mardi 30 juin 2015
Référendum grec.
Intéressant tour
d’horizon radiophonique ce matin, sur le sujet du référendum proposé par Alexis
Tsipras au peuple grec, suite à l’ultimatum posé par la troïka au gouvernement
hellène.
Pour les Euro-libéraux
qui dominent le paysage médiatique bien-pensant, Tsipras est un irresponsable
et un menteur. Pour les supporters de Syriza, c’est un héros qui a des
couilles, le champion des peuples face aux technocrates au service du Grand
Capital mondialisé.
Je rejoins en
tout cas l’analyse de Thomas Piketty, sur Europe1 : les Grecs ont fait de
gros efforts, dans le cadre d’une politique d’austérité suicidaire. En 2014,
ils avaient atteint l’objectif d’excédent budgétaire net que les créanciers
leur avaient fixé pour obtenir le droit de renégocier avantageusement leur
dette. Mais paf ! On leur a annoncé que ce n’était pas suffisant, et qu’ils
devaient se serrer la ceinture jusqu’en 2047 ! D’où la chute du
gouvernement de l’époque et la victoire de Syriza. Et Piketty de conclure qu’il
faut impérativement que Merkel et Hollande montent au créneau pour maintenir la
Grèce dans la zone euro, et a fortiori dans l’UE, quitte à revenir sur leur
pacte de stabilité intenable à long terme. Y croit-il vraiment ? En tout
cas, entre ce référendum prévu pour dimanche et celui à venir au Royaume Uni,
ça va « turbuler » !
Nos
amis barbus…
…frappent de
partout : une trentaine de touristes massacrés en Tunisie (après un musée,
une plage : il ne manque plus qu’une attaque contre des excursionnistes en
dromadaire, et la carte postale sera complète !), une mosquée chiite
explosée au Koweït, un chef d’entreprise décapité en France par son employé
radicalisé (voilà un litige du travail tranché avec efficacité, sans passer par
les prud’hommes !)
« Nous
sommes en guerre ! » disent enfin les journalistes et la plupart des
hommes politiques. Ravi de pouvoir ainsi justifier sa loi sur le renseignement,
Manuel Valls enfonce le clou en évoquant une « guerre de civilisation »
et un « ennemi intérieur ». Estrosi n’était donc pas un fou furieux
irresponsable ? Ce genre de propos, qui relève plutôt de l’enfonçage de
portes ouvertes pour quiconque ne porte pas d’œillères idéologiques (et dont on
attend les conséquences concrètes), suscite l’ire de Mediapart. Le journal d’Edwy Plenel, par ailleurs indispensable, se
fourvoie hélas dans un aveuglement gauchiste qui touche au délire. Pour Plenel
et ses amis, l’islamisme lui-même n’existe pas !
Le
cinéma en deuil.
Trois grands
acteurs nous ont quitté coup sur coup :
1) L’immense
–au propre comme au figuré- Christopher Lee, inoubliable Dracula et autres
méchants charismatiques, que l’on pensait immortel à l’image du Prince des
Ténèbres.
2) Le
stylé Patrick Mac Nee, qui fut plutôt un acteur de télévision, et restera toujours
ce John Steed incarnant la classe aristocratique britannique dans The avengers (Chapeau Melon et bottes de cuir in french). Il formait avec Diana
Rigg (dont j’étais amoureux quand j’étais gosse) le couple le plus classe et le
plus sympathique de l’Histoire de la télé.
3) Et
enfin, Charles Pasqua, le Fernandel du cinéma politique français, vedette des
chefs d’œuvre bien connus : les
Barbouzes, Il était une fois un Flic, les Ripoux, le Parrain, Ne réveillez pas
un Flic qui dort…Pressenti pour jouer dans un remake du film de Jacques
Becker, Le Trou, il nous a hélas
quitté trop tôt.
Le
faux débat sur l’enseignement de l’Histoire.
Ou plutôt dans l’Histoire, la revue de référence en
matière de vulgarisation scientifique de cette discipline. Alléché par le
bandeau « Enseignement de l’Histoire, la polémique » figurant sur la
couverture du numéro double 413-414 consacré à la Guerre du Pacifique), je me
suis jeté sur les 11 pages consacrées au débat.
En fait de
débat, une longue discussion entre amis et collègues, brillants universitaires
et chercheurs (Michel Winock, Benjamin Stora, Patrick Boucheron et Olivier
Loubès), dont aucun n’enseigne en collège ou en lycée (sauf Loubès, mais en
classe prépa du « grand lycée » Saint Sernin à Toulouse). Ils
étaient tous ou presque du même avis, à savoir que les programmes actuels ne
posent pas de problèmes, qu’ils sont adaptés aux problématiques de la France d’aujourd’hui,
et que ceux qui les contestent sont, au choix, d’affreux réacs ou des « gens
inquiets » qu’il convient de rassurer afin qu’ils reviennent à de
meilleurs sentiments.
Quant aux
infâmes vulgarisateurs coupables de jouer sur la nostalgie pour assurer leurs
ventes (Eric Zemmour, Lorant Deutsch, Dimitri Casali, considérés comme des
héritiers du « réactionnaire » André Castelot), honte à eux !
Tout n’était pas
idiot, cependant, dans cet échange entre gens de bonne compagnie. Mais on
aurait aimé les entendre parler des méthodes appliquées en classe, et surtout
de la réalité du niveau des élèves d’aujourd’hui, que les pédagogies modernes
entendent transformer en « étudiants » alors que leurs capacités sont
de plus en plus faibles. Mais de cela, nos savants n’ont visiblement aucune
idée. Et ce n'est pas l'encadré consacré au témoignage d'une prof de terrain, pour laquelle tout va pour le mieux, qui risque d'ébranler leurs certitudes. Je leur conseille le dernier dossier spécial de Marianne (« Sauvons l’Ecole », n° 949, avec un contenu
qui, lui, tient ses promesses).
J’avais pensé au
départ écrire à l’Histoire pour
exprimer mon point de vue, mais aucun de mes courriers précédents, sur d’autres
sujets, n’ayant été publiés car sans doute insuffisamment dans la ligne « politiquement
correcte » de cette revue, j’avoue avoir renoncé.
« Ici Paris…les
élites parlent aux élites ! »
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