lundi 22 juin 2015

Grexit or not Grexit, démondialisation papale



lundi 22 juin 2015



                Grexit or not Grexit ?



Quel suspense ! De nouvelles « négociations de la dernière chance », ce sont ouvertes aujourd’hui pour décider du sort financier de la Grèce. « Une journée décisive », a proclamé Moscovici ce matin sur Europe 1, aussitôt contredit par Angela Merkel, qui a annoncé que le processus allait prendre plusieurs jours, voire plus. Et Hollande, de son côté, plus martial que jamais, affirme qu’il ne voudra pas d’un accord au rabais, mais exigera une solution définitive ou du moins de long terme. Pendant ce temps-là, ce qui reste d’épargnants au pays de Xénophon se précipite dans les banques pour retirer ses billes.

Une pénible impression de déjà-vu, comme cette « grande conférence sur le climat », la Cop21, qui s’achèvera comme les autres sur de belles déclarations non suivies d’effet pour la plupart. Dans le dossier grec, la seule pièce vraiment nouvelle est cette proposition d’aide financière « gratuite » venue de Moscou. Vladimir Poutine, toujours joueur d’échecs, tient là une belle occasion d’avancer ses pièces vers « les mers chaudes », vers un pays frère en religion. A la place des Grecs, je jouerais à fond cette carte. L’OTAN veut-il voir l’un de ses membres les plus importants par sa position stratégique se jeter dans les bras de Moscou ? Sinon, crachez au bassinet, messieurs les Occidentaux !



                Démondialisation papale.



Le Pape François est décidément quelqu’un d’intéressant, même si l’intelligentsia française a commencé à le bouder, suite à son refus d’accréditer au Vatican un diplomate homosexuel, et à sa volonté de canoniser un évêque ayant tenu des propos antisémites dans les années 1920.

Ce ne sont pas ces broutilles qui ont retenu mon attention, mais les récentes prises de position écologiques du Saint Père. Son analyse, qui n’est pas nouvelle en elle-même, mais qui n’avait jamais été reprise aussi loin par la papauté, fait le lien entre la mondialisation sauvage (avec son cortège de dégâts sociaux et économiques) et les menaces pesant sur notre environnement. François n’invente pas la poudre, puisque tout ceci compose depuis des lustres le fameux triptyque de ce développement durable dont nous rebat les oreilles.

Un développement durable repris en chœur par les Etats comme les firmes transnationales, afin de peindre en vert un modèle capitaliste mondialisé qui ne peut nous mener qu’au désastre. Le Pape, écolo radical, ne se contente pas des banalités économiquement correctes, mais se rallie carrément aux adeptes de la « démondialisation ».

« Dans démondialisation, il y a démon ! » avait hurlé le journaliste libéral Jean-Marc Sylvestre il y a de cela quelques années, alors que le concept commençait à faire parler de lui.

Il faut croire que Satan s’est installé sur le Saint-Siège.

Pour certains commentateurs, il y aurait dans les prises de position du pape une vraie rupture doctrinale. La vision du Monde judéo-chrétienne ferait en effet de notre Monde un cadeau fait aux hommes par le Créateur, à charge pour eux de le peupler et d’en faire ce qu’il veut.

C’est oublier un peu vite que la contrepartie de ce cadeau est une exigence de spiritualité, le refus des souffrances et des destructions inutiles, et que de nombreux textes chrétiens mentionnent les autres créatures de Dieu, animales et végétales, comme devant être également respectées. Faire de la planète le champ clos de nos égoïsmes, un espace d’exploitation à outrance afin de satisfaire nos appétits de puissance et de consommation est une idéologie qui prend sa source dans une autre tradition, celle de l’Humanisme de la Renaissance. L’Homme y devient le centre de l’Univers, auquel tout doit être subordonné. Il suffit d’y ajouter le libéralisme des Lumières et les moyens techniques des différentes révolutions industrielles, le tout combiné à l’explosion démographique mondiale, et nous aboutissons à la situation inquiétante d’aujourd’hui.

La vraie révolution venant de Rome serait complète à mon sens si le pape –qui a commencé à poser des jalons en ce sens- donnait pour consigne de cesser de « croître et multiplier ».

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