samedi 8 février 2014

Centrafrique, Tunisie et Sotchi.



samedi 8 février 2014



            Et pendant ce temps-là, en Centrafrique…



…on patauge toujours dans le sang. L’accession à la présidence de Catherine Samba-Panza, remplaçante du pitoyable Djotodia, ne change rien au cauchemar géopolitique et humanitaire de ce pays. Les milices musulmanes se replient vers le nord et l’est en pratiquant la politique de la terre brûlée. Leurs équivalents chrétiens les talonnent et pratiquent un nettoyage ethnique anti-musulman. Face à tout cela, nos 1600 pious-pious et leurs supplétifs africains sont impuissants et essaient encore de sécuriser la capitale. Et si vous alliez faire un tour là-bas, M. Hollande ?



            Hollande en Tunisie.



Pas pour des vacances, mais pour féliciter les parlementaires tunisiens de l’adoption de la « constitution la plus avancée en matière de droits individuels » du monde arabo-musulman. De fait, c’était inespéré et digne d’être salué. Pas au point peut-être de s’en pâmer à la façon d’un Bernard Guetta, l’autre jour sur France Inter, qui a énuméré tous ceux à qui l’on devait ce « miracle ».

Attention, tenez-vous bien, ça vaut le détour : d’abord, « deux disparus que tout le monde a oublié ». Qui donc ? Mendès France et Bourguiba ! Mendès France, qui a bien négocié l’accession à l’indépendance de cet ancien protectorat français. Habib Bourguiba, premier président tunisien, qui avait déjà en son temps accordé pas mal de droit aux femmes du pays. Rien de plus vrai, mais leurs fantômes ont-ils plané sur les commissions parlementaires chargés d’élaborer la constitution ? Au passage, Bernard Guetta oublie complètement les militants de la laïcité qui ont combattu vaillamment les abus de pouvoir des islamistes d’Ennahda, dont certains ont été assassinés, comme Chokri Belaid.

L’indéboulonnable chroniqueur de la pensée unique préfère oublier ces morts trop récents et peu consensuels pour rendre aux hommages à d’autres laïcs, ceux qui ont préféré gouverner aux côtés des barbus, et les auraient ainsi « maintenus sur la voie de la légalité », et peu à peu convaincus d’abandonner leurs délires religieux. Complètement évacuées, les grandes manifs de l’opposition à Ennahda, la fuite des touristes, et l’incompétence évidente des Islamistes en matière économique.

Si l’on appliquait ces belles idées en France, il faudrait de toute urgence que l’on fasse entrer au gouvernement des gens comme Dieudonné, les leaders de la « Manif pour tous », Marine Le Pen, les bonnets rouges, le NPA, Farida Belghoul et tous les excités en colère.

Chiche, M. Guetta ?



Pourquoi je n’aime pas les JO de Sotchi.



D’abord parce que les sports d’hiver et moi, ça fait deux. Ensuite parce que « l’esprit olympique » est mort depuis belle lurette, si tant est qu’il ait jamais existé ailleurs que dans l’imagination de Pierre de Coubertin. Reste enfin le choix délirant du site de Sotchi, le seul endroit où il fait tiède en Russie au cœur de l’hiver, tout près d’un Caucase où grouillent les terroristes. De toute façon, rien n’était vraiment prêt sur place, à part les pistes bombardées de neige artificielle. Les hôtels sont encore en chantier, et il manquait même un anneau au symbole olympique exhibé lors de la cérémonie d’ouverture…celui de l’Amérique, ouaf ! ouaf ! Humour russe.

Je ne m’arrêterai pas outre mesure sur la nature du régime poutinien, qui fait encore défaillir les belles âmes (rebonjour, M. Guetta). Après avoir vendu son âme à Hitler, à l’URSS brejnévienne, ou à la dictature chinoise, le CIO n’en était plus à ça près.

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