samedi
26 avril 2014
Mauvaise question.
« Comment empêcher le départ des jihadistes
français vers la Syrie ? » s’interroge gravement Marianne (n°888), à l’unisson des autorités françaises et des
autres médias. Mauvaise question ! La bonne, c’est plutôt de se demander
comment empêcher ces zigotos de revenir ! Il y aurait 700 Français là-bas,
dont 25% de convertis, les plus allumés. Quand on voit le coût du dispositif
envisagé pour prévenir ces départs, qui viendra s’ajouter à ce qu’il faudra de
toute façon dépenser pour surveiller ceux qui reviendront, plus tout ceux qui
passeront quand même entre les mailles du filet (ah qu’il est beau, le « monde
sans frontières » de nos libéraux !), une autre solution infiniment
plus économique s’impose : vendre des armes à Bachar pour qu’il nous
débarrase au plus vite de ces enfoirés. Il a d’ailleurs bien commencé à faire
le ménage, aidons le à terminer…
Deux saints pour le prix d’un.
Ce n’est pas une pub mal orthographiée pour une
clinique spécialisée dans les implants mammaires, mais l’objectif de la grande
cérémonie de canonisation de deux papes à priori bien différents : le
progressiste Jean XXIII et le réac –mais médiatique- Jean-Paul II. Personnages
historiques, certes, mais « saints » ? je croyais naïvement qu’il
fallait avoir accompli un miracle, mais apparemment les règles n’ont jamais été
bien claires. En tout cas, ça fait marcher le tourisme à Rome. Amen !
ANZAC : Kézaco ?
Peu de gens savent en France ce qu’est l’ANZAC :
un autre affreux sigle bureaucratique (genre ZEP, ZAC ou ZIP ?) ; une
commune de France ? Roger Lanzac,
celui de la « Piste aux étoiles » ? Eh non ! Il s’agit de l’ « Australia
and New Zealand Army Corps », le corps expéditionnaire regroupant les
troupes australiennes et néo-zélandaises (plus celles des Samoa, des Tonga et des
Fidji), qui ont vaillamment combattu pour l’Empire britannique –puis le
Commonwealth. Des milliers d’entre eux sont morts sur les champs de bataille des
1ere et de 2e Guerres
mondiales, dans le Pacifique, au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Europe.
Un taux de pertes effroyable, au regard de populations peu nombreuses, bien
plus lourdes que celles de nos troupes coloniales, dont on nous rebat les
oreilles à grands coups de « bien-pensance ». Le 25 avril dernier, c’était
« l’ANZAC day », l’équivalent de nos 11 novembre et 8 mai réunis dans
ces pays-là.
Dans le cadre des grandes commémorations dans
lesquelles notre président semblait vouloir fortement s’investir, une visite
officielle des chefs de gouvernements, notamment australien, a eu lieu dans la
Somme. Pas un membre du gouvernement français n’était présent. Même pas le
sous-fifre aux anciens combattants, qui n’a pourtant pas grand-chose à faire.
Il est vrai qu’on ne peut pas à la fois lécher les
bottes des Américains, cirer les babouches des Saoudiens et Qataris, complaire
à Bruxelles, se faire mousser à Rome, et avoir un petit geste de remerciement
en mémoire de ceux qui sont venus se faire massacrer en Picardie, à des milliers
de kilomètres de chez eux. Pour « Mou président », il en va de l’Histoire
comme de l’écologie chez Sarko…ça commence à bien faire !
Ukraine (suite).
La tension est montée d’un cran dans l’Est du pays,
avec des accrochages entre les forces ukrainiennes et les milices séparatistes
pro-russes. Vladimir menace, le G7 fait les gros yeux. Cela devient de plus en
plus intéressant ! Le mieux pour les Russes est de continuer à armer les
rebelles, épaulés par des commandos de « volontaires » bien équipés
et entraînés. Ne pas se mouiller directement –même si cela ne fait pas
illusion- et laisser le gouvernement de Kiev s’enliser gaiement dans ce
bourbier, « soutenu » par les Occidentaux comme la corde soutient le
pendu.
Le chaos qui vient.
Dans un article passionnant du dernier Marianne, clôturant un dossier sur les « nouveaux
aristocrates », Branko Milanovic (économiste ayant travaillé pour la
Banque mondiale, professeur à l’université de New York) présente ce que je
pressens depuis des années.
La mondialisation actuelle a des conséquences
sociales et politiques que l’on peut résumer ainsi :
-renforcement d’une classe hyper-riche
internationale, dans des proportions encore jamais vues.
-montée d’une nouvelle classe moyenne et supérieures
des pays émergents.
-appauvrissement et précarisation des classes
moyennes et populaires des pays du « Nord ».
-maintien dans la grande pauvreté d’une frange
incompressible d’hyper-pauvres dans les pays du « Sud ».
Les deux 1ers groupes, qui profitent du système et
le contrôlent, font tout pour que cela continue ainsi. Les deux autres
(majoritaires en nombre, mais divisés, sans grands moyens et peu influents), se
réfugient dans l’abstention ou un populisme bas de plafond…ce qui fait plus ou
moins le jeu des dominants. A terme, prédit Milanovic, on verra des sociétés
entières imploser, se fragmenter, plonger dans le chaos –surtout si on ajoute d’autres
facteurs qu’il n’évoque pas, comme ceux liés à l’environnement ou aux
ressources- et tout le monde sera perdant. Sauf si, espère-t-il, on se décide
enfin à mettre en place des politiques redistributives efficaces et pensées à
long terme. Mais il n’y croit pas vraiment. Et il a raison.
Car pour les hyper-riches, la solution à long terme
est dans les nouvelles technologies. Celles-ci leur permettront de s’affranchir
enfin de ce gros problème capitaliste qu’est le facteur travail. Ordinateurs et
robots remplaceront la main d’œuvre humaine, protègeront leurs maîtres des
agressions des « sous-hommes », et leur permettront de vivre dans des
petits paradis bien à l’écart, sur cette planète ou ailleurs dans l’univers.
Pour le citoyen lambda comme moi, deux possibilités :
-espérer faire partie (du moins mes enfants ou descendants)
des « happy few ».
-se préparer au chaos qui vient, lequel sera
peut-être ce qui pourra nous arriver de mieux à long terme : tout casser
et tout refaire !
En attendant : « Prier Dieu, et garder sa
poudre au sec », comme disait Agatha Christie (cité par le regretté
Dominique Venner).
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