mercredi 4 juin 2014
Merah II, le retour.
Marine Le Pen
peut jubiler. Elle qui tonnait, il y a deux ans : « Combien de
Mohammed Merah attendent aujourd’hui, dans notre pays, de passer à
l’action ? » C’est chose faite, puisque le tueur de Bruxelles est un
petit gars issu de la communauté musulmane de Roubaix.
Le parcours du
sieur Mehdi Nemmouche est bien connu depuis son arrestation : jeunesse
délinquante, conversion à l’islamisme en prison, stage en Syrie, passage à
l’acte contre des Juifs ou supposés tels. Un clone de Merah, dont la sœur vient
de quitter la France avec ses marmots pour rejoindre les « frères »
en lutte contre Bachar. Il y en aurait 700, 800, ou 1000…personne n’en sait
rien. Tous des tueurs au petit pied, sans grands moyens, grapillant sur la
toile de quoi nourrir leur soif d’action meurtrière.
« Nous les
combattrons ! »a répété trois fois François Hollande, comme dans un
mantra qui se voulait churchillien, mais qui n’est que pathétique. Nous les
combattrons, avec le concours de Dame Chance, qui a voulu que les douaniers de
Marseille contrôlent au hasard Mehdi Nemmouche à sa descente du bus. Avec le
concours de Dame Connerie, qui s’est penchée sur le berceau du petit Mehdi,
lequel se trimballait depuis Bruxelles avec tout son arsenal, sa casquette et
le reste (ne manquait plus qu’un écriteau accroché au cou avec « Chiens
d’infidèles, je vais tous vous buter ! » marqué dessus). Avec le
concours de Dame Duplicité, qui veille à nos bonnes relations avec les
pétromonarchies qui financent tous ces joyeux drilles et devant lesquelles nos
chefs rampent comme des toutous craintifs.
Les
douaniers justement…
Hier sur Europe
1, dans sa chronique « le vrai du faux », Anne Le Gall prenait un
main plaisir à tailler en pièces les propos de Jean-Claude Mailly, secrétaire
général de Force Ouvrière, lequel déplorait la baisse d’efficacité des
contrôles douaniers du fait des baisses d’effectifs.
Que nenni !
réplique Anne Le Gall. Les douanes ont certes perdu plus de 2000 postes, mais
elles ont gagné en efficacité…et la journaliste de dégainer les chiffres des
récentes saisies de drogue et autres interpellations de migrants indésirables,
en hausse constante. Tout cela, nous dit-elle, grâce à de « nouvelles
méthodes », des frappes « plus ciblées ». Preuve, n’est-ce pas,
que la fonction publique ne souffre aucunement des dégraissages récents, n’en
déplaise aux syndicalistes grincheux.
Petit problème,
toutefois : ces chiffres record témoignent-ils d’un progrès
méthodologique, ou d’une hausse des activités illicites ? S’il y a plus de
poissons dans la mer, moins de pêcheurs avec des filets plus petits ont plus de
chances de faire des pêches miraculeuses qu’une horde de chalutiers ratissant
une mer vide. Mais cette idée n’a pas effleuré Anne Le Gall.
Une
France à la découpe.
François
Hollande ne veut pas rester dans l’Histoire comme l’un des présidents les plus
impopulaires de l’histoire de la Ve république, qui n’aurait changé la France
qu’en y légalisant le mariage homosexuel. Il s’est donc lancé tambour battant
dans une grande réforme territoriale, pour en finir avec le « mille
feuilles administratif ». Le plus spectaculaire dans ce grand Machin est
l’annonce d’une baisse du nombre des régions, qui passeront de 22 à 14 en
métropole, tandis que les conseils généraux, eux, passeront l’arme à gauche.
Comme il fallait
s’y attendre, ce redécoupage à coups de mariages forcés a fait l’objet de
sombres tractations en coulisses, et de cris de protestations une fois connu le
fruit de ces cogitations. Deux aberrations selon moi :
-une Bretagne
laissée seule : il fallait de toute évidence la marier avec les Pays de
Loire.
-une Picardie
mariée de force avec Champagne Ardennes, et pas avec le Nord, sa partenaire
naturelle. Pour ne pas faire de jaloux, je suggère un ménage à trois :
Picardie + Nord + Champagne Ardennes. Autant concentrer les atouts, les
chômeurs et les alcooliques ! (Je blague : ma mère est du
Pas-de-Calais).
Il paraît que
tous ces remaniements (car on veut également valoriser les intercommunalités,
faire renaître les « pays », etc…) vont nous faire faire des
économies. J’en doute fort, car nos petits chefs politiques, nationaux et
locaux, sont prompts à défendre leurs prébendes et leurs prés carrés. Je vois
mal le Louis XVI de l’Elysée tenir la dragée haute à tous les barons de France.
Cela finira, comme d’habitude, par un système encore plus compliqué et ruineux
que les précédents. A tout prendre, on pourrait tout aussi bien supprimer les conseils
régionaux et généraux, en redonnant tous
leurs pouvoirs aux préfets. A l’échelle mondiale, la France n’est qu’une
région, après tout.
Adios, Juanito !
La fin du règne
de Juan Carlos, entre chasse à l’éléphant et magouilles familiales, n’a pas été
glorieuse. Mais tout le monde s’accorde à dire qu’il fut un grand souverain,
l’homme qu’il fallait pour assurer la transition post-franquiste. Il est aussi
grand dans sa décision d’abdiquer en faveur du prince Felipe, montrant ainsi à
quel point un roi peut être à l’écoute de son pays et de son peuple. Un roi qui
n’a pas besoin de faire des promesses démagogiques pour monter sur le trône, et
qui n’a pas non plus à les trahir. Un roi qui laisse les élus du peuple, dans
un cadre parlementaire, décider de l’avenir de la Nation.
Plus je compare
certaines monarchies parlementaires avec notre belle « République »,
plus je me sens pousser des ailes royalistes.
Elections
en Syrie.
Moi, c’est tout
vu, je vote Bachar ! D’ailleurs, y a pas le choix…
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