samedi 19 avril 2014
Le TAFTA : un tissu
d’horreurs.
Sous ce sigle anglais
et barbare se dissimule l’une des pires horreurs économiques concoctées par les
Diafoirus de la mondialisation libérale. L’accord de libre-échange
transatlantique (traduction du machin) est en fait une resucée, en pire, de
l’Accord multilatéral sur l’investissement (le fort mal nommé AMI), qu’une
mobilisation politique avait permis de repousser en 1998. Sous prétexte de
relancer la croissance, ce magnifique projet envisage de faire fusionner l’UE
et l’ALENA en un seul et vaste marché où les seules règles admises seront
celles que les multinationales voudront bien tolérer. Adieu, les protections
nationales et autres « rigidités » si nuisibles aux bonnes affaires
et à la croissance !
Dans tous les
domaines ou presque (agriculture, énergie, environnement, nouvelles
technologies, éducation, etc…), les investisseurs seront les rois et les
peuples leurs pigeons. En 1998, Lionel Jospin avait fait partie des dirigeants
européens à s’opposer à cette infamie. Aujourd’hui, François Hollande est au
contraire partisan « d’aller vite », comme il l’a déclaré à Barack
Obama lors de sa dernière visite à Washington. Aller vite, et
discrètement : tout cela se négocie en coulisses, entre représentants des
firmes multinationales et hauts fonctionnaires de Bruxelles dûment cornaqués
par Barroso et Juncker.
L’alignement sur
les mêmes normes vise bien sûr à augmenter les profits des entreprises
américaines, bien mieux armées que les nôtres pour tirer leur épingle du grand
jeu de massacre qui se prépare, ne serait-ce que par la longueur d’avance que
leur procure leur maîtrise des nouvelles technologies, des outils financiers et
monétaires, et de l’espionnage de leurs partenaires par les bons soins de la
NSA. Quelques grosses boîtes européennes pourront également s’en mettre plein
les fouilles, sans pour autant créer d’emplois sur le vieux continent…si
création il y a dans ce domaine, ce sera dans les pays pratiquant le dumping
social et la « souplesse » que l’on attend d’eux : donc avant
tout aux States, et accessoirement chez leurs voisins mexicains.
Les Ricains ont
bien compris que le « ventre mou » de la mondialisation actuelle est
l’Union Européenne, cet ectoplasme libéral sans âme, où l’on s’acharne depuis les
lustres à casser toute fierté nationale et culturelle, à créer un « homme
nouveau », sans racines, malléable, réduit à des réflexes consuméristes
teintés d’une vernis démocrassouillard et « droits-de-l’hommiste ».
Une UE dont les élites sont vendues pour la plupart à l’Empire américain,
infiniment plus dociles que ces casse-pieds de Chinois, de Russes, d’Indiens ou
de Brésiliens.
C’est pourquoi
il faut adresser un gros « carton rouge » à ces gens-là à l’occasion
des prochaines élections européennes. En espérant qu’une majorité de blocage
pourra se constituer au sein du Parlement européen et se dresser contre ce
funeste Traité.
Tenté par
l’abstention à l’origine –car je récuse toute légitimité démocratique à cette
assemblée qui ne saurait représenter un « peuple européen » inexistant,
n’en déplaise au Sieur Cohn-Bendit qui vient d’en prendre congé- je penche
aujourd’hui pour le vote « utile » : pas pour l’UMPS bien sûr,
ces fossoyeurs de la Patrie, mais n’importe quelle formation qui s’opposera
fermement à cette entreprise de démolition et de spoliation. Pour l’heure, à
mon sens, c’est le Front de Gauche qui tient la corde dans ce domaine, même si
je ne partage pas son angélisme sur les questions de sécurité et d’immigration.
De
qui se MOOC –t’on ?
Les MOOC et les
TICE ! Pour ceux qui auraient la chance de ne pas les connaître, ces
sigles signifient respectivement : « cours en ligne ouverts et
massifs » (traduit de l’anglais), et « technologies de l’information
et de la communication appliquées à l’enseignement ».
