dimanche 4 mai 2014

Européennes : le bourrage de crânes officiel est lancé.

dimanche 4 mai 2014

            Européennes : la campagne est lancée…Le bourrage de crânes aussi.

C’est le cas du moins sur France 2 depuis hier : non contente de rapporter, comme c’est sa mission, le 1er meeting européiste de Manuel Valls et son message « antipopuliste », la chaîne publique s’est également lancée dans un vibrant plaidoyer pour l’UE. Heu, pardon, pour l’Europe ! L’Europe ! L’Europe !
Nos joyeux cabris, sous couvert d’information, ont aligné les exemples édifiants de toutes ces merveilles, qui, je cite « n’existeraient pas sans l’Europe » : subventions agricoles, aides aux projets de développement régionaux, échanges estudiantins (Erasmus), et même, oh bonheur suprême, baisse du prix des communications téléphoniques entre pays de l’UE !
Omission de taille, en ce qui concerne les subventions : la France donne beaucoup plus à l’UE qu’elle ne reçoit. Elle est 2e contributrice nette au budget communautaire (derrière l’Allemagne) avec 22 milliards d’euros (en 2013) ; elle est la 3e bénéficiaire des aides européennes de toute nature pour un montant d’environ 13 milliards. [source : site Toute l’Europe.eu] Bref, elle « se fait avoir » de 9 milliards…et pourrait donc parfaitement s’aider elle-même.
Quant à Erasmus, revenons sur terre : la France comptait en 2014 plus de 2 millions d’étudiants. Là-dessus, 30 000 bénéficient d’Erasmus : une part de 1,5% (certes en hausse de 30% depuis 2003), cela ne fait pas bien lourd.
Reste le prix des communications en téléphonie mobile. Soyons beau joueur, l’UE a pour une fois rendu service au consommateur, et un peu moins aux grandes firmes qui nous arnaquaient par leurs frais de « roaming ». Mais pas moyen, malgré mes recherches, de déterminer un chiffre précis, un pourcentage d’utilisateurs vraiment concernés. Plus qu’il y a dix ans, c’est sûr…mais combien ?
Par contre, on peut dresser un portrait moyen du Français ou de l’Européen vraiment « impacté » (mot à la mode) par le couple Erasmus/portable : l’homme d’affaires, le journaliste, le cadre moyen-supérieur ayant des enfants étudiants susceptibles de partir à l’étranger. M. Tout-le-Monde ? Ou M. « Le système-est-fait-pour-moi ? »
Gageons que si tous ces arguments « concrets » ne suffisent pas à emballer le Pékin moyen et à le convaincre d’aller voter comme il faut (car « aller voter », dans la bouche de nos bons maîtres, signifie voter pour des gens comme eux) ; on nous ressortira l’artillerie lourde habituelle : Vous voulez vraiment le retour du nationalisme ? La fermeture des frontières ? La guerre ? Regardez l’Ukraine, heu… pas trop en fait, car c’est un peu compliqué et ça risque d’être un contre-exemple !
Manque de bol, je crains fort pour nos bons esprits que ce type d’arguments ne soient usés jusqu’à la corde. Les gens sont devenus moins cons, ou tellement en colère qu’ils se foutent éperdument de ce genre de prêchi-prêcha. La démocratie, c’est tellement mieux sans le peuple, finalement…


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