jeudi 25 juin 2015

Les taxis rouges; le vrai scandale des écoutes

jeudi 25 juin 2015

            Les taxis rouges.

Grande journée d’action des « taxis en colère » à Paris, après diverses  « opérations coups de poing », au sens propre, contre les VTC Uber Pop, leurs chauffeurs et parfois leurs clients. Si l’on peut comprendre le ressentiment d’une profession réglementée, dont les membres ont payé cher (ou se sont endettés) pour acheter leur licence, il est évident que les méthodes brutales employées et les pratiques douteuses de certains chauffeurs  ne font pas de la pub aux manifestants.
Mais savez-vous que la Bande dessinée avait prophétisé cette crise du métier de taxi ?
Il y a de cela 55 ans, Peyo lançait la première aventure de son héros Benoît Brisefer, intitulée Les Taxis rouges –récemment portée à l’écran. Rappelons l’histoire : une nouvelle entreprise de taxis dirigée par un certain Poilonez s’installe dans la bonne ville de Vivejoie-la-Grande. Elle utilise des technologies de pointe venues des Etats-Unis (nous sommes en 1960) : voitures puissantes équipées de téléphone, standard centralisé des appels des clients dans un building de verre et de béton, etc…Le pauvre M. Dussiflard, chauffeur de taxi traditionnel, ne peut faire le poids avec son vieux tacot. D’autant plus que les employés de Poilonez ne se gênent pas pour lui arracher ses clients, voire lui saccager son véhicule ! Heureusement, Benoît et sa force herculéenne vont œuvrer pour le bon droit, et dévoiler le complot ourdi par Poilonez, qui n’est autre qu’un bandit.
Nous avons aujourd’hui, avec de nouvelles technologies, la même problématique. A ceci près que la violence physique n’est pas du côté des « innovateurs », mais des « traditionnels » qui craignent la concurrence. Autre différence : à la place d’une entreprise centralisée façon Poilonez, caractéristique des Trente glorieuses, le système Uber Pop utilise en réseau des travailleurs indépendants, qui bossent pour arrondir leurs fins de mois. Le retour aux méthodes des industriels du textile de la 1ere moitié du XIXe siècle sous les oripeaux de la « nouvelle économie ». C’est d’autant plus facile que des grandes villes comme Paris comptent très peu de taxis pour 1000 habitants (deux à trois fois moins en proportion qu’à Londres ou New York), et qu’il y a des besoins énormes à satisfaire, aussi bien du côté des usagers que des chauffeurs occasionnels, nouveaux travailleurs précaires d’une économie de plus en plus dérégulée.
Devant la colère des chauffeurs et leurs capacités de nuisance, les pouvoirs publics ont décidé d’interdire Uber Pop…mais les médias et l’opinion ont déjà tranché dans l’autre sens. Et puis, comment faire appliquer efficacement cette interdiction, vu qu’il s’agit de véhicules privés et que les réservations peuvent se faire rapidement sur le Net ?
A long terme, les Poilonez modernes (et autres plombiers polonais) ont déjà gagné…même si les taxis jouent les Benoît Brisefer !

            Dis, tu mécoutes ?

Alors qu’une nouvelle polémique totalement vaine secoue la classe politique française à propos des écoutes dont ont été victimes nos présidents de la République de la part de la NSA, d’autres affaires d’écoutes déchirent notre société. Ou plutôt de « non-écoute ».
Les coupables ? Des parents totalement accros à leur smartphone. Les victimes ? Leurs propres gosses, qui se plaignent que leurs géniteurs ne les écoutent plus. 36% des adultes avouent en effet consulter leur joujou pendant le dîner familial. A la sortie de l’école, même topo…le récit de la journée du petit passe après celui du petit écran ou de la messagerie. Certains gamins en sont même à planquer les gadgets de papa ou maman pour les obliger à leur prêter attention.

Ils en riaient, ce matin, sur Europe 1. Moi, ça m’a fait froid dans le dos…

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