Grâce aux TICE
ont été créés les MOOC, aux Etats-Unis d’abord, avant de déferler sur le reste
du Monde à la plus grande joie des « lou-ravi »
de l’innovation pédagogique. Il suffit désormais d’une tablette numérique,
voire d’un smartphone, et en avant l’accès au savoir ! C’est ce monde
merveilleux que nous décrit l’expert autoproclamé Emmanuel Davidenkoff dans son
dernier ouvrage, le Tsunami numérique.
Quelle chance notamment pour les pays en développement, qui pourront former
leurs élites aux meilleures sources des grandes universités mondiales sans
avoir à les expatrier ! Quel merveilleux support également pour tous ces
profs pionniers de chez nous, qui se sont lancés dans la dernière mode
pédagogique, la fameuse « classe inversée », où les enseignants ne
font plus cours, mais utilisent leurs séances pour des exercices, des
« remédiations » diverses et des travaux de groupe.
Soit dit en
passant, j’ai eu recours à cette méthode, sans support numérique, il y a
quelques années, pour mieux gérer une classe particulièrement difficile. Le
bilan est mitigé : j’ai eu la paix en classe, ils ont bossé en cours, mais
au prix d’un boulot monstrueux en amont (préparation), en aval (correction),
pour des résultats peu convaincants : les nuls sont restés nuls, les
moyens… moyens, et les bons plus ou moins bons.
Mais l’essentiel
n’est pas là, et le Sieur Davidenkoff, adepte depuis longtemps des
« cahiers au feu et de la maîtresse au milieu », crache le morceau en
fin d’ouvrage : les profs, du fait de toutes ces innovations, seraient
voués à disparaître (du moins sous leur forme actuelle) vers 2028 ! On
mesure mieux ici la convergence d’intérêts entre les adeptes libertaires des
« pédagogies nouvelles » et les libéraux de tout poil au sens
économique du terme, qui ont par leurs pressions conjointes réussi à convaincre
nos dirigeants de l’urgence de passer au « tout-numérique ». Quelles
formidables économies en perspective ! Des dizaines de milliers d’emplois
qualifiés et payés en conséquence pourront être supprimés. On ne gardera qu’une
poignée de « profs d’élite » grassement rémunérés chargés d’élaborer
les programmes d’enseignement en ligne avec l’aval des autorités compétentes.
Sur le terrain, une armée d’animateurs jetables payés au lance-pierre seront
chargés de « tenir les classes » et de veiller au bon gavage des
oies (si toutefois les équipements fonctionnent mieux que ceux dont nous sommes
dotés aujourd’hui). Les méthodes tayloriennes appliqués à l’Education
nationale, avec en perspective vraisemblable à long terme la disparition de ces
« animateurs-OS », à leur tour remplacés par des robots parés de
toutes les vertus : sang-froid à toute épreuve, pas de grève,
disponibilité permanente (sauf en cas de panne), obéissance absolue aux ordres
les plus loufoques de leur hiérarchie.
Il était
inévitable de voir un jour ce que de nombreux auteurs de SF ont imaginé depuis
longtemps : la disparition de l’homme de la plupart des activités que nous
connaissons. Cela a commencé avec les paysans, cela s’est poursuivi avec les ouvriers,
puis les employés de bureau. Au tour des cadres moyens et bientôt supérieurs de
connaître les joies du « tsunami numérique ». Car, quoique l’on dise,
les nouvelles technologies ne créent pas suffisamment d’emplois pour compenser
ceux qu’elles anéantissent. D’après certaines études, le ratio « emplois
créés/emplois détruits » serait de 1 pour 4. Que fera-t-on de tous les
« inutiles » ? La SF a produit moult scénarios possibles, mais
je crains fort que nos dirigeants ne nous propulsent vers les pires d’entre
eux.
Otages libérés.
Et de
quatre ! Quatre malheureux enfin libérés des geôles de ces vaillants
combattants islamistes pour la liberté en Syrie. De quoi donner à Hollande une
opportunité de pavoiser, et aux ronchonneurs une énième occasion de répéter en
boucle la même chose en pareilles circonstances : « Qu’a-t-on donné
pour les faire revenir ? » Mais rien du tout, comme d’hab’, circulez,
y a rien à voir, et ne gâchez pas la fête !
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