samedi 18 octobre 2014

Merde à Bruxelles ? Rebaptiser le PS. Erdogan et les Kurdes.

samedi 18 octobre 2014

            Dire merde à Bruxelles.

Il paraît que la dernière rafale de mesures d’austérité lancée par le gouvernement, le sieur Macron en tête, aurait pour but essentiel de rassurer la Commission de Bruxelles. Car ladite Commission doit examiner ces jours-ci le projet de budget de la France. Tremble, garnement français, la maîtresse UE corrige ta copie ! On ne remerciera jamais assez Sarko et Merkel, puis Hollande, d’avoir permis une telle mascarade.
Et si on lui disait merde, à l’UE ? Que se passerait-il ? Une amende, correspondant à 0,4% du PIB ? Outre le côté stupide de la peine (surtaxer un pays endetté), il paraît que ce ne serait pas envisageable…la France, vilaine élève de la classe UE, serait trop importante pour qu’on lui inflige un tel traitement. Ce genre de choses, c’est bon pour les Grecs, les Portugais ou les Espagnols. Ou ces ploucs d’Irlandais. La maîtresse se contenterait donc de froncer les sourcils, de mettre une appréciation vacharde, et nos « dirigeants » seraient bons pour faire quelques promesses de nouveaux « efforts », de nouvelles « réformes ».
-Un peu de dignité, que diable ! Dites-leur merde, faites-leur comprendre que c’est une autre politique de l’on veut pour l’Europe !
-Mais vous n’y pensez-pas ? Que vont dire les marchés ?
-Ah, pardon, j’oubliais…qui est vraiment le maître de tout ce bordel.

            Rebaptiser le PS.

Sarkozy veut rebaptiser l’UMP, Marine Le Pen veut en faire autant avec le parti de son papa.
Et pourquoi pas le PS ? Je ne peux résister au plaisir de citer Jacques Julliard (Marianne n°913, p. 6). Après avoir rappelé les grands acquis sociaux accumulés depuis les années 1930, il assène :
« […] on s’attaque aujourd’hui, au nom de l’inégalité des conditions, au principe de l’égalité des allocations familiales. Comme on s’attaque aux prépas, ou à la Constitution. Et plus généralement à tout ce qui marche à peu près dans ce pays. Elles sont comme ça, nos grosses têtes socialistes : puisque de toute façon on se noie, assurons-nous au moins que personne n’en réchappera. »
Dans ces conditions, rebaptisons-vite le PS en PSN : Parti du Suicide National.

            Achever l’Education Nationale.

C’est dans la même veine que la bien-pensante Ministre de l’Education Nationale entend ainsi redistribuer les moyens entre les académies. Celles qui affichent les plus mauvais résultats seraient ainsi « mieux dotées » que celles qui s’en sortent le mieux. Le tout à moyens constants, ce qui revient à déshabiller Paul pour habiller Jacques  (ou plutôt, Paul-Edouard paiera pour Jamel et Brandon). En apparence, ce côté Robin des Bois devrait séduire tout progressiste qui se respecte.
Mais regardons de plus près les réalités. Un bilan a déjà été tiré des ZEP, qui ont bénéficié, dans chaque académie, de dépenses importantes. Cela n’a pas entraîné de progrès fabuleux, à quelques exceptions près, même si l’on peut penser que la situation serait pire si l’on avait rien fait. Or, ici, il s’agit d’affaiblir les académies « bien portantes » (si l’on peut dire, tant les chiffres de réussite sont trafiqués partout) pour appliquer les mêmes recettes douteuses.
Personne n’y gagnera, mais tout le monde coulera ensemble !
Comme chantait l’autre :
France socialiste,
puisque tu existes,
pourris-nous la vie,
ici et maintenant !

Mais ceci aurait néanmoins un effet positif inattendu. Pour bénéficier de plus de moyens (ou ne pas être trop pénalisées), les bonnes académies n’auront d’autres choix que d’afficher de mauvais résultats. Finis, la bienveillance et le laxisme ! Amis profs, si vous voulez que votre académie garde ses moyens, tirez dans le tas ! Ce sera la fin du brevet et du bac bradés, du passage automatique dans la classe supérieure, du maintien à tout prix dans le système d’élèves nuisibles. Aviez-vous pensé à ça, Mme Vallaud-Belkacem ?

            Dire et faire n’importe quoi.

C’est devenu la marque de fabrique de ce gouvernement. Les palinodies sur l’écotaxe, les autoroutes, le nucléaire, la fiscalité ou la politique sociale forment un ballet étourdissant qui n’est pas sans rappeler la méthode Sarko : une « idée » par semaine, une polémique par mois, histoire de faire oublier que je ne gouverne plus que pour les lobbies qui m’ont porté au pouvoir. Parmi les dernières incohérences, la dernière vague de fermeture de bases militaires, de casernes et de régiments. Cela va non seulement affecter cruellement l’économie des villes concernées, mais aussi affaiblir gravement ce qui nous reste de « défense nationale », alors même que notre président semble raffoler des interventions multiples à l’étranger.
Un exemple de ce délire. A Metz, la fermeture d’une caserne devait être compensée, entre autres, par l’installation d’une entreprise liée à l’exploitation de l’écotaxe. Mais cette dernière étant supprimée, plus d’entreprise…et plus de caserne non plus. A Metz, on dit merci qui ?

            Notre « allié » Erdogan, le nouveau « Jeune Turc ».

A l’heure où les derniers combattants Kurdes syriens résistent héroïquement dans la ville de Kobani aux assauts des barbus de l’Etat Islamique, tout le monde s’interroge sur l’attitude de la Turquie, membre de la coalition censée détruire ce même EI. Frontière bouclée pour les Kurdes qui tentent de venir aider leurs frères, répression des mêmes Kurdes qui protestent, poursuite des trafics qui permettent à l’EI de survivre économiquement. L’armée turque observe l’agonie des Kurdes syriens, et interdit plus ou moins aux Américains d’utiliser ses bases pour appuyer plus efficacement ces derniers.
En 1915, le gouvernement « jeune turc » avait utilisé les Kurdes pour massacrer les Arméniens. Aujourd’hui, Erdogan utilise les fanatiques sunnites pour massacrer les Kurdes.
Autres temps, mêmes mœurs.


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