mardi
10 juin 2014
Le Jour le plus
long.
Erwin Rommel ne croyait pas si bien dire lorsqu’il qualifia
ainsi le futur débarquement allié en Normandie. 70 ans plus tard, le « Jour
le plus long » est devenu carrément interminable, avec ces commémorations,
ces témoignages, ces documentaires à n’en plus finir, avant, pendant, après…Car
après le « D-Day » viennent les pendus de Tulle (aucune allusion à
Pépère), le massacre d’Oradour, en attendant la libération de Paris. Chiche par
contre que l’on n’insistera pas trop sur la campagne d’Allemagne l’an prochain,
à l’exception notable de la libération des camps de la mort. Faut pas froisser
Frau Merkel ! La « pornographie mémorielle » (pour reprendre l’expression
de Nicolas Bedos, récemment réduit au rôle d’histrion d’une Nuit des Molière
diffusée à une heure confidentielle) a des limites, en général étroitement liée
aux impératifs diplomatiques et idéologiques du moment.
D-Day comme diplomatie, justement, puisque l’on aura
beaucoup glosé sur le rôle d’entremetteur joué par François Hollande à l’occasion
de ces festivités. Tel le jambon du sandwich, « Mou Président » s’est
efforcé de faire le lien entre Barack Obama et Vladimir Poutine, invitant l’un
puis l’autre à bouffer à Paris, avant de les faire figurer ensemble sur la
photo normande. Il paraît qu’il a été « très bon ». Le dîner en deux
épisodes, ou l’entremetteur ?
Espérons en tout cas que le meilleur ennemi de la
finance a défendu efficacement les intérêts de BNP. Je ne pensais pas un jour
monter au créneau pour défendre ce genre d’institutions, mais le sort réservé
par la justice de « notre ami et allié » à la banque française est
scandaleux.
Sous couvert d’appliquer un lamentable embargo sur l’Iran
et Cuba, qu’ils sont eux-mêmes en train de liquider à leur avantage, les « States »
cherchent en fait à mettre au pas les entreprises étrangères présentes chez
eux. Et c’est avec ces gens-là, qui nous par ailleurs nous espionnent et nous
méprisent, que nous devrions conclure un accord de libre-échange ?
Ce que nos dirigeants commémorent en fait cette
année, ce n’est pas la vraie Résistance –et encore moins son programme social
et économique, qui nous a tant fait progresser après-guerre sur la voie du
développement humain- mais le passage d’une domination à une autre, d’une
collaboration à une autre. Après la botte nazie, la ranger yankee. La seconde s’est
révélée certes plus « fun » et à long terme plus efficace que la
première. Mais elle a tué durablement la puissance et la fierté qui furent les
nôtres pendant des siècles.
Grève des transports au Brésil.
Mon Dieu quelle horreur ! Il se trouve des
grincheux, au Brésil, pour contester les dépenses somptuaires engagées pour la
coupe du Monde de foot, au regard d’une situation sociale qui est loin d’être
paradisiaque pour le plus grand nombre…et même des fâcheux qui veulent profiter
du contexte pour se faire entendre en menaçant de paralyser les transports
publics à Sao Paulo et Rio. Salauds de syndicalistes ! Salauds de pauvres !
Prendre ainsi en otage la « grande fête » que tous les neuneus
attendent en trépignant, et derrière eux tous les sponsors et « investisseurs »
du Monde !
Heureusement, la justice brésilienne vient de
déclarer ces grèves illégales, créant ainsi une jurisprudence bienvenue.
Désormais, les choses sont simples : les grèves ou les manifs qui n’emmerdent
que les gens du cru, de préférence les classes moyennes et populaires, sont
autorisées. Celles qui perturbent les bonnes affaires des firmes
transnationales sont interdites.
Au Brésil comme en France, on peut compter sur la gauche
au pouvoir pour défendre certains intérêts.
Hidalgo
la trouillarde ?
Dans le dernier Marianne,
Nicolas Domenach s’en prend à la nouvelle maire de Paris, « coupable »
de deux fautes à ses yeux :
11) renoncer à diffuser les matches
de la Coupe du monde sur écran géant au Trocadéro, comme cela se fait dans ce
genre d’occasions, sous prétexte d’économie, et surtout d’éviter les troubles à
l’ordre public qui se produisent inévitablement dans ces cas-là.
22) Montrer peu d’enthousiasme à
représenter la candidature de Paris pour les JO de 2024, ou l’expo universelle
de 2025.
Au lieu du « Paris qui ose » (slogan
hidalguien des dernières municipales), nous avons « Paris qui pétoche »,
ricane Domenach, qui retrouve des accents quasi-communards en fustigeant la
volonté municipale de « protéger le
centre bourgeois des banlieues dangereuses ». J’en déduis donc que M.
Domenach, qui n’habite certainement pas dans une « cité » de banlieue
bien craignios, ne crèche pas non plus près du Trocadéro. En ce qui me
concerne, j’ai une sainte horreur des mouvements de foule incontrôlés, des
hordes d’ivrognes et d’abrutis qui envahissent les rues à l’occasion de ces « fêtes »
qui ne sont que des moments de déchaînement collectif totalement vains. Quand
on est plus de deux, on est une bande de cons, disait Brassens, et le
misanthrope modéré que je suis est bien d’accord avec lui.
Paris –et la France- n’ont pas besoin, ni les
moyens, de participer à des évènements ruineux et inutiles. N’en déplaise aux
journaleux avides d’ « évènements ».
La « bête immonde » préférée des
médias.
Cela faisait longtemps que nos maîtres à penser n’avaient
pas eu une bonne « Le Pennade » à se mettre sous le micro. Par la
grâce de Papy Jean-Marie, toujours ravi de faire parler de lui et d’emmerder fifille,
c’est chose faite.
Le fond du propos, avec cette histoire de « fournée »
dans laquelle on mettrait Bruel et Noah, n’a pas grand intérêt. Soit dit en
passant, quand on connait les pulsions antisémites du tennisman-chanteur bien-pensant,
l’expérience d’une cohabitation avec un Juif et sioniste militant pourrait être
amusante. Que la direction du FN désavoue et condamne la « saillie » est
plus significatif, mais c’est totalement insuffisant pour les professionnels de
l’antifascisme de salon. D’où une agitation médiatico-politique de la part des
ténors de l’UMPS, qui font de la mousse là-dessus dans l’espoir, totalement
vain, de paralyser l’irrésistible montée du FN.
On en déduira qu’en France, tuer des Juifs ou les
agresser est finalement moins grave (si l’agresseur est musulman) que de faire
des vannes à deux balles (si le plaisantin est breton et nationaliste français,
ou noir copain du précédent).
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