mercredi 25 novembre 2015

La France d'après

Mercredi 25 novembre 2015

            La France d’après…

J’ai laissé passer le tourbillon médiatique, avec sa cohorte d’experts, ses éditions spéciales interminables, ses gros plans indécents sur le chagrin des victimes. Nous avons battu sur ce dernier point des records de complaisance, voire d’ignominie (Ah, cette gamine de 8 ans sommée de raconter sa douleur d’avoir perdu sa mère ! Et ce pizzaiolo qui vend les images du drame pour 50 000  euros…l’humanité est sublime.)
Place à la réflexion.
D’une certaine manière, ce qui s’est passé le 13 novembre peut être rangé dans la catégorie des drames salutaires. L’Etat d’urgence voté par le parlement permet enfin au pouvoir exécutif d’agir vite, et avec efficacité, contre les cellules djihadistes. Il n’a pas fallu longtemps pour retrouver et neutraliser l’organisateur des attentats, l’infect Abaaoud qui plastronnait naguère sur les réseaux sociaux, et une bonne partie de sa clique. Il y a encore pas mal de nettoyage à faire, et deux dangereux individus courent toujours, mais ce n’est qu’une question de temps. Un toilettage de la constitution, une meilleure organisation de l’Islam de France, un serrage de vis laïc préconisé par les maires de France, un renforcement des services de sécurité, un meilleur contrôle des frontières, la déchéance de leur nationalité française pour les binationaux traîtres à la France, le rapprochement stratégique avec la Russie…tout cela va dans le bon sens.
Ironie de l’Histoire, ce bon sens est aussi préconisé –de manière certes plus radicale- par ce FN vomi jusqu’ici par le gouvernement ! Nos bonnes âmes libéralo-gauchistes ne s’y sont pas trompées, déplorant bien vite que tout ceci n’amène à un souverainisme de mauvais aloi et à d’abominables dérives sécuritaires. De fait, il y a eu et il y aura encore des bavures.
Dominique Seux, ce matin sur France Inter, déclarait ainsi que Daesh avait déjà remporté une belle victoire, en poussant Ségolène Royal à vouloir mettre en place des portiques de sécurité à l’entrée du Thalys, ce TGV si symbolique de l’ouverture des frontières. De fait, avoir fait chuter les affaires des commerces parisiens de 40% en 48h, transformé Bruxelles en ville morte pendant quatre jours, est un coup aussi rude porté l’Europe occidentale que les morts et les blessés du 13 novembre.
Il ne faut pas chanter victoire trop vite. L’Union nationale, vieux fantasme  politique, n’a tenu que quelques heures du fait d’une droite toujours aussi médiocre. La Grande coalition voulue par Hollande, devant rassembler les Occidentaux, les Russes, l’Iran (et de fait Bachar El Assad) a du plomb dans l’aile…c’est le cas de la dire, après la destruction d’un avion russe par l’aviation turque. Un acte gravissime, finalement validé par l’OTAN. Obama de son côté, tout miel avec la France, donnant du « François » à son homologue, refuse toujours de se rapprocher de la Russie et repousser à plus tard la question d’Assad.

Qui sont nos alliés ? se demande gravement Libération. Qui sont nos ennemis, plutôt, et qui sont les ennemis de nos ennemis…telle est la question.

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