dimanche 26 juin 2016

France 2, ou la voix de Bruxelles.

Dimanche 26 juin 2016

            France 2, ou la voix de Bruxelles.

J’avais beau m’attendre à des réactions de ce genre de la part de nos « bons médias », cela fait toujours un choc de constater à quel point ceux-ci sont dans la ligne politiquement correcte qui leur a été assignée. Les journaux télé de France 2 qui ont suivi les résultats du référendum britannique ont constitué un moment d’anthologie dans l’art du bourrage de crâne.
D’abord, n’inviter sur le plateau que des personnalités bien choisies. Un ambassadeur du Royaume-Uni bien embêté, aussitôt interpellé par Laurent Delahousse : « Que pouvez-vous dire à tous les Européens, qui se sont sentis blessés par ce résultat ? » Puis par l’ineffable Dany Cohn-Bendit, euromaniaque enragé, qui nous raconte les appels de jeunes Britanniques « en larmes »…car évidemment, ceux qui étaient favorables au « remain » sont jeunes, modernes, ouverts d’esprit, face à des « Brexiteurs » vieux, aigris, loosers dans l’âme, qui n’ont rien compris aux joies de la mondialisation libérale. « Ils ont voté contre l’austérité de votre gouvernement, s’est écrié non sans raison Cohn-Bendit, qui n’a rien à voir avec Bruxelles ! » Toujours la même rengaine : si ça va mal dans les pays de l’UE, ce n’est pas de la faute de celle-ci, mais à cause leurs mauvais dirigeants nationaux. Cela irait quand même bien mieux si on donnait tous les pouvoirs à Bruxelles…Le même Dany s’emporte pour finir : « Et celui qui est content de tout ça, c’est Poutine ! » S’il fallait une preuve que Cohn-Bendit et ses pareils ne sont que les agents de l’axe Washington-Londres-Berlin, et ce depuis 1968, elle a été délivrée par ce cri du cœur.
L’estocade étant portée par l’analyste économique de la maison, François Lenglet, inévitable relais de l’inquiétude des marchés.
Les reportages qui ont suivi sur cette même chaîne depuis vendredi vont tous dans le même sens : gros plan sur les Londoniens, majoritairement favorables au « remain », qui manifestent et réclament un autre référendum par le biais d’une pétition sur internet ; focus sur les Français de Londres, si nombreux là-bas, et qui craignent pour leur avenir ; itou pour les Britanniques résidant chez nous…Car il va de soi, braves gens, que la sortie du Royaume-Uni de l’UE entraînerait non seulement la rupture de toute relation commerciale, mais l’expulsion immédiate (voire l’exécution) de tous les étrangers de part et d’autre de la Manche !
Le comble étant atteint avec cette « enquête » selon laquelle les partisans du Brexit eux-mêmes commenceraient à regretter leur vote : repentez-vous, pauvres pécheurs !
De fait, ils ont été bernés par certaines promesses fallacieuses, comme celle qui annonçait le reversement des 350 millions de livres annuelles données à l’UE par la Grande-Bretagne au service de santé britannique (le NHS, si mal en point à la suite des réformes libérales des conservateurs et des travaillistes sauce Tony Blair). Nigel Farage a avoué, le lendemain même du vote, que ce ne serait pas aussi simple. Car la Chambre des Communes, aux mains de la droite libérale a le dernier mot en matière de budget.

« Ils ont gagné sur un mensonge ! Il faut revoter ! » braillent les Européistes. S’il fallait revoter après chaque élection gagnée par des menteurs, nous serions toujours en campagne électorale…Et le Traité de Maastricht, approuvé de justesse en France par référendum en 1992, qui devait nous apporter la croissance, l’emploi et la prospérité pour tous ? C’était faux ! On le revote aussi, celui-là ?

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