dimanche 31 août 2014

1914-2014: le suicide de l'Europe, éternel recommencement ?

dimanche 31 août 2014

            1914-2014 : le suicide de l’Europe, éternel recommencement ?

Il est assez surprenant que la déferlante commémorative que nous impose Pépère n’ait pour l’instant interpellé aucun commentateur sur une évidence : cent ans plus tard, pour des raisons de « principe », une logique d’alliances et d’obscurs intérêts (qui ne sont, de toute évidence, pas ceux des peuples européens), l’Europe plonge à nouveau dans le désastre.
Remplacez la crise austro-serbe par la crise russo-ukrainienne, la Triple Entente par l’OTAN, Poincaré par Pépère, et boum !
Certes, il est bien peu probable que tout cela dégénère en guerre ouverte, au-delà de l’affrontement larvé entre Kiev et Moscou. Et il est plus que vraisemblable que tout se termine par la « finlandisation » d’une Ukraine fédéralisée. Mais les dégâts économiques sont déjà là, sans parler des éventuelles conséquences stratégiques d’une rupture prolongée entre la Russie et les puissances occidentales. La faute à Poutine ? C’est ce que serinent nos médias bien pensants et les gouvernements inféodés à Washington.
Dans les faits, je me réfère plutôt à l’excellente analyse de Jean-Pierre Chevènement, qui une fois de plus parle d’or, sur tous les sujets, dans le dernier Marianne (n°906). Il rappelle à quel point l’UE s’est parjurée dans sa mission de « bons offices » entre les insurgés de la place Maïdan et le président Ianoukovitch, début 2014, pour ensuite se fourvoyer dans un bras de fer avec Moscou que l’ectoplasme bruxellois n’a aucune chance de gagner. La Russie va bien entendu souffrir des sanctions économiques que l’Axe Washington-Bruxelles (siège de l’OTAN, rappelons-le !) met en place contre elle, mais pas autant que les Européens (Français et Allemands en tête). Car Poutine voit déjà se bousculer d’autres partenaires, qu’il a eu le bon sens de ménager, en Amérique latine, en Afrique et en Asie.
Les grands gagnants de ce psychodrame inutile et suicidaire sont de fait les Etats-Unis (dont l’économie redémarre), la Chine et le Brésil. Les perdants, stupides dindons de la farce, les pays de l’UE et les valets qui n’auront pas su prendre leurs distances avec leurs maîtres. On rigolera bien, lorsque Poutine interdira l’espace aérien russe aux avions de ligne assurant la liaison entre l’Europe et l’Extrême-orient !
Et on nous vantait, à une époque, une Europe plus puissante, mieux à même de défendre les intérêts des Etats qui la composent, par le biais d’une diplomatie unique ! De fait, l’UE et sa zone euro s’apparentent à un syndic de faillite. L’Europe par la preuve…

            Rébellion taubiresque.

Christiane Taubira est allée s’afficher à l’université d’été du PS, aux côtés des frondeurs er de leur nouveau mouvement intitulé « Vive la Gauche ». Elle y a vivement affirmé sa liberté de parole au sein d’un gouvernement que l’on croyait mis au pas par Manuel Valls. En toute logique, la dame aurait dû être virée le soir même. Mais non ! C’eût été toucher au triangle politiquement correct savamment élaboré par l’exécutif. Valls 2 est déjà mal barré.

           

Immeubles à double entrée.

Les médias s’émeuvent depuis quelques jours de ces nouveaux immeubles londoniens, qui présentent une double entrée : une pour les riches, une pour les pauvres. Effet pervers d’une loi sociale obligeant les promoteurs à réserver une partie de leurs nouveaux immeubles d’habitation de « standing » à des locataires économiquement faibles. Comme la « mixité sociale » risquerait de faire fuir de riches investisseurs, la solution la plus simple était de pratiquer l’apartheid économique. Les créateurs de ce dispositif se défendent en expliquant que les passagers d’un avion, d’un bateau ou d’un train ne voyagent pas tous dans la même classe, et que cela ne choque personne. C’est juste, même si l’on peut faire une nuance de ressenti entre une discrimination économique occasionnelle ou temporaire, et celle s’imposant dans la durée, au quotidien.

Certains ont rappelé que l’on revenait ici aux immeubles parisiens du XIXe siècle : les riches au 1er étage, les pauvres sous les combles, les classes moyennes entre les deux. En réalité, c’est bien pire, car ces nouvelles résidences ont même des ascenseurs et escaliers séparés ! Mais toutes les bonnes âmes qui s’émeuvent de cette ségrégation choquante poussent rarement leur analyse jusqu’à sa conclusion évidente : ce système n’est que la manifestation concrète d’une logique économique, que personne de « raisonnable » n’entend remettre en cause.

Aucun commentaire: