lundi 16 juin 2014
Quand le foot vient à la rescousse
du politique.
Pour le Brésil,
une victoire douteuse face à la Croatie : suffira-t-elle à faire baisser
la grogne sociale qui menace de gâcher « la grande fête du football » ?
En tout cas, jamais la corruption du petit monde du foot n’aura semblé aussi
évidente.
Pour la France,
une victoire nette, même face à un adversaire médiocre, quoique teigneux, le
Honduras. Hollande a poussé la démagogie jusqu’à inviter les médaillés de
Sotchi à assister au match en direct dans la salle des fêtes de l’Elysée. Il
aurait pu aussi voir la rencontre dans un troquet, au milieu de supporters
avinés, mais le « Président normal » connaît les limites de sa
popularité. Une équipe qui gagne pour l’instant, celle de Didier Deschamps,
censée servir de modèle à une autre qui foire presque tout, celle de Pépère et
de Valls.
Car la grogne
sociale est montée d’un cran chez nous, avec la grève dure des cheminots et des
intermittents du spectacle, dont les effets sont immédiats en termes de
nuisances. Je ne rentrerai pas ici dans le débat sur la légitimité ou non de
ces mouvements sociaux, une question fort complexe à laquelle il est impossible
de répondre simplement sans tomber dans la caricature. Plus intéressant est de
se pencher sur le malaise qui règne à gauche.
Valls a en effet
cru bon de faire la morale à celle-ci (et notamment aux 40 députés rebelles
du PS), d’en appeler au « sens des responsabilités », à l’ « union »,
en agitant pour la énième fois l’épouvantail FN. Mais, M. le Premier Ministre,
quelle définition donnez-vous au juste de ce que serait « la Gauche »
en France aujourd’hui ?
Il faudra plus d’une
victoire française au Brésil, et pas mal de shoots
de foot, cet opium des peuples, pour faire oublier la triste situation de notre
pays.
Quand
le bon sens vient à Washington.
L’administration
Obama, face à la menace jihadisto-sunnite en Irak, est en train d’opérer un
virage spectaculaire en se rapprochant de Téhéran. En gros, la stratégie
nécessaire que j’évoquais dans mon dernier article est en train de devenir,
partiellement, celle des Etats-Unis.
Quelle ironie de
l’Histoire, quand on songe que la menace nucléaire iranienne était considérée
il y a peu comme le péril numéro Un !
C’est d’autant
plus drôle que pendant ce temps-là, la justice américaine s’en prend
toujours aux entreprises étrangères qui ont osé commercer avec l’Iran, et que
certaines séries télé US, telle Homeland
(par ailleurs excellente), propagent encore la fable d’une coopération entre
Téhéran et Al-Qaïda. Mais la roue tourne : ainsi la saison 3 de Homeland évoque-t-elle déjà une sortie
de crise entre les deux vieux ennemis. Il est dommage que le sens des réalités
vienne toujours s’imposer si tard. Trop tard ?
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