une année qui promet d’être amusante, sinon utile pour le pays. La grande foire présidentielle est ouverte, suivie de celle des législatives. La mode des primaires, à gauche comme à droite, censée « revitaliser » la démocratie, produit l’effet pervers que certains redoutaient : une confuse bataille des personnalités et une surenchère d’opportunisme et de démagogie. Il est devenu fastidieux d’énumérer les candidats à la candidature, mais les médias font le travail pour nous avec les deux « favoris » qui assurent le spectacle : Sarkozy et Macron. Le dernier numéro de Marianneleur consacre même deux articles.
-Sarkozy nous la rejoue 2007, remplaçant son modèle étranger : il singeait Berlusconi, il en pince maintenant pour Trump. Puisqu’on vous dit qu’il a changé !
-Macron, enfin démissionnaire, est le chouchou de cette rentrée : les médias aiment cet « homme neuf », qui partage leur vision libérale-mondialiste. Le Medef et les sondages l’encensent, la vieille gauche le déteste…Un nouveau Giscard, comme le suggère  Marianne ?
C’est oublier que VGE avait derrière lui des années d’expérience ministérielle, une formation politique (les RI, ancêtre de l’UDF et de l’UDI) et un véritable état-major susceptible de piloter sa campagne. Et certainement moins d’adversaires en embuscade dans son propre camp. Mais d’ailleurs, quel est au juste le camp de Macron ? Le jeune homme est assez prudent, à l’heure où j’écris ces lignes, pour ne pas se déclarer ouvertement.

            Brésil : les jeux sont faits.

Pas les JO, mais les jeux politiques, autrement plus vitaux pour l’avenir de ce pays. DilmaRoussef a donc été démise de ses fonctions par le Sénat, remplacée à la présidence par Michel Temer, le centriste qui l’a trahie pour éviter d’être lui-même emporté par les affaires de corruption. Un coup d’Etat légal, qui soulève une bonne partie des classes populaires qui voit dans cette affaire une revanche de l’oligarchie sur les « années Lula ». Je crains fort que le « miracle brésilien » touche à sa fin.

            Erdogan fait le ménage en Syrie.

Quelques claques à Daech, une avalanche de coups de poings sur les Kurdes…l’intervention militaire turque dans le Nord de la Syrie nous permet d’y voir plus clair dans la stratégie du Führer du Bosphore, qui bénéficie, par notre faute, du soutien tacite de Poutine.
Premier objectif : détruire le « couloir kurde » qui s’étire le long de frontière turco-syrienne.
Deuxième objectif : remettre au pas les islamistes de la rébellion, et leur faire comprendre « qui est le chef ».
Troisième objectif : contrôler le nord de la Syrie et en faire une zone tampon, dans le cadre d’une partition durable du pays, où Bachar trouvera sa place sous la protection des Russes.
Et grâce à tout ça, continuer à tenir les Européens et les Américains par les couilles…si toutefois ils en ont encore.

            Burkini, mon ami.

Ce fut la polémique du mois d’août, quelque peu étouffée par les péripéties politiciennes. Les islamistes « modérés » nous ont refait cet été le coup du voile à l’école, avec le même chantage gnangnan : « voulez-vous empêcher ces braves filles d’aller se baigner ? » Comme le refus du voile à l’école était censé « priver d’éducation » les élèves musulmanes militantes.
Nous avons même vu ceux que Jacques Julliard appelle fort justement les « collabos », organiser des manifs de soutien à ces braves dames, au nom de la liberté d’expression et d’opinion. Valls a soutenu les maires ayant fait adopter des arrêtés anti-burkini, le Conseil d’Etat leur a donné tort.
De fait, et en droit, rien ne permet d’interdire cette « tenue de plage », que les intégristes les plus virulents trouvent déjà trop impudique. Sauf à imposer un uniforme à tous les Français, en fonction des lieux qu’ils fréquentent, nous sommes dans une impasse. Ou une nouvelle étape de la communautarisation inexorable de la société française, à l’instar de ces « vacances hallal », qui ont fait l’objet d’un reportage de France 2.

            Chevènement, « chef des Musulmans » ?

Pourquoi diable le vieux « Che » a-t-il accepté cette charge de président d’une « fondation de l’Islam de France » ? Cet organisme est censé gérer l’épineuse question du financement du culte islamique, pour l’heure entre les mains de pays étrangers et d’associations douteuses.
Chantier très délicat, qui oblige, qu’on le veuille ou non, à revoir la dimension laïque de notre Constitution. Comme il fallait s’y attendre, la nomination de Chevènement a déclenché un tollé chez les bien-pensants : un non-musulman qui gère les sous des musulmans ? C’est du néo-colonialisme ! Les féministes maghrébines ont proposé une femme issue de leurs rangs : voilà qui aurait été politiquement correct, même communautariste en diable…Je m’étonne que Hollande et Valls n’y aient pas pensé.
Mais j’en reviens à ma première question. Pourquoi avoir accepté une telle corvée ? Comme avant lui Rocard et Lang, sous oublier Giscard, Jean-Pierre Chevènement est atteint du syndrome du « vieux qui veut se sentir utile » (mais qui ne veut pas fêter son anniversaire). Mais ne nous moquons pas trop. Je verrai bien quand j’aurai son âge.

            Les migrants : légende noire et légende rose.


Félicitations à France 2, qui a réussi l’autre jour un fantastique virage sur l’aile dans le 20h de vendredi soir. D’abord, un reportage terrifiant sur l’enfer vécu par les camionneurs, harcelés par les migrants à l’approche du tunnel transmanche ou des ferries. Sortis de la jungle de Calais, les zombies venus des tropiques attaquent nuitamment les poids-lourds pris en embuscade. Visiblement gêné, Laurent Delahousse balance aussitôt l’antidote au lepénisme que la vidéo précédente a certainement stimulé chez le téléspectateur moyen (ce qui est le cas de votre serviteur, surtout à l’heure de l’apéro !) : un reportage émouvant sur une petite africaine sauvée des eaux, recueillie par un couple de bobos de la Côte d’Azur. Lesquels abritent dans leur vaste parc de nombreux spécimens de migrants, comme Stéphanie de Monaco ou BB le font pour les animaux en danger. Face : feu sur les affreux sauvages qui nous envahissent. Pile : saviez-vous qu’il y en a des tout mignons, que vous pourriez loger chez vous ? Le grand écart sauce France 2 !

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