mercredi 16 septembre 2015

La fin de Schengen, la fusion Ps/LR, et crise et syrienne

mercredi 16 septembre 2015

            Le mirage de la générosité germanique.

Cela n’aura pas duré longtemps. Pendant quelques jours, les germanolâtres s’en sont donnés à cœur joie. L’Allemagne, meilleure que nous en toute chose, nous donnait également des leçons de générosité. « Venez à nous, les damnés de la Terre ! Quittez vos rivages grouillants pour gagner le paradis germanique ! Fête de la bière et choucroute pour tout le Monde ! Heu…pour les musulmans, il y aura un menu de substitution ! »
Mutti Merkel, mère fouettarde du peuple grec, se transformait en mamie Nova des réfugiés moyen-orientaux, grondant ses vassaux de l’Est (hongrois, tchèques, slovaques et polonais) pour leur égoïsme. On allait voir ce qu’on allait voir, l’efficacité teutonne allait permettre d’absorber sans problème des centaines de milliers de migrants sous les applaudissements émus de la foule.
Et quelques jours plus tard, on a vu. Débordée sur son flanc sud, cette Bavière qui est aussi le fief des conservateurs allemands, le gouvernement Merkel jette l’éponge et rétablit les contrôles aux frontières de l’Autriche, qui en fait autant, ainsi que la Slovaquie, tandis que la Hongrie achève son mur le long de la frontière serbe, en attendant d’en élever un autre le long de la Roumanie.
Il y a deux ans, dans son numéro n°410 de mai 2013, le magazine Géo consacrait un article sur les frontières en Europe, se félicitant des avancées permises par les accords de Schengen.
Une éternité nous sépare désormais de ce genre de discours. Pour la plupart des commentateurs, ces accords datant de 1986 sont totalement périmés, et beaucoup de pays européens envisagent de rétablir les contrôles à leurs frontières. Quand les réalités du Monde vous rattrapent, il est bon d’avoir une clôture à son jardin et des murs solides à sa maison.
Reste à trouver la solution pour ces masses humaines. Merkel et son « yes-man » ( ou « ja-mensch ») Hollande nous ressortent leur couplet sur les quotas obligatoires, avec sanctions financières, dont les pays de l’Est ne veulent pas entendre parler. Sarko veut des grands centres de tri hors d’Europe. Quelle drôle d’idée ! Nous avons encore chez nous des camps en assez bon état : le Struthof en Alsace, Buchenwald en Allemagne, Mauthausen en Autriche…même Auschwitz peut resservir –les bâtiments en dur sont intacts, pour l’administration et les gardiens, il suffit de reconstruire les baraquements dont les emplacements ont été conservés.
Il serait dommage de laisser inutilisés ces excellents souvenirs de la générosité germanique.

            PS / droite : la fusion ou la mort !

Ils en sont donc là, les « stratèges » de la majorité. Proposer déjà, en vue des élections régionales de décembre prochain, une fusion des listes du PS et de la droite classique au 2e tour pour faire barrage au FN. L’idée semble abandonnée aussitôt lancée, tant le tollé est immense à gauche comme à droite. Mais elle est révélatrice de deux choses :
1) le FN fait peur, et apparaît comme une menace de plus en plus sérieuse. Non pas pour la « démocratie » et les « droits de de l’Homme », mais pour les prébendes acquises par tous les politicards des grands partis et de leurs supplétifs.
2) Il n’y a, en réalité aucune différence de fond entre le PS et les « Ripoublicains » dans leur gestion du pays et leur conception des choses. Leur seule opposition réelle tient au nombre limité de places à prendre dans le grand jeu politicien, qui les oblige à un simulacre d’affrontement au moment des élections. Faire bloc pour « survivre », entre « gens de de bonne compagnie » n’est donc pas contre nature.

            Syrie : un difficile retour aux réalités pour les dirigeants français.

Interrogé ce matin par Léa Salamé sur France Inter, le Ministre de la Défense Jean-Yves le Drian s’est livré à des contorsions difficiles pour évoquer l’évolution de la stratégie française dans l’affaire syrienne. Hier encore, a eu lieu un débat à l’Assemblée –sans vote, comme il sied à un beau pays démocratique comme le nôtre sur les questions de politique étrangère- sur d’éventuelles frappes françaises en Syrie.
Va-t-on enfin, comme le souhaitent les Américains, les Britanniques, les Russes, les Iraniens et pas mal de pays européens, cesser de considérer Bachar El Assad comme l’homme à abattre, et discuter avec lui pour combattre Daesh ?
Pour le Drian, Bachar El Assad « est l’ennemi de son peuple », le premier responsable des tous ces réfugiés qui nous arrivent. Sans blague ? Mais « notre ennemi à nous, français et européens, c’est Daesh ». Et le Ministre d’évoquer des frappes destinées à soutenir en priorité ce qui reste de l’Armée syrienne libre, dans la région d’Alep. Pas de troupes au sol non plus, il faudra faire avec ce qu’on a là-bas. Faut-il rappeler à M. le Ministre, que ceux qui se battent le plus efficacement contre Daesh sont justement ceux qui nous répugnons à aider franchement ?
Le gouvernement français actuel a décidément du mal à sortir de la posture impossible dans laquelle il s’est enfoncé depuis trois ans. Le « droit de l’hommisme » qu’il affiche –d’ailleurs à géométrie très variable- ne peut faire office de politique.
Tout ceci nous rappelle les années 1930. Face à la menace nazie, peu d’hommes politiques français avaient compris quelles étaient les priorités stratégiques. En 1935, un certain Pierre Laval tenta de bâtir une alliance d’encerclement du IIIe Reich, en s’appuyant sur l’Italie fasciste et l’Union soviétique. Par antifascisme, la gauche –Léon Blum en tête- s’y opposa. Par anticommunisme, la droite fit également barrage au projet. Renvoyé dans l’opposition suite au désaveu de sa politique d’austérité, Laval rumina sa revanche qu’il prit, comme on sait, le 10 juillet 1940, en enterrant la IIIe République…avant de pactiser avec les Nazis vainqueurs.
Est-on condamné à reproduire les mêmes bêtises ?
Nous retrouvons aujourd’hui hélas, comme dans les années 1930, un certain nombre de faits inquiétants (en bien pire qu’à l’époque) :
-un personnel politique médiocre.
-une population peu combative, désireuse avant tout de préserver son confort quotidien.
-une économie peu dynamique.
-une crise morale.
-un suivisme diplomatique qui nous interdit toute initiative intelligente.
-un outil de défense mal adapté aux menaces.

            Reste à savoir où se cache notre nouveau De Gaulle…

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