lundi 21 avril 2014

TAFTA et MOOC

samedi 19 avril 2014

            Le TAFTA : un tissu d’horreurs.

Sous ce sigle anglais et barbare se dissimule l’une des pires horreurs économiques concoctées par les Diafoirus de la mondialisation libérale. L’accord de libre-échange transatlantique (traduction du machin) est en fait une resucée, en pire, de l’Accord multilatéral sur l’investissement (le fort mal nommé AMI), qu’une mobilisation politique avait permis de repousser en 1998. Sous prétexte de relancer la croissance, ce magnifique projet envisage de faire fusionner l’UE et l’ALENA en un seul et vaste marché où les seules règles admises seront celles que les multinationales voudront bien tolérer. Adieu, les protections nationales et autres « rigidités » si nuisibles aux bonnes affaires et à la croissance !
Dans tous les domaines ou presque (agriculture, énergie, environnement, nouvelles technologies, éducation, etc…), les investisseurs seront les rois et les peuples leurs pigeons. En 1998, Lionel Jospin avait fait partie des dirigeants européens à s’opposer à cette infamie. Aujourd’hui, François Hollande est au contraire partisan « d’aller vite », comme il l’a déclaré à Barack Obama lors de sa dernière visite à Washington. Aller vite, et discrètement : tout cela se négocie en coulisses, entre représentants des firmes multinationales et hauts fonctionnaires de Bruxelles dûment cornaqués par Barroso et Juncker.
L’alignement sur les mêmes normes vise bien sûr à augmenter les profits des entreprises américaines, bien mieux armées que les nôtres pour tirer leur épingle du grand jeu de massacre qui se prépare, ne serait-ce que par la longueur d’avance que leur procure leur maîtrise des nouvelles technologies, des outils financiers et monétaires, et de l’espionnage de leurs partenaires par les bons soins de la NSA. Quelques grosses boîtes européennes pourront également s’en mettre plein les fouilles, sans pour autant créer d’emplois sur le vieux continent…si création il y a dans ce domaine, ce sera dans les pays pratiquant le dumping social et la « souplesse » que l’on attend d’eux : donc avant tout aux States, et accessoirement chez leurs voisins mexicains.
Les Ricains ont bien compris que le « ventre mou » de la mondialisation actuelle est l’Union Européenne, cet ectoplasme libéral sans âme, où l’on s’acharne depuis les lustres à casser toute fierté nationale et culturelle, à créer un « homme nouveau », sans racines, malléable, réduit à des réflexes consuméristes teintés d’une vernis démocrassouillard et « droits-de-l’hommiste ». Une UE dont les élites sont vendues pour la plupart à l’Empire américain, infiniment plus dociles que ces casse-pieds de Chinois, de Russes, d’Indiens ou de Brésiliens.
C’est pourquoi il faut adresser un gros « carton rouge » à ces gens-là à l’occasion des prochaines élections européennes. En espérant qu’une majorité de blocage pourra se constituer au sein du Parlement européen et se dresser contre ce funeste Traité.
Tenté par l’abstention à l’origine –car je récuse toute légitimité démocratique à cette assemblée qui ne saurait représenter un « peuple européen » inexistant, n’en déplaise au Sieur Cohn-Bendit qui vient d’en prendre congé- je penche aujourd’hui pour le vote « utile » : pas pour l’UMPS bien sûr, ces fossoyeurs de la Patrie, mais n’importe quelle formation qui s’opposera fermement à cette entreprise de démolition et de spoliation. Pour l’heure, à mon sens, c’est le Front de Gauche qui tient la corde dans ce domaine, même si je ne partage pas son angélisme sur les questions de sécurité et d’immigration.
            
De qui se MOOC –t’on ?

