mercredi 30 avril 2014

Les salariés d'Alstom entre la peste et le choléra; Valls et les frondeurs; Rafales en Pologne

mercredi 30 avril 2014

                Les salariés d’Alstom entre la peste et le choléra.

Sale temps pour les salariés d’Alstom, fleuron national de l’énergie et des transports, condamnés à la peste américaine (General Electric) ou au choléra allemand (Siemens). Résumons les enjeux de ces deux propositions de rachat : les Ricains, n’ayant pas de « doublons » en perspective, promettent de ne pas supprimer d’emplois pendant trois ans, et même d’injecter du fric chez nous. Ils sont bien bons ! Les Teutons, eux, feraient doublon, mais se contenteraient de mettre  la main sur la branche « énergie » de l’entreprise française, et lui refileraient sa propre branche «  transport ». Ach, kolossale chénérosité !
Le gouvernement français, qui se fait mener en bateau par les dirigeants d’Alstom, auraient une préférence pour l’option allemande, afin de faire naître « un géant européen », « seul à même de lutter sur le marché mondial ». Refrain connu, mais qui omet comme toujours l’essentiel : où iront à long terme les investissements, les emplois, les profits ?
Montebourg a beau s’agiter et faire les gros yeux, la France et ses travailleurs seront toujours perdants.

                Wauquiez veut changer l’Europe…

…et se fait taper sur les doigts par ses copains de l’UMP. Son idée sacrilège ? Revenir à une Europe des Six pour approfondir l’intégration, et laisser les autres membres de la galère UE dans une zone d’échanges limités. C’est tout à fait logique. Lorsque l’on court à l’abîme, il vaut mieux faire marche arrière et choisir une nouvelle voie. Mais malheureusement impossible : jamais les Allemands ne renonceront à la position dominante qui est la leur depuis l’élargissement de 2004, laquelle a permis la refondation d’une « Mittel Europa » dont ils sont le pivot ; jamais les pays de l’Est n’accepteront de se voir ainsi refoulés comme des malpropres ; jamais les Britanniques et les Américains ne laisseront une vraie Europe-puissance, où la France retrouverait une place prépondérante, voir réellement le jour.
M. Wauquiez se réveille donc trop tard, tout comme lorsqu’il déplore le manque d’intervention de l’Etat dans l’affaire Alstom. Faut-il lui rappeler qu’il fait partie d’une formation qui a fait de la privatisation et du retrait de l’Etat de la vie économique son credo principal ?

                Valls et les frondeurs du PS.

Une quarantaine de députés PS se sont donc abstenus de voter la nouvelle ligne d’austérité du gouvernement Valls, malgré ses concessions sur les petites retraites. On les appelle les « frondeurs », et Bruno Le Roux menace ceux-ci de sanctions, dans le droit fil de cette tradition héritée du gaullisme autoritaire qui réduit les parlementaires au rôle de godillots. Pathétique ! Et pas seulement de la part des dirigeants « hollandistes » ou légitimistes du PS. Ces mêmes rebelles, s’ils en avaient, auraient carrément voté contre. Mais les places sont trop bonnes pour courir le risque de les perdre. C’est à tout cela que l’on reconnaît « les héritiers de Jaurès et de Blum ».
               
Rafales en Pologne.


C’est certainement la gesticulation la plus ridicule depuis le début de la crise ukrainienne (qui ne s’arrange pas, loin de là). Jean-Yves le Driant, en voyage en Pologne, a fait déployer là-bas quatre de nos magnifiques joujoux volants. Il paraît que cela pourrait impressionner les Russes, qui s’agitent à 500 km de là. Défense de rire ! Mais il s’agit peut-être plus prosaïquement de faire de la pub pour ces avions que personne ne veut nous acheter. Ceci dit, je ne suis pas sûr qu’une vente toute hypothétique de quelques Rafale puisse compenser toutes les pertes de nos entreprises en affaires avec Moscou.

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