samedi 14 novembre 2015

Etat d'urgence

samedi 14 novembre 2015

            Etat d’urgence.

Cela faisait un moment que je n’avais rien écrit sur l’actualité, tellement celle-ci foisonnait d’évènements tout plus importants les uns que les autres, aux quatre coins du Monde comme dans notre microcosme politicien. Trop d’infos tue l’info, et finit par décourager le commentaire…surtout lorsque l’on a plein de boulot par ailleurs, et que l’on éprouve le désir légitime de s’aérer le corps comme l’esprit.
Mais la guerre que l’Islam radical terroriste nous a déclarée depuis longtemps vient de franchir un palier la nuit dernière, tout en obligeant les citoyens quelque peu endormis que nous sommes à réagir. Les 120 morts d’hier soir à Paris (à l’heure où j’écris ces lignes) représentent une tragédie telle que la population civile française n’en a plus connue depuis la guerre d’Algérie.
François Hollande a parlé comme il convient dans l’urgence, décrétant dans la foulée l’état du même nom, ce qui inclut le retour au contrôle des frontières. Chose amusante, les belles âmes libérales, libre-échangistes et droits-de-l’hommistes (Flanby en tête) nous affirmaient naguère que ce même contrôle, pour ne pas dire fermeture, était une aberration, une monstruosité inutile, une régression nationaliste. Pour assurer la bonne tenue de la grande farce de la COP 21 en décembre prochain, on avait déjà fait une belle entorse à ces principes en annonçant un rétablissement pour un mois desdits contrôles. Le massacre d’hier soir accélère les choses.
Si tout cela est inutile, pourquoi diable le fait-on ? Néanmoins, je suis à peu près certains que les assassins ne venaient pas d’ailleurs, mais qu’il s’agissait de radicaux ayant poussé chez nous. Les armes utilisées, kalachnikovs et explosifs, circulent de plus en plus largement dans les banlieues chaudes du pays.
Ce matin sur Europe 1, Alain Bauer a eu le mot juste en déclarant que ces moulinets politiques ne sont rien d’autres que des mesures de communication destinées à rassurer l’opinion. L’ennemi n’est pas qu’à nos portes, il est déjà dans nos murs. Mais il est impossible de le dire sans cautionner une dérive que les autorités veulent à tout prix éviter.
Car l’objectif de ces attentats est évident : mettre en 1ere ligne les Musulmans de France, les exposer à la suspicion et à d’éventuelles représailles incontrôlées, ce qui renforcera la radicalisation politique et religieuse de bon nombre d’entre eux. Le schéma infernal de la guerre d’Algérie. A la différence près que les non-musulmans sont –pour l’instant- non majoritaires dans ce pays. Si la guerre civile doit éclater, et qu’un nettoyage ethnico-religieux s’ensuit, ce qui serait plus que probable, les « Pieds-Noirs » seront musulmans (comme au temps de la Reconquista ibérique).

Une fois de plus, il apparaît que pires ennemis de l’Islam ne sont pas les occidentaux, mais les fanatiques criminels qui se réclament de lui. Le réveil citoyen ne concerne pas seulement Jean-Eudes ou Kevin, mais aussi Mohammed. Si, dans les jours à venir, des signes forts ne viennent pas de la communauté musulmane –et notamment des jeunes- pour montrer son attachement à la France, on peut craindre le pire pour la suite.

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