Les MOOC et les TICE ! Pour ceux qui auraient la chance de ne pas les connaître, ces sigles signifient respectivement : « cours en ligne ouverts et massifs » (traduit de l’anglais), et « technologies de l’information et de la communication appliquées à l’enseignement ».
Grâce aux TICE ont été créés les MOOC, aux Etats-Unis d’abord, avant de déferler sur le reste du Monde à la plus grande joie des « lou-ravi » de l’innovation pédagogique. Il suffit désormais d’une tablette numérique, voire d’un smartphone, et en avant l’accès au savoir ! C’est ce monde merveilleux que nous décrit l’expert autoproclamé Emmanuel Davidenkoff dans son dernier ouvrage, le Tsunami numérique. Quelle chance notamment pour les pays en développement, qui pourront former leurs élites aux meilleures sources des grandes universités mondiales sans avoir à les expatrier ! Quel merveilleux support également pour tous ces profs pionniers de chez nous, qui se sont lancés dans la dernière mode pédagogique, la fameuse « classe inversée », où les enseignants ne font plus cours, mais utilisent leurs séances pour des exercices, des « remédiations » diverses et des travaux de groupe.
Soit dit en passant, j’ai eu recours à cette méthode, sans support numérique, il y a quelques années, pour mieux gérer une classe particulièrement difficile. Le bilan est mitigé : j’ai eu la paix en classe, ils ont bossé en cours, mais au prix d’un boulot monstrueux en amont (préparation), en aval (correction), pour des résultats peu convaincants : les nuls sont restés nuls, les moyens… moyens, et les bons plus ou moins bons.
Mais l’essentiel n’est pas là, et le Sieur Davidenkoff, adepte depuis longtemps des « cahiers au feu et de la maîtresse au milieu », crache le morceau en fin d’ouvrage : les profs, du fait de toutes ces innovations, seraient voués à disparaître (du moins sous leur forme actuelle) vers 2028 ! On mesure mieux ici la convergence d’intérêts entre les adeptes libertaires des « pédagogies nouvelles » et les libéraux de tout poil au sens économique du terme, qui ont par leurs pressions conjointes réussi à convaincre nos dirigeants de l’urgence de passer au « tout-numérique ». Quelles formidables économies en perspective ! Des dizaines de milliers d’emplois qualifiés et payés en conséquence pourront être supprimés. On ne gardera qu’une poignée de « profs d’élite » grassement rémunérés chargés d’élaborer les programmes d’enseignement en ligne avec l’aval des autorités compétentes. Sur le terrain, une armée d’animateurs jetables payés au lance-pierre seront chargés de « tenir les classes » et de veiller au bon gavage des oies (si toutefois les équipements fonctionnent mieux que ceux dont nous sommes dotés aujourd’hui). Les méthodes tayloriennes appliqués à l’Education nationale, avec en perspective vraisemblable à long terme la disparition de ces « animateurs-OS », à leur tour remplacés par des robots parés de toutes les vertus : sang-froid à toute épreuve, pas de grève, disponibilité permanente (sauf en cas de panne), obéissance absolue aux ordres les plus loufoques de leur hiérarchie.
Il était inévitable de voir un jour ce que de nombreux auteurs de SF ont imaginé depuis longtemps : la disparition de l’homme de la plupart des activités que nous connaissons. Cela a commencé avec les paysans, cela s’est poursuivi avec les ouvriers, puis les employés de bureau. Au tour des cadres moyens et bientôt supérieurs de connaître les joies du « tsunami numérique ». Car, quoique l’on dise, les nouvelles technologies ne créent pas suffisamment d’emplois pour compenser ceux qu’elles anéantissent. D’après certaines études, le ratio « emplois créés/emplois détruits » serait de 1 pour 4. Que fera-t-on de tous les « inutiles » ? La SF a produit moult scénarios possibles, mais je crains fort que nos dirigeants ne nous propulsent vers les pires d’entre eux.

            Otages libérés.

Et de quatre ! Quatre malheureux enfin libérés des geôles de ces vaillants combattants islamistes pour la liberté en Syrie. De quoi donner à Hollande une opportunité de pavoiser, et aux ronchonneurs une énième occasion de répéter en boucle la même chose en pareilles circonstances : « Qu’a-t-on donné pour les faire revenir ? » Mais rien du tout, comme d’hab’, circulez, y a rien à voir, et ne gâchez pas la fête !



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