samedi 14 juin 2014
Irak : la facture de M. Bush.
Le scénario catastrophe,
que la plupart des observateurs sérieux avaient anticipé, est donc en marche,
au rythme des colonnes djihadistes en route vers Bagdad. Le peuple irakien n’a
pas fini de payer la facture laissée par George Bush junior.
Repenser
nos alliances régionales et mondiales.
Ce qui se passe
au Proche-Orient, et nous menace aussi directement sur notre sol (voir le
dernier livre de Samuel Laurent, Al Qaïda
en France, qui fait froid dans le dos), devrait conduire nos dirigeants à
repenser radicalement leur logiciel stratégique.
En premier lieu,
réaliser enfin que les intérêts français –et européens- ne sont pas forcément
ceux de nos maîtres de Washington. De Gaulle l’avait compris, et plus que
jamais l’Histoire lui donne raison. En second lieu, qu’une réelle solidarité
eurasiatique s’impose, en suivant l’axe Paris-Berlin-Moscou-Pékin, aussi bien
en matière de sécurité qu’en approvisionnements vitaux. Une « Sainte
Alliance » des vieilles civilisations, face aux « nouveaux barbares »
et leurs complices objectifs.
Enfin, sur le
front moyen-oriental, adopter une stratégie cohérente, selon le principe
éprouvé : « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », complété
par un autre : « celui qui dit être mon ami et finance mes ennemis
est lui aussi un ennemi ».
Concrètement,
cela revient à s’allier avec l’Iran, soutenir Bachar El-Assad, jouer la
carte Kurde, surveiller de près le régime d’Erdogan en Turquie, mettre en
quarantaine les pétro-monarchies du Golfe. Et Israël dans tout cela ?
Mettre en demeure l’Etat juif de laisser se créer un Etat palestinien viable, auquel
cas Israël pourrait être admis dans le cercle des « amis ». S’il
refuse, couper les ponts avec lui et l’abandonner aux bras des Ricains –si tant
est que l’on sache clairement qui est dans les bras de qui, en l’occurrence.
Je conviens qu’il
faut beaucoup d’audace et une absence totale de préjugés idéologiques pour
mettre en œuvre un tel projet. Mais l’Histoire est là pour nous rappeler que
les faits sont têtus, et que les naïfs sont broyés par eux. En 1935, face au
réarmement allemand toléré –voire encouragé- par nos « bons amis »
britanniques, un seul homme politique français eut la vision d’une diplomatie à
la fois simple et intelligente, passant par un « containment » du
IIIe Reich par trois puissances continentales : la France à l’ouest, l’Italie
au sud et la Russie à l’ouest. En somme, refaire la Grande Alliance de 1914,
qui avait bien fonctionné.
L’Italie de
Mussolini est alors violemment hostile à Hitler, tout comme l’URSS de Staline,
et les deux pays s’étaient même reconnus mutuellement, malgré les grands
discours de façade.
Mais en France,
la Droite –par anticommunisme- et la Gauche –par antifascisme (Léon Blum
considérait que Mussolini était plus dangereux qu’Hitler !), firent
capoter le projet. Quand le « Duce » fit l’erreur de s’engager en Ethiopie,
nos belles démocraties libérales, tout en le laissant faire, commirent la
bêtise de le sanctionner symboliquement et de le vexer, ce qui le jeta dans les
bras du Führer. Trois ans plus tard, même réaction stupide face à la crise
tchèque, faite de « trop » ou « trop peu », et le même
résultat catastrophique : quelques mois après, Staline préférait conclure
un « Pacte des Loups » avec Hitler, plutôt qu’un mariage arrangé avec
les péteux franco-britanniques.
Faut-il vraiment
répéter les conneries du passé ? Nous n’y sommes pas obligés, à condition
d’avoir un cerveau –et des tripes- en bon état de marche.
Ah, au fait, qui
était cet homme politique si clairvoyant ? Pierre Laval ! Quand je
vous disais qu’il fallait se défier de tout préjugé…
Pour
en finir avec le Bac…et le Brevet.
J’appartiens à
un syndicat, le Snalc, qui dit beaucoup de choses intelligentes sur l’Ecole.
Mais je ne le suis plus lorsqu’il continue, comme il le fait, à défendre becs
et ongles les « diplômes nationaux » que sont le Baccalauréat et le
Brevet des Collèges. Certes, mon syndicat a sa logique : ces diplômes
doivent retrouver leur valeur en redevenant des épreuves exigeantes, sanctionnant
un véritable niveau permettant de poursuivre des études au lycée (Brevet) ou
dans le Supérieur (Bac). Tout à fait d’accord, mais impossible à mettre en
pratique dans l’état actuel de notre société, baignée depuis des lustres par
une idéologie laxiste, celle du « droit à la réussite » et autres
fadaises bien- pensantes. Surtout pas avec les couilles molles que nous avons
aujourd’hui au pouvoir.
Je rejoins donc
l’analyse de Jacques Julliard dans le dernier Marianne (n°895), qui règle parfaitement leur compte à ces
institutions aussi coûteuse qu’inutiles, et j’y ajoute quelques « recommandations »…
L’Ecole doit se recentrer sur sa mission d’origine : transmettre des
savoirs. Il faut mettre en place une orientation rigoureuse, et restaurer pleinement
l’autorité des conseils de classe. Supprimer l’obligation faite aux chefs d’établissement
de trouver lui-même un « bahut » d’accueil aux rigolos qui lui
cassent les pieds et qu’il veut mettre dehors. Le « droit à l’éducation »
doit s’accompagner d’un devoir d’obéissance et de respect de la part de ceux
qui en bénéficient. Le bac doit être remplacé par un contrôle continu de la
Seconde à la Terminale, et l’admission dans le Supérieur être laissée aux bons
soins et aux capacités d’accueil des établissements concernés. Les conseils de
classe de fin d’année doivent avoir lieu après
la fin des cours, et l’on pourrait mobiliser pour cela les derniers jours
de juin, le mois de juillet devant être celui des éventuels examens d’entrée en
fac pour et les grandes écoles.
Tout cela n’est
pas seulement faisable, mais c’est à la fois souhaitable et urgent. Enfin,
faisable…tout comme dans bien d’autres domaines, il y faut de la « vision »
et du courage, autant de qualités qui font cruellement défaut aujourd’hui.
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