mardi
16 juin 2015
Jet Valls, l’ami
des patrons.
Manuel Valls est un homme pressé, mais il a dédaigné
les outils modernes de communication pour rencontrer personnellement Michel
Platini à Berlin –et accessoirement assister au match Barça-Juventus avec ses
deux fils- le tout en utilisant un jet aux frais de la République. C’est
sûrement ce que l’on appelle « les valeurs républicaines ».
Sérieusement secoué par les lazzis venus de toute
part, le Premier Ministre a mis quelques jours à reconnaître ses torts, avant
de déclarer qu’il allait rembourser le coût du transport de ses rejetons. Il a
été plus rapide pour intégrer à la
dernière minute au texte de la loi Macron un amendement ultra-favorable aux
entreprises, permettant de licencier à moindre frais les salariés (plafonnement
des indemnités décidées aux prud’hommes), soumis de surcroît à une flexibilité
renforcée (allongement de la durée des CDD, renouvelables deux fois).
Et dans la foulée, il dégaine le 49-3 pour clore la
discussion. Quel homme !
Mais heureusement pour lui et tous les
sociaux-libéraux, l’immense Robert Badinter vient de descendre dans l’arène
pour approuver une réforme du code du Travail, dans le sens, bien sûr, d’une
simplification qui « favoriserait l’emploi ». Nicolas Barré,
chroniqueur économique libéral (mais faut-il le préciser, vu que l’on entend
que ceux-là sur les ondes) d’Europe1, ne s’en sentait plus de joie ce matin.
Sur France Inter, un autre chroniqueur plus caustique faisait le parallèle
suivant : « C’est un peu comme si on déclarait que la facilitation du
divorce allait faire augmenter le nombre de mariages ! »
Mais si c’est une « grande conscience de la
Gauche « qui le dit…
Migrants à nos portes, la Grèce à la porte ?
L’UE est en crise, une fois de plus. Tandis que
David Cameron vient de faire approuver par le parlement britannique son projet
de référendum sur une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’UE (le Brexit), le
blocage des négociations entre le gouvernement grec et la « troïka »
(FMI/BCE/Commission) fait ressurgir le spectre d’une sortie de la Grèce de la
zone euro (le Grexit). Pendant ce temps, les migrants clandestins ayant
transité par l’Italie se bousculent à nos frontières, et le ton monte entre Paris
et Rome sur ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire, et tout le monde s’empoigne
sur les accords de Schengen.
C’est tout le paradoxe de l’UE : ceux qui y
sont ont la tentation d’en sortir, ceux qui n’y sont pas risquent leur peau
pour y entrer. En attendant, il est révélateur de voir nos libéraux de tout
poil brailler de concert pour exclure le peuple grec du « club »,
tout en réclamant un meilleur accueil pour ces réfugiés non-Européens. Cela n’a
rien d’illogique : les Grecs sont des mauvais coucheurs, attachés à leurs
droits sociaux et à leur niveau de vie. Les hordes d’affamés venues d’Afrique
et du Moyen-Orient sont prêtes à accepter n’importe quoi pour accéder à nos
libertés : on pourra donc les exploiter jusqu’à plus soif et les utiliser
pour démanteler le carcan des protections sociales. Le meilleur des mondes
capitalistes !
Des
églises en mosquées, il fallait y penser.
Et surtout le dire, ce qu’a fait hier Dalil
Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris. L’idée n’est pas nouvelle : les
églises catholiques se vident, les mosquées et salles de prières musulmanes
sont trop pleines. La solution s’impose d’elle-même. D’ailleurs, comme l’a affirmé
le recteur en tout œcuménisme, « nous prions le même Dieu, nous avons à
peu près les mêmes rites… » Encore une tranche de saucisson avec votre
verre de vin, M. le Recteur ?
Celui-ci, interrogé sur le poids de l’UOIF
(émanation des Frères Musulmans, dont Marion Maréchal-Le Pen demande la
dissolution –ce qui est idiot à mon avis), M. Boubakeur a déclaré que celle-ci
avait beaucoup changé, qu’il ne fallait pas dramatiser…
A peu près au même moment, des adeptes de cette même
UOIF se livrait à un numéro d’intimidation en direct, devant les caméras de France
2, au détriment de l’imam de Drancy connu pour sa modération : « Pourquoi
interrogez-vous toujours cet homme, qui ne représente pas les musulmans, et qui
est détesté par les jeunes ? » a dit un barbu avec un sourire
onctueux, tout en faisant mine de caresser l’imam, tandis qu’une moukère voilée
opinait en arrière-plan.
Coïncidence, hier toujours, la basilique de Nantes
voyait sa charpente partir en fumée à la suite d’un fausse manoeuvre de l’équipe
chargée des réparations du toit.
Et si on vendait la ruine aux associations
musulmanes du coin ? Avec l’argent du Qatar ou de l’Arabie, tout cela
serait vite restauré, et la bonne ville de Nantes résonnerait bientôt d’appels
à la prière. Le Grand remplacement, c’est maintenant !
La déglutition de Vincent Lambert.
Quelle empoignade autour de ce pauvre type !
Légume ou pas ? La vidéo postée par une association religieuse hostile à l’euthanasie
a mobilisé une horde de commentateurs. Il cligne de l’œil : réflexe. Il
ouvre la bouche : réflexe. Cela ne prouve rien. Mais le fait de voir un
visage, là où on ne voyait qu’un nom et un cas clinico-juridique, a
quelque chose de dérangeant.
Qu’il faille tuer Vincent Lambert ou pas (rien de m’horripile
plus que les périphrases et euphémismes du genre : « le laisser
partir »), tout ceci nous rappelle que nous avons affaire à un être
humain, et qu’il ne peut y avoir dans cette affaire qu’une mauvaise décision.
Heureusement il y a les Kurdes (bis).
Le Sultan Erdogan s’est pris une baffe à l’occasion
des dernières élections législatives turques. L’AKP reste en tête, mais a
reculé et surtout n’a pas obtenu la majorité absolue nécessaire à la
modification constitutionnelle que le Chef d’Etat voulait mettre en œuvre pour
renforcer ses pouvoirs. Merci au parti HDP, kurde à l’origine, mais qui a su
dépasser les barrières ethniques pour mobiliser tous les adversaires de la
dérive autoritaire et religieuse du régime. Un régime complice des barbares de
Daesh, que combattent également les miliciens kurdes en Irak et en Syrie. Une
très belle photo publiée dans l’Obs
du 11 juin, nous montre, sur ce même front, une femme kurde arrachant sa burqa,
alors qu’elle et sa famille franchissent la ligne de front pour entrer dans la
zone autonome kurde. A côté d’elle, un homme lève le bras en signe de victoire
ou de soulagement.
Ces hommes et ces femmes, là-bas, se battent pour
eux-mêmes, mais aussi pour nous. Il serait grand temps qu’ici, nos élites aveuglées
ouvrent enfin les yeux sur les réalités, avant qu’il ne soit trop tard.
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