dimanche 20 décembre 2015

Fraternisations de Noël, et vive la Corse libre !

dimanche 20 décembre 2015

            Joyeux Noël !

Le film éponyme est diffusé ce soir sur D8. Rappelons qu’il s’agit d’une œuvre de Christian Carion de 2004, coproduction franco-germano-anglo-belgo-roumaine (ouf !), évoquant les fraternisations entre soldats ennemis pendant la Noël 1914. Je me souviens qu’à l’époque de la sortie du film, mes élèves m’avaient tanné pour que l’on aille le voir. Ce que ne fis point, tant le thème assez niais du machin m’indisposait : « la guerre, c’est pas bien. On est tous européens, et on doit se faire des bisous ! » Par ailleurs, la coïncidence plus que troublante entre le thème du film et les échéances électorales –nous étions en année d’ élections européennes et d’élargissement de l’UE à l’Est- laissait subodorer qu’il s’agissait d’une œuvre de propagande stipendiée par Bruxelles. N’étant point maso, j’avoue n’avoir jamais vu ce monument du 7e art bien-pensant dont je me garderai bien de juger la qualité artistique.
Preuve supplémentaire de l’engagement européiste de l’auteur et des appuis dont il a bénéficié, Christian Carion est également à l’origine de l’érection d’un monument à la gloire de ces fameuses fraternisations, dont on a fini par faire croire aux jeunes d’aujourd’hui qu’elles avaient lieu tous les soirs, lorsque les vilains généraux avaient le dos tourné et buvaient du champagne dans leurs châteaux avec des filles de joie.
Ledit monument se trouve à Neuville Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais, sur ces terres du Nord âprement disputées. Non à l’envahisseur germanique –les Allemands ne sont-ils pas nos frères et nos meilleurs amis ?-mais aux hordes fascistes de l’abominable Marine Le Pen. C’est donc là que François Hollande a décidé de se rendre, comme par hasard le jour même de l’inauguration à laquelle assistait le nouveau président de région, héros de la Liberté, Xavier Bertrand. Tous les médias ont papoté sur cette rencontre, cette « fraternisation par-dessus les tranchées politiciennes », des combattants de la République. Message lourdingue, coup de pied de l’âne à Sarko qui refuse l’unité nationale et purge son état-major des traîtres prêts à tendre la main à l’autre bord. La blonde Diane Kruger du film est ici remplacée par la rousse NKM, dans le rôle de la belle plante sacrifiée.
Car comme en 1914, ce genre de fraternisation ne peut être qu’éphémère, et les coupables seront punis.

            Vers l’indépendance de la Corse ?

S’interroge Marianne dans son dernier numéro. L’hebdo fait partie des rares grands périodiques à s’être intéressés à cette péripétie occultée des dernières élections régionales. La télé ne s’est réveillée qu’à l’occasion du discours d’ouverture du nouveau président de l’Assemblée régionale, l’ineffable Jean-Guy Talamoni. Discours en corse, à la gloire de la nation corse, annonçant l’application du programme des nationalistes, dont la fameuse « corsisation » des emplois et l’interdiction des investissements « étrangers » dans l’île.
Quand on connaît le reste de l’idéologie nationaliste corse, fondée sur l’ethnicisme et la xénophobie, le culte de l’intimidation et de la violence, il y a de quoi être inquiet. Mais non, voyons, c’est du FN dont il faut avoir peur ! Talamoni et Simeoni ne sont que des Laurel et Hardy folkloriques, tout à fait sympas derrière leur masque de vigiles mafieux. D’ailleurs, ils seront bien obligés de négocier avec l’Etat central s’ils veulent appliquer leur programme et continuer à toucher les aides du continent.
Si j’étais en fonction à ce dernier niveau, je sauterais sur l’occasion pour proposer aux Corses un référendum avec le choix suivant :
-OUI au maintien dans la République française, avec les mêmes lois et les mêmes devoirs que partout ailleurs en France –et donc fin des passe-droit en tout genre.
-NON à ce maintien, et donc indépendance immédiate.
Il va de soi qu’un NON franc et massif serait une divine surprise : l’Etat colonial français pourrait enfin rapatrier ses fonctionnaires et ses capitaux injectés à fonds perdus, virer les milliers de fonctionnaires corses qu’il a eu la faiblesse d’embaucher dans ses grands corps de l’Etat au prix d’une gangrène mafieuse indigne d’une démocratie occidentale.
Le nouvel Etat corse, aux mains de la clique des Talamoni-Simeoni, pourrait enfin voir le jour et vivre de ses propres ressources, sans avoir la honte de mendier des subventions à Paris. Le peuple corse, purifié de ses éléments parasites (Continentaux, Sardes et autres Arabes), découvrirait les joies du travail !

Mais cela n’arrivera pas avant longtemps. La Corse restera plus que jamais la danseuse capricieuse et acariâtre de la République. Toujours plus avide de subventions, exigeant de sa « maîtresse » les postures les plus humiliantes. Et la « maîtresse » se couchera, comme toujours. 

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