mardi 12 janvier 2016

Adieu Bowie, et aux chiottes les nouvelles technologies !

mardi 12 janvier 2016

            Ils nous dégoûtent de tout.

C’était hier matin, dans ma voiture, que j’ai appris par la radio la mort de David Bowie. Sur le coup, j’étais ému, car le bonhomme fait partie des grandes figures de ma génération. Roi de la Pop anglaise, pape du glamrock, prince de l’ambigüité, artiste audacieux et touche-à-tout (dans tous les sens du mot !) Pour reprendre une des banalités d’usage, le genre de monument humain que l’on croit immortel. J’ai surtout pensé au 1er film que j’ai vu avec lui, le chef d’œuvre de Nagisa Oshima, Furyo. Son meilleur film, qui ne devait pas qu’à lui d’être extraordinaire : choc des cultures, trouble sexuel, culpabilité…et une musique envoûtante de Ryuichi Sakamoto.
Mais nos médias ne nous laissent pas le temps de nous recueillir. A l’heure des chaînes d’infos continue et des « réseaux sociaux », il faut alimenter le buzz et matraquer, jusqu’à l’écoeurement, toute la journée, sur le même sujet. Imaginez que l’on vous oblige à manger tout le temps votre plat préféré. Idéal pour en être dégoûté !
Ces salopards ont failli, hier, me faire détester David Bowie.

            Votre monde connecté, foutez-vous le quelque part !

Aujourd’hui sur Europe 1 était invité un spécialiste quelconque en nouvelles technologies dont j’ai oublié le nom. Il évoquait les extraordinaires potentialités de nos jeunes inventeurs en matière de gadgets connectés, à l’occasion de cette convention américaine où Emmanuel Macron est allé se faire mousser et exhiber sa barbe branchouille. Rendez-vous compte : un chausson connecté ! Un Sex-Toy connecté ! Vous transformerez bientôt votre smartphone en télécommande multifonctions, pour allumer le four, garer votre bagnole, tirer la chasse d’eau…Ouaaaah !
« Et vous ? demanda l’animatrice aux auditeurs. Etes-vous impatients de tester ces innovations ? Ou non ? »
Non madame. Ces machins ne me font pas rêver. L’innovation m’émerveille lorsqu’elle apporte un vrai « plus » à l’humanité, améliore notre vie sans nous rendre débile et accro.
Tous ces bidules ne sont bons qu’à nourrir une machine technocapitaliste devenue folle, une société de l’objet où l’intelligence artificielle prend le commandement de nos existences. J’ai infiniment plus d’estime pour les inventeurs du sac plastique biodégradable à base de chardons que pour les créateurs d’une appli à la con.

Je ne veux pas être connecté à un réseau mondial comme la fourmi à sa colonie, passant son temps à faire vibrer ses antennes, affolée à l’idée d’être seule, courant partout sans savoir pourquoi. Votre monde connecté, foutez-le vous quelque part…et bien profond !

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