mardi 11 février 2014
Les Robinsons suisses.
Mon Dieu !
Ils ont osé ! Toute l’Europe libérale s’en étrangle. Ces horribles Helvètes
égoïstes, shootés au chocolat et au secret bancaire, ont répondu « Oui »
-d’une courte tête- à la votation lancée par le parti nationaliste UDC,
proposant la mise en place de quotas pour les travailleurs étrangers.
Cela remet en
cause, paraît-il, les accords bilatéraux de relatif libre-échange mis en place
depuis le début des années 2000 avec l’UE. Du coup, Bruxelles menace Berne de
rétorsions, par la fameuse clause de « guillotine » qui annulerait
tous les autres accords, si celui sur la libre circulation des travailleurs
était remis en question. Et tous les médias bien-pensants d’embrayer sur ce « mauvais
signe », à quelques mois des élections européennes, cet encouragement « au
repli sur soi », etc… Et de donner la parole aux « Suisses évolués »,
soit les leaders de presque toutes les formations politiques de la
Confédération, les intellectuels conformes au dogme dominant et les chefs d’entreprises :
« nous avons besoin de ces étrangers, ils occupent des jobs dont les
Suisses ne veulent pas, etc… »
Halte au feu,
qui d’ailleurs n’embrase pas encore le lac de Genève ! Cette mesure ne
sera pas appliquée avant trois ans…ça laisse le temps de réfléchir et de
négocier. Par ailleurs, que je sache, la Suisse n’est pas membre de l’UE,
contrairement à d’autres pays qui se sont engagés sur la même voie qualifiée de
xénophobe : la Belgique, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Allemagne et son
immigration choisie, etc…Menace-t-on ceux-là des pires sanctions ?
Je ne sais pas
si cette idée de quotas est la meilleure pour la Suisse, même si, soit dit en
passant, 25 % d’étrangers dans le pays, ça fait quand même beaucoup, et en
nette augmentation depuis vingt ans. Mais force est de constater deux choses :
-ne pas avoir
adhéré à l’UE et à la zone euro n’a pas pénalisé la Confédération helvétique,
contrairement à ce que ressassent nos libéraux européistes. Sa croissance est
bonne, son chômage faible, d’où une forte émigration des frontaliers vers cet
Eldorado au cœur d’une zone euro dépressive.
-la Suisse est
un pays démocratique, où les citoyens peuvent pleinement s’exprimer et forcer
la main de leurs élites.
Voilà le
véritable crime des Suisses : être un îlot de prospérité et de démocratie dans
une mer de déclin économique et de dictature molle médiatico-technocratique.
Théorie du genre : quand le « hen » me fout la haine.
Je n’ai guère de
sympathie pour le front islamo-catho-réac qui vient de déclencher une campagne
hystérique sur les nouveaux programmes de l’école primaire, censés combattre
les préjugés et la discrimination sexuelle. Mais le récent visionnage d’un
documentaire diffusé le 7 février sur Arte donne à réfléchir. « Il, elle, hen », c’est le titre de ce
reportage montrant l’application, en Suède, de l’idéologie issue des théories
du genre venues d’Outre-Atlantique.
Le « hen »
est la version neutre, officialisée en 2012 du « han » (il) et du « hon »
(elle) suédois. Il s’applique au héros asexué d’un livre pour enfants nommé
Kivi, pour combattre les stéréotypes sexuels selon les préceptes de la « pédagogie
neutre » qui se répand en Suède depuis 1998. Le Canard enchaîné a fait de cette émission un compte rendu plutôt
bienveillant, sur le ton du « y’a pas de quoi fouetter un chat ». Et
pourtant…voir ces parents culpabiliser parce qu’ils utilisent encore les
pronoms sexués pour leurs enfants, cette dégoulinade de bien-pensance à
laquelle les gamins eux-mêmes résistent instinctivement, cela fait frémir et
rappelle d’autres délires du même genre –justement !- en vigueur aux
States, où les féministes ont inventé le mot « womyn » pour remplacer
« women », ou bien chez nous, avec cette féminisation ridicule des
noms de métier, ou suppression du mot « race » de la constitution. Orwell
et sa novlangue !
Dans les années
1970, la Suède a été pionnière en Europe dans la banalisation de la sexualité,
lançant la vague du porno qui devait libérer les corps en général et la femme
en particulier. On sait ce qu’il est advenu de cette utopie. Aujourd’hui, l’ex-pays
du porno est devenu le pionnier de la désexualisation des rapports sociaux.
Joli virage sur l’aile, et retour aux fondamentaux d’un certain puritanisme
protestant, partagé avec les Etats-Unis.
Chers amis
suédois, merci de garder pour vous votre chair triste, votre nourriture quelconque,
vos romans policiers glauques, vos hivers interminables, et surtout votre
morale casse-couilles…c’est le cas de le dire !
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