dimanche 19 avril 2015

Les "Ripoublicains".

dimanche 19 avril 2015

            Les Ripoublicains…

…ou comment notre pays achève son américanisation institutionnelle.
On savait que Nicolas Sarkozy –mais aussi François Hollande- avaient, en leur jeune temps, bénéficié d’un séjour aux States tous frais payés par des faux-nez des services secrets américains. On n’ignorait pas non plus que depuis des lustres, c’est le modèle anglo-saxon qui règne dans les têtes de nos élites politiques, économiques et médiatiques. L’illustration la plus spectaculaire de ce phénomène, au cours des dernières années, fut la transformation de la plus française des grandes écoles, Sciences Po Paris, en « business school » politiquement correcte, par la grâce de « Richie D’ », alias Richard Descoings (dont une biographie vient de sortir).
La mutation se poursuit, et même s’accélère, si l’on considère les faits suivants :
-la réforme du collège, qui détruit la culture classique, réduit les volumes horaires consacrés aux enseignements de base au profit de gadgets pédagogos, et plonge tous les élèves dans un océan de médiocrité. Seule issue pour les parents qui en ont les moyens : mettre leurs gosses dans des bahuts privés, éventuellement hors contrat, afin d’être sûrs d’échapper aux délires démagogiques et faux-culs de l’Education nationale. Ou, pourquoi pas, faire l’école à la maison ? Bienvenue aux States !
-la nouvelle loi antiterroriste, sorte de « Patriot Act » à la française. Promis juré, votre liberté et votre vie privée (cette dernière n’étant plus aujourd’hui qu’une « anomalie », comme dirait le patron de Google) n’ont rien à craindre, si vous n’avez rien à vous reprocher ! Les avocats hurlent à la mort, les juges (et notamment ceux chargés des affaires terroristes) émettent de vives critiques. On s’en fout, il paraît que plus de 60% des Français sont d’accord. Avec « Charlie Hebdo », nous avons eu notre 11 septembre. Et tout ce qui va avec. Bienvenue aux States !
-le principal parti de droite va désormais s’appeler « les Républicains » : comme aux States !
Evidemment, personne n’est dupe de la manœuvre, qui consiste avant tout à couper les ponts avec un passé judiciaire encombrant. C’est une vieille tradition héritée des accapareurs de l’époque chiraquienne : sous Jacquot, on avait ainsi rebaptisé deux fois le parti (de l’UDR au RPR, puis du RPR à l’UMP). Le petit Nicolas a été à bonne école. Le terme choisi est à la fois tellement vague et si chargé de vertus supposées, que ce nouveau parti va bénéficier d’une position a priori avantageuse sur la scène politico-médiatique et dans le champ sémantique.
Pourra-t-on être plus « républicains » que ces gens-là ? Finis, les jeux de mots douteux tels que l’UMPS, inventé par Chevènement et repris par Marine Le Pen !
Petit problème cependant : est-ce une bonne chose pour l’idée républicaine, dans ce pays, que de voir cette appellation monopolisée par une seule formation politique, qui bat de surcroît le record de personnalités ayant maille à partir avec la justice ?
Des « Républicains » de carton-pâte, et des « Socialistes » en peau de lapin…nous voilà bien barrés.

           

La faute stratégique du FN.

Le Front National vient de laisser passer une occasion unique de faire le ménage dans ses rangs. Les dérapages répétés et délibérés de Jean-Marie auraient dû faire l’objet d’une exclusion en bonne et due forme du vieux cabot pétomane, comme le souhaitait l’avisé Philippot. Mais non. De peur de se fâcher avec la vieille garde et la droite du parti , qui préfèrent la petite Marion à sa tante Marine, celle-ci a préféré la demi-mesure : le « Vieux » ne se présentera pas en PACA pour les prochaines régionales, mais restera membre du FN…et même président d’honneur ?
Jean-Marie Le Pen est le boulet du parti. Tout le poids symbolique qui est le sien, ou les attachements qu’il suscite encore, ne pèsent rien face aux dégâts médiatiques qu’il commet.
Le virer, dit-on, aurait entraîné une crise grave au sein du mouvement, comme lors de la scission mégrétiste de 1998. Et alors ? Quatre ans plus tard, Mégret ne pesait plus rien et Le Pen était au second tour de la présidentielle. En toute logique, Marine devrait en tirer les conclusions, et profiter des deux ans qui viennent pour virer le « Vieux » et ses derniers partisans.
Mais une telle faute s’explique peut-être aussi par des choses que nous ignorons. Un Jean-Marie Le Pen en « liberté », avec toutes les choses qu’il sait sur les cuisines internes du parti (lesquelles ne doivent pas sentir trop bon), est sans doute dangereux pour les gars de la Marine.

Finalement, le FN est bien « républicain », lui aussi !

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