samedi 15 février 2014

Les "antifas" se trompent de combat.



samedi 15 février 2014



            Les « antifas » se trompent de combat.



Les copains du défunt Clément Méric se sont illustrés ces derniers temps. Il ya une semaine, pour protester contre la tenue d’un meeting du FN à Rennes, ils étaient 500 à brailler, puis à casser (des vitrines et des bagnoles). En face, les dangereux « fascistes », tout au plus une centaine, ont pu assister au meeting sous la protection des forces de l’ordre. Il y a deux jours, une autre action moins violente –en actes du moins- a eu lieu à Sciences Po Paris, contre la venue d’un candidat FN, Wallerand de Saint Just, invité pour un débat.

Un petit tour sur le courrier des lecteurs du Monde.fr, largement trusté par les supporteurs de ce mouvement, par ailleurs salué par les ténors du Front de Gauche, voire de certains élus PS, m’a laissé pantois. J’avais l’impression d’être retourné au temps de ma jeunesse folle et passablement gauchiste des années 80. Résumons les arguments, toujours les mêmes, de ces obsédés de l’ « antifrontisme » :

-le FN est un parti anti-républicain qui ne peut être traité comme les autres.

-il n’a donc pas le droit de s’exprimer.

-il faut « tenir la rue » contre lui, en légitime défense face à la violence des nervis d’extrême-droite.

Pour ces gens-là, le logiciel idéologique est bloqué depuis plus de trente ans, à tel point qu’ils sont dans un déni total des réalités. Le FN n’a rien d’ « anti-républicain » dans son programme –au moins en ce qui concerne les institutions, ce qui est l’essentiel. Son électorat s’est considérablement diversifié, et ratisse à gauche comme à droite. Sa structure et son idéologie l’apparentent à un néopopulisme qui n’a plus rien à voir avec le fascisme des années 20 ou 30, période fétiche et obsessionnelle d’une certaine gauche ou d’une droite libérale en mal d’imagination. Quant à la violence des militants d’extrême-droite, elle est en nette baisse également, et se limite de plus en plus à des actions d’autodéfense face aux attaques dont ils font l’objet –comme dans l’affaire Méric.

En agissant de la sorte, par la guérilla urbaine ou  diverses provocations qui montent en puissance à l’approche des élections municipales et européennes, les « antifas » se comportent exactement comme ceux qu’ils prétendent dénoncer. « Tenir la rue », intimider les médias ou se les mettre dans la poche par le biais de vieilles complicités idéologiques, chercher en permanence la bagarre, ce sont là des méthodes de Chemises noires…ou brunes.

Sur le fond, les « antifas » sont complètement à côté de la plaque. Le péril, aujourd’hui, n’est pas dans un quelconque « fascisme » fantasmé. Il est dans les cages d’escalier de ces immeubles où les dealers font la loi ; il est dans la montée des communautarismes qui déchirent le tissu national français et nous mènent droit à la guerre civile ; il est dans la sournoise progression de l’islamisme, véritable fascisme vert ; il est dans cette idéologie ultralibérale de la « compétitivité » à tout crin, qui dresse les uns contre les autres les travailleurs d’Europe et du Monde pour le plus grand profit d’une poignée de salopards ; il est dans la mise en place d’un contrôle de plus en plus étroit et totalitaire des individus par les moyens technologiques modernes, au nom, bien sûr, des meilleures intentions !

Mais tout cela est bien trop compliqué pour nos « antifas », qui jouent et rejouent la même pièce depuis 1934, et font finalement ce que le système attend d’eux : aboyer et mordre ceux qu’on leur désigne.

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