dimanche 2 mars 2014

Crimée : l'Empire contre-attaque.



dimanche 2 mars 2014



            L’Empire contre-attaque.



Ce qu’il y a de bien avec Vladimir Poutine, c’est que quand il menace de quelque chose, ce n’est pas pour rien. Cela nous change de nos chefs ! A peine avais-je terminé mon dernier article que les forces russes passaient à l’action, limitant leur déploiement –pour l’heure- à la Crimée. Cette péninsule fortement russophone et d’un intérêt stratégique vital pour Moscou devait être rapidement sécurisée. Cela semble en bonne voie, avec l’appui des milices pro-russes de la région.

Le nouveau gouvernement de Kiev, après des hésitations bien compréhensibles, semble céder aux pressions des ultranationalistes, la bande à Klistchko et les excités d’extrême-droite, en décrétant la « mobilisation ». Mais de quelles forces armées, précisément ?

En constante diminution depuis 2008, les effectifs des forces terrestres ukrainiennes sont d’environ 150 000 hommes, auxquels on pourrait théoriquement rajouter un million de réservistes. En face, les Russes disposent de 400 000 hommes sous les drapeaux et de plus de deux millions de réservistes. Côté blindés, avions de combat et navires de guerre, le rapport de forces est encore plus écrasant en faveur de la Fédération de Russie. Certes, Moscou n’a aucun intérêt à s’enliser dans un conflit prolongé, mais Vladimir n’est pas idiot.

Sa stratégie ressemble fort à ce qu’il a déjà expérimenté avec succès face à la Géorgie en 2008 : soutenir les mouvements séparatistes alliés, et montrer ses muscles pour intimider l’adversaire, quitte à lui balancer quelques coups de poing si le besoin s’en fait sentir. Les armes économiques déjà évoquées dans l’article précédent feront le reste.

Le plus amusant dans cette affaire se présente une fois de plus dans l’agitation embarrassée des chancelleries occidentales. La stratégie de « partenariat oriental » mijotée par l’UE avec l’appui de Washington, qui visait à bloquer l’accès à la Mer Noire de la Russie en s’appuyant sur les républiques caucasiennes et une Ukraine plus complaisante, est tombée à l’eau, une fois de plus. Sous les criailleries de nos intellos va-t-en guerre.



            Remaniera, remaniera pas ?



En toute honnêteté, je m’en fous éperdument, de cette histoire de remaniement. Cela ne peut avoir de sens qu’en cas de changement de ligne politique : soit un cap social-libéral plus clairement assumé, soit –hypothèse loufoque- un virage à gauche allant dans le sens du respect des promesses de campagne. Mais tout porte à croire que le capitaine Hollande poursuivra sa route tortueuse –à l’image de ce « pacte de responsabilité » qui paraît de plus en plus n’être qu’un leurre destiné à séduire le Conseil européen et la commission de Bruxelles- au moins jusqu’aux prochaines échéances électorales (municipales et européennes). Virer Ayrault –qui n’est pas le plus nul de la bande, quoiqu’on en pense- ou quelques sous-fifres comme Peillon ou Moscovici, n’a pas d’autre intérêt que cosmétique.

Par contre, se débarrasser de Duflot et de Canfin aurait un sens, pour  les Verts comme pour le PS. Mais Hollande, on l’a déjà dit, compte trop sur les Verts pour limiter la casse aux prochaines élections. C’est à ce genre de courage que l’on reconnaît les grands hommes d’Etat.